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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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CA FAIT DES BULLES...

Les mots ont tous leur charme, et j’ai remarqué que l’on devient vite familier avec certains d’entre eux selon les époques. Il en est que l’on caresse, et d’autres que l’on repousse, en croyant que l’on va finir par s’en faire des amis ou éviter de s’en faire des ennemis. En ce qui me concerne, j’adore ceux qui ont plusieurs facettes et s’adaptent ainsi à divers contextes. Tenez prenez par exemple le mot " bulle ". Léger, transparent, onirique il porte aux rêves éphémères et surtout à la création facile, qui met du soleil dans les yeux des enfants. Je me souviens avoir parfois tenté de doser de l’eau et du savon de Marseille pour, avec une paille de blé, tenter de faire naître une bulle géante, partant dans l’air en se dandinant pour exploser au contact des dures réalités. Le bonheur simple accompagnait ces moments de magie créative.
Il existe aussi les fameuses " bulles " papales en plomb, dont on sait qu’elles doivent officialiser par leur apposition au bas d’une texte les lignes morales applicables, selon l’église catholique, à la société. Elles sont signées " NN. Episcopus Ecclesia Catholicæ " (" NN. Évêque de l'Église catholique "), alors qu'elles débutent par l'appellation " NN. Episcopus Servus Servorum Dei " (" NN. Évêque serviteur des serviteurs de Dieu "), ce dernier titre, datant du pape Grégoire 1er, en renforce l'autorité, mais ne leur ôte pas leur mystère. Cette signification désuète illustre pourtant la propension à croire que toute affirmation péremptoire a souvent constitué une vérité incontestable. Il suffit de promulguer une idée, de la présenter en audience publique, de lui mettre le sceau de la nouveauté, pour qu’elle provoque l’extase des fidèles. Les mécréants "non coyants" sont alors pointés du doigt, comme étant incapables de comprendre l’intérêt d’un texte estampillé par la "bulle des papes des principes". 
Ces deux aspects d’un même mot, celui du rêve et celui de la contrainte, n’ont peut-être jamais été autant d’actualité. En effet, les bulles se multiplient dans tous les domaines, et elles ne finissent pas toutes par être " coincées ", par se retrouver sur une planche de bande dessinée, par qualifier un papier, demeurer éternellement enfermées dans du verre ou finir sur un carnet de notes.

UNE PREMIERE BULLE SPECULATIVE
On a ainsi parlé de la bulle économique des nouvelles technologies. Elle a flotté dans les airs pour finir par exploser, laissant un vide financier colossal pour celles et ceux qui avaient spéculé. La bulle NTIC ne fut en effet qu’une première bulle spéculative, qui a affecté les " valeurs technologiques ", c'est-à-dire celles des secteurs liés à l'informatique et aux télécommunications, sur les marchés boursiers, à la fin du siècle précédent. Son apogée a été atteinte en mars 2000.
La bulle Internet proprement dite, lui a succédé, et a correspondu à une seconde phase, amorcée après 2000, et était avant tout une spéculation fondée sur la potentialité (et non la réalité) de croissance des nouvelles entreprises, liées au développement du réseau. Le succès de l'€, et du passage à l'an 2000, ont entraîné une forte confiance dans les potentialités de l'informatique, et les technologies internet (http, serveurs d'application, ...) arrivant à maturité, ont drainé les investissements. Au final, les technologies ont effectivement répondu présentes, mais l'offre d'un business adapté n'a pas été inventée à temps dans beaucoup de cas (banque, assurance en particulier) : la bulle a fini par éclater… Car le propre des bulles c’est justement de finir, tôt ou tard, par éclater.
Tout le monde constate qu’il y en a une autre, actuellement en cours, qui touche à l’immobilier. Elle enfle démesurément grâce à la raréfaction du foncier et l’augmentation des besoins. Les agences, qui profitent de sa progression, se multiplient, et les hebdos effectuent des prédictions plus ou moins alarmistes sur les dangers d’une implosion désastreuse. Mais le milieu économique s’accommode fort bien de ce nouveau rêve de profit, et les "faiseurs de bulles" s’en donnent à cœur–joie, grâce à la loi De Robien sur la défiscalisation de la construction de logements.

UNE POCHE SPHERIQUE REMPLIE D’AIR
Quand on souffle de l’air dans le rond trempé dans l’eau savonneuse, vous avez pu constater que l’on ne réussit pas souvent à créer une énorme bulle, car elle se détruit avant même son envol, malgré tous les soins qu’on lui accorde. Depuis quelques mois, les maîtres du jeu médiatique viennent à leur tour de fabriquer, pour séduire leur lectorat, leur auditoire, ou leurs spectateurs et se faire plaisir " une poche sphérique remplie d’air qui se forme à partir d’un liquide que l’on agite ". Il faut donc, pour constituer la bulle idéale, d’abord posséder les contenants adaptés, trouver ensuite des spécialistes du dosage des produits présents sur le marché, enfin dénicher des " souffleurs " expérimentés.
Après la bulle des nouvelles technologies, celle d’Internet, celle de l’immobilier on découvre alors, tout à coup, une création, totalement artificielle, qui tente de capter durablement l’attention du plus grand nombre : "la bulle politique". Vous l’avez, en effet, certainement vécu, ce moment où tous les yeux sont braqués sur vous quand vous essayez d’expédier, dans le vent, une superbe boule irisée qui vous vaudra l’admiration générale. La bulle "médiatico-politique", car il s’agit d’elle, peut concerner un lieu, une personne ou un événement. Elle occupe l’espace durant une durée plus ou moins longue et cherche à retenir l’attention du plus grand nombre. La nôtre concerne les présidentielles, et a la particularité rare de se constituer de deux bulles jumelles que l'on fait gonfler ensemble.
Il faut, bien évidemment, savoir l’entretenir. Elle ne se maintient en état sur son support nourricier, sans partir d’elle-même, que grâce à des " insufflations " savamment dosées et distillées. Il ne s’agit surtout pas de trop lui apporter d’un coup, mais de la faire enfler de temps en temps. Cette bulle repose en effet sur l’apparence de l’air frais et de la nouveauté du procédé. Elle ne doit pas s’envoler trop tôt, car elle risque fort de se heurter rapidement à un mur, à un obstacle ou à une autre bulle, et alors elle n’appartiendra plus qu’aux souvenirs. Totalement dépendante de l’adresse de ses " inventeurs " la "bulle politique" se " dégonfle " dès qu’elle est confrontée à un milieu hostile. Le plus difficile demeure donc incontestablement de la faire durer, car on sait pertinemment que toutes les bulles sont fragiles. Même celles en chewing-gum finissent parfois, par trop d’ambition, par éclater au visage de leurs créateur.

L’USURE DU TEMPS
Le problème des bulles, c’est qu’elles n’ont pas une grande originalité sur le fond et dans la forme. Les médias ayant besoin en permanence d’inédit, de sensationnel pour donner à consommer à un public vite désabusé, risquent bel et bien de faire éclater leur montage artificiel. En lançant leur production trop tôt, les " amuseurs " risquent de le lasser. Je crains que, comme toutes les autres, la bulle médiatico-politique ne résiste pas à l’usure du temps.
En préfabriquant, en permanence, celle qui tourne autour de l’élection présidentielle, les grands médias préparent peut-être encore une fois, la perte de leur crédibilité. qui vaut partiellement aux journaux leurs difficultés présentes. Lors du dernier référendum sur le Traité constitutionnel européen, ils avaient tellement " gonflé " le Oui qu’il a fini par exploser. Là encore, ils vont au devant d’une désillusion, car le bon sens populaire ne se traduit pas dans les sondages. Il ressemble à une épingle acérée, impossible à détecter, dissimulée dans les " meules " ordinaires des intuitions, qui provoque des dégâts sur les plus belles créations intellectuelles. A force de trop vouloir prouver que ses bulles sont les plus belles, on finit par ne plus être pris au sérieux.
Il n’y a aucune bulle qui tienne suffisamment pour meubler des semaines et des semaines d’attente. Le matériau lui-même finit par s’évaporer. La moindre brise contraire perturbe l’envol. La confrontation ne convient pas à l’illusion de créer un monde protégé. Tôt ou tard l’éclatement interviendra. Au profit de qui ? Quand arrivera-t-il ? Ce sont les seules véritables questions à se poser, car pour le reste, c’est écrit d’avance. Regardez-bien sur votre extrême-droite : le tueur de bulles attend dans l'ombre !
Mais je déblogue… 
 
JE VOUS AVAIS PREVENUS ET POURTANT VOUS NE M'AVIEZ PAS CRU...

EXCLUSIF...EXCLUSIF... EXCLUSIF... EXCLUSIF... EXCLUSIF... EXCLUSIF...

Voici un message ultra confidentiel d'aujourd'hui que je me contente de reproduire tel quel et qui vous prouvera que la bulle médiatique est entièrement artificielle, car elle correspond à des actions très ciblées en direction des grands médias. Ce message est en effet l'illustration parfaite de l'art et la manière de gonfler la bulle ou de dégonfler celle des... autres :

De : Segoblog@googlegroups.com [mailto:Segoblog@googlegroups.com] De la part de Benoit S....
Envoyé : lundi 18 septembre 2006 13:59
À : Segoblog@googlegroups.com; netveille-dda@googlegroups.com; Les mods
Objet : [ALERTE VEILLE INTERNET] Forum de Libération assailli de messages anti-Ségolène

 

 

 

Bonjour tous,

Le forum de Libération est assailli de commentaires anti-S...... Il faudrait que la tendance s'inverse comme nous avons réussi à le faire la semaine passée sur le blog de Jean Quatremer.

Pour ceux qui en ont le temps, n'hésitez pas à aller sur :

http://www.liberation.fr/php/pages/pageReactionsList.php?rubId=14&docId=204832&s2=3&pp=politiques%3A%3AQ%3A%3AG%3A%3A_Segolene_Royal_incarne_une_fo&next=

Et de poster avec des pseudos différents de ceux que vous utilisez dans vos relations avec désirs d'avenir des messages "plus favorables" sans paraitre pour autant plus militants.

Sur le long terme, nous constituons une petite "task force " d'internautes disponibles pour ce genre d'actions, ponctuelles. Ceux qui sont intéressés pour recevoir ces alertes, merci de me faire un retour de mail sur ben...2007@gmail.com

Bon courage et merci !

Benoît

ps : ATTENTION CE MESSAGE NE DOIT PAS CIRCULER DU TOUT. CES ACTION DOIVENT SE FAIRE EN TOUT CONFIDENTIALITE .

Benoît S.... 

 

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R
Bonjour,<br /> Je ne pense pas que l'on puisse parler de "bulle" immobiliere car comme vous l'avez justement expliqué, il y a bulle quand les prix sont completement décalés par rapport à la réalité et la réalité, dans notre système capitaliste, est l'offre et la demande. Les prix de l'immobilier ne dépendent pas d'un fantasme, d'un espoir de gain futur comme ce fut le cas pour internet ou encore le crash de 29.<br /> Par ailleurs, je ne pense pas que les système de defiscalistation type De Robien doivent êter uniquement jugés par le fric qu'ils generent pour les promoteurs. Ils permettent tout de même de trouver des financement pour créer des logement et ainsi permettre un rééquilibrage progressif entre l'offre et la demande de logement, seul facteur de stabilisation des prix (surtout que pour pouvoir defiscaliser, les proprietaires doivent se plier à des plafond de loyers régulateurs du marché de la location).
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E
C'est qui ce "Benoît" ? Benoît Seize ? ;-)
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