Les salles sont bondées quand Madonna se déplace. Elle draine un public de fans anciens ou nouveaux qui adorent son audace et son allure rebelle. Elle bouscule le milieu en n’hésitant pas à expédier quelques vérités sur un environnement pas toujours très indulgent avec elle. Il est vrai qu’elle a été bien obligée de se frayer une place parmi les nombreux candidats au succès. Son caractère bien trempé et sa volonté farouche d’arriver sur le devant de la scène lui aura permis de surmonter les crises les plus graves. Sa carrière basée, certes, sur un talent indéniable, aura pourtant essentiellement reposé sur l’intérêt que lui a toujours porté la presse people. Il est vrai que s
a vie n’a jamais relevé du long fleuve tranquille. Madonna a passé en effet son enfance dans une banlieue grise, avec ses six frères, dans un milieu modeste. Son père répondant au nom de Ciccone, d'origine italienne, est ouvrier chez Chrysler. Sa mère qui est canadienne d'origine française décède alors que la petite Louise Véronica n'a que 6 ans, des suites d'un cancer. C'est alors une belle mère dure et intransigeante qui va prendre en main son éducation. Elle va faire toute sa scolarité dans une école catholique, où elle admire les bonnes sœurs et rêve d'en devenir une. Mais ce dont elle a plutôt envie, c'est être célèbre, appréciée et reconnue et, pour cela, il lui faut surmonter une foule d’obstacles.
Elle quitte donc Détroit en quête de notoriété à l'âge de 17 ans, et rejoint la capitale, pour exercer de multiples petits boulots afin de gagner sa vie et de se faire connaître. Elle est tour à tour serveuse, modèle déshabillé ou danseuse. Elle devient batteuse dans un groupe qui s'appelle "Breakfast club". C'est son premier pas vers le succès, car elle est repérée par un producteur installé qui va lui donner sa chance.
En 1982, elle atteint enfin la première marche de la célébrité lorsque sort son premier album, intitulé simplement " Madonna ". Son premier titre, " Everybody ", très bien accueilli, fait parler d'elle. En 1984, son deuxième album, Like a virgin, vient confirmer ses débuts prometteurs. Et à partir de son troisième album, "studio Like a prayer" qui sort en 1988, elle devient une star de renommée internationale.
Son côté provocateur, qui s'apparente presque à un combat pour la libération des femmes, ainsi que le paradoxe qu'elle sait si bien entretenir entre la réalité de sa vie et l’apparence qu’elle en donne, font d'elle un véritable phénomène, soutenu par des troupes de fans déchaînés… On se rallie à Madonna à chacune de ses nouvelles sorties et elle connaît alors le sort réservé aux vedettes du box office : elle est adulée ou extrêmement critiquée. À côté de sa carrière " normale ", elle a également connu quelques succès au cinéma. Le rôle qui lui vaut son plus grand succès est celui, extrêmement symbolique, d'Eva Peron, figure légendaire en Argentine, dans le film " Evita ".
LIAISON ENTRE SON MARI ET LES TRAVAILLEURS
Elle trouve dans cette évocation de Maria Eva Duarte l’une des cinq filles illégitimes mais reconnues, qu'une humble cuisinière, Juana Ibarguren a eu d'un riche éleveur, Juan Duarte, un rôle correspondant à son tempérament. Evita avait grandi dans un milieu social défavorisé. À 15 ans, elle était partie, elle aussi, pour Buenos Aires, afin de travailler dans la société de sa mère. Elle y devint une actrice de cinéma. Son talent fut vite reconnu. Elle rencontra le colonel Juan Peron lors d'une vente de charité or
ganisée afin de récolter des fonds pour les victimes du tremblement de terre qui avait secoué la région de San Juan. Elle l’épousa et effectua, grâce à ses racines, la liaison entre son mari et les travailleurs, ceux qu'elle appelle les "sans-chemises" (descamisados), fondement du soutien politique à son mari. Elle a fortement contribué à la campagne pour l'élection présidentielle en Argentine. Elle s'est lancée dans de grands discours à la rhétorique populiste, appelant les pauvres à se relever. Malgré la richesse accumulée grâce à son succès, elle mettait en avant ses racines modestes afin de montrer sa solidarité avec les classes les plus défavorisées.
Après l'élection de… son mari, Evita prit immédiatement une place considérable dans le gouvernement, et devint rapidement très populaire. Evita, comme on la surnomme à présent, fut l’une des figures les plus influentes d'Argentine. Elle se trouva au centre d'un culte incroyable de la personnalité : son nom et son image apparaissant partout. Malgré son pouvoir politique, elle a toujours essayé de ne pas sous-estimer le rôle symbolique qu'avait également son mari. Malgré son contrôle très étroit sur son agenda, elle justifiait chacune de ses actions comme un acte " encouragé " ou " inspiré " par la sagesse et la passion. En privé, la vie du couple était en revanche extrêmement tendue, car une rivalité l’opposa en permanence à son époux, représentant de l’autorité " légale ", mais incapable d’exister sans elle. Alors qu'Evita fut quasi vénérée par la classe des travailleurs, elle fut profondément détestée par les notables qui la méprisaient à cause de ses origines et de son activité dans le domaine politique, un peu trop importante à leur goût.
Madonna, fortement inspirée par ce rôle taillé sur mesure pour elle, a obtenu un large succès populaire. Elle demeure, dit-on, imprégnée par ce destin hors du commun, qui correspondait à la fois à sa soif de notoriété et sa volonté de demeurer populaire.
CAPTIVER L’ATTENTION MEDIATIQUE
Chacune de ses prestations doit être marquée par une initiative spectaculaire, afin de captiver l’attention médiatique. Madonna a parfaitement compris que les fans attendaient d’elle qu’elle détonne, qu’elle se comporte autrement, qu’elle joue sur sa différence. Tout est bon pour y parvenir : par exemple, elle aime bien ne pas débuter ses " concerts " à l’heure, et se faire désirer. C'est donc avec près d'une heure de retard que l’autre soir, à Paris, elle est entrée en scène dans un Bercy surchauffé par un public de 15 à 50 ans.
Elle déploie
une énergie chorégraphique et musicale exceptionnelle, mais
cite aussi…
l’évangile (réminiscence de son éducation ?),
s’attaque à l’extrême droite avec pugnacité,
projette les coordonnées du site Internet de la fondation de Bill Clinton, sollicite
l’approbation de ses prises de position par la salle. Le problème, c’est que Madonna, s

elon toutes les critiques,
n’est pas très crédible dans ce domaine. Le
spectacle s’accommode mal de la réalité crue du monde et, paraît-il, lentement c’est le désenchantement. On ne croit plus à la
profondeur du message pour ne
conserver que les images. Et ce n’est pas
sa crucifixion sur scène qui arrange la situation, car certains y voient
une exagération permanente du martyr des femmes. Pour justifier ses points de vue, elle n’accorde volontairement que peu d’entretiens aux médias. Ainsi, avant son arrivée sur un lieu de représentation, elle choisit un seul support auquel elle délivre sa vérité. A quelques jours de sa série de concerts parisiens, c'est une Madonna philosophe qui est donc revenue sur sa carrière et sa famille, dans un échange savamment calculé que publie VSD. Elle se demande notamment si "tous les sacrifices" auxquels elle a consenti l'ont "rendue meilleure " et ajoute : "Mes enfants adorent tout ce que je fais. Mon mari, lui, n'est pas très fan"… Madonna se produit pourtant actuellement partout à guichets fermés, devant des salles en délire, ce qui devrait rassurer son époux, metteur en scène connu.
Hier soir à paris, elle a encore subjugué la foule qui l’attendait. Si l’on faisait un sondage, il y a fort à parier qu’elle figurerait, actuellement, en France, parmi les plus connues et les plus célèbres des spécialistes actuelles de la scène. Il n’y a aucun doute en la matière. Reste à savoir si elle tiendra la distance, et si elle ne finira pas par lasser.
Mais je déblogue.. .