Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

Publicité

MALHEUREUX SOIENT LES ELUS

Une nouvelle théorie est en passe de voir le jour, portée par le système médiatique et notamment mardi soir par "C’ dans l’air", où Roland Cayrol s’est érigé en porte parole des masses laborieuses ignorées. Un certain nombre de politologues, triés sur le volet, se sont esbaudis du fait que les élus (et notamment les maires) auraient désormais " peur du Peuple ". Cette angoisse viendrait d’une interprétation forcément partisane des propositions royales sur la démocratie participative, visant à détruire un concept pour le moins louable.
Cette hostilité collective ne serait que l’illustration parfaite de l’incurie généralisée de ces " moins que rien " qui ne souhaitent pas être évalués par des citoyens tirés au sort. De partout montent les railleries, les sarcasmes, les commentaires péremptoires sur les… critiqueurs d’une position audacieuse destinée à " réconcilier " le Peuple avec ses élus. Bien évidemment, parmi les mots cités par ces " trouillards " arriérés, il n’y a que des extrapolations manifestement erronées. Ils n'ont rien compris!
D’ailleurs, pour preuve, Roland Cayrol, sort de son chapeau de prestigitateur de la démocratie un… énième sondage. Car ces ignorants blasphémateurs à l’égard du peuple, ne savent pas que la vérité ne sort plus des urnes, mais de ces enquêtes d’opinion, aussi fiables que celles qui donnaient le Oui gagnant lors du référendum sur le traité constitutionnel européen. Et, d’ailleurs, il faut se poser la question de savoir s’il n’y a pas actuellement un air de revanche dans toutes les prises de position à l’égard de ces citoyennes et de ces citoyens incultes, qui n’ont rien compris à un texte fait pour leur bonheur. Le verdict des scrutins ne semble plus convenir à ces élites " politico-universitaro-médiatiques " omniprésentes qui aspirent à devenir les lumières conduisant le peuple vers la vérité.
Le problème, c’est que beaucoup d’entre eux ne se sont jamais confrontés au suffrage universel, au nom de leur indépendance et surtout pour ne pas s’avilir à traduire leur philosophie en actes. Ce n’est pas pour rien que la France a actuellement un Premier Ministre qui n’a jamais recueilli le moindre bulletin de vote direct en sa faveur… Apparemment, ce détail ne fait pas partie des analyses en cours, sauf à le régler par la télédiffusion du conseil des Ministres en direct, ce qui compenserait son absence de légitimité.

RESTITUER LEUR VALEUR AUX ENGAGEMENTS PRIS
En fait aucun élu n’a critiqué ou galvaudé la volonté réelle de tous les présidentiables de renforcer la fameuse " démocratie participative ", qui va finir par ressembler au menu d’une auberge espagnole. Personne n’a mis en doute la nécessité de renforcer le dialogue direct entre les mandants et les élus détenteurs d’un pouvoir exécutif. Personne n’a contesté le besoin impérieux de restituer leur valeur aux engagements pris dans le cadre de la démocratie représentative. D’ailleurs, il suffit de mesurer l’incroyable décalage entre les promesses du plus puissant de tous les élus, le Président de la République actuel, et ses décisions, pour se rendre compte que la situation est véritablement intolérable.
En ce qui me concerne, je n’ai pas peur du peuple, et je regrette même parfois qu’il ne soit pas plus exigeant. En revanche, je ne souhaite pas que l’on enterre la démocratie en la parant des vertus du hasard. Et c’est sur ce point là, et essentiellement sur cette disposition, que l’hostilité est générale.
J’ai entendu les pires arguments sur ce thème des vertus du " tirage au sort " depuis plusieurs jours. Le Peuple en sortirait ragaillardi, car on aurait, cette fois, une chance que l’un de ses représentants, n’ayant jamais eu l’occasion de s’exprimer, puisse enfin évaluer la gestion financière, les investissements à long terme, la politique culturelle ou sociale de sa commune, de son département ou de sa région. Jamais peut-être on n'a été aussi loin de la réalité. Et il est normal que, face à un tel décalage avec le " terrain ", les oracles médiatiques soient venus vite au secours d’une proposition ne les mettant pas… en péril.

PAS SES RACINES DANS LA VIE COMMUNALE
Incontestablement, certains électrices et électeurs souhaitent être davantage respectés. Mais le problème n’a pas ses racines dans la vie communale, mais provient plutôt de cette sensation terrible que ce sont les élus ayant les postes les plus élevés qui trahissent sans cesse leur confiance. Ce n’est pas le curage d’un fossé, la construction d’une crèche, la mise en place du tri sélectif, les heures d’ouverture de la bibliothèque, le goudronnage d’une chaussée… qui méritent une évaluation par un " jury ". Et aucun maire n’aura peur du peuple sur de tels sujets. Pas plus qu’il ne sera inquiet sur les finances ou sur les délibérations, car c’est faire fi des multiples contrôles quotidiens tatillons des services de tutelle. Il faudra m’expliquer en quoi ce dispositif va changer leurs pauvres moyens humains et matériels pour assumer leur responsabilité.
Les propositions royales devraient pourtant porter sur le statut de l’élu, sur les exigences de sa fonction, réputée bénévole (un maire ne perçoit que des indemnités sur lesquelles l’Etat prélève bien évidemment un impôt, les cotisations sociales et les cotisations retraite) et sur la difficulté qu’il y aura en 2008 à dénicher des bonnes volontés, tant la charge est lourde.
Le problème n’est pas de savoir s’il faut accentuer le "flicage" des élus locaux, mais comment on adapte leur situation professionnelle ou personnelle aux exigences que le Peuple a à leur égard ! Prenons une exemple concret : à la date de hier soir, j’avais participé à 196 reprises à une réunion ou à une manifestation après 19 heures… heureusement que j’ai fait valoir mon droit à la retraite. J’ai par ailleurs présidé pas moins de 58 réunions institutionnelles (conseil municipal, conseil communautaire, conseil d’administration de la maison de retraite publique, commissions d’appel d’offres diverses dont celles du SDIS), donnant lieu à délibérations " sanctionnables " par la tutelle… J’aurai, en fin d’année, assumé la responsabilité de la gestion de près de 18 millions d’€ dont je suis pénalement responsable, à l’Euro près !

DES FEUX DE PAILLE MEDIATIQUES
Comment concilier une profession prenante et ces obligations ? Comment garantir qu’avec 1019 € nets (pour une commune de 3900 habitants) on peut abandonner son métier pour se consacrer à plein temps à l’intérêt général ? Comment réussir à ce que les fonctions électives ne soient pas justement de plus en plus dévolues à des retraités ou à des gens issus de la fonction publique ? La démocratie est davantage menacée par cette réalité que par l’existence ou la non existence de " jurys citoyens ", qui ne sont que des feux de paille médiatiques, relevant comme bien d’autres points de l’effet d’annonce.
Les maires attendent avec impatience des propositions autres que celle consistant à exiger que les élus n’aient plus qu’un mandat unique… ce qui rendra les députés et les sénateurs encore plus réalistes ! Dans de nombreux pays démocratiques, le nombre d’élus locaux est extrêmement réduit (la ville de Santiago au Chili est dirigée par 8 conseillers, celle d’Agramunt (10 000 habitants) en Catalogne par 8 conseillers, celle de Solingen en Allemagne (35 000 habitants) par 7 élus locaux…) mais ils abandonnent leur métier pour, durant la durée de leur mandat, se consacrer, en ce qui concerne le Maire, à la seule gestion de sa ville, pour laquelle il est rémunéré en conséquence. Chez nous, il est taillable et corvéable à merci, dans les communes de petite dimension, et il n'aura comme perspective que de se faire évaluer... Dommage que M. Cayrol n'ait jamais rencontré les Maires de le Pout, de Madirac, de Cursan, de Croignon, de Saint Léon, de Sadirac ou même de Créon. Une semaine avec eux, au jour le jour, suffirait à lui démontrer qu'ils n'ont pas peur du peuple mais qu'en revanche ils en ont assez de voir caricaturer leur comportement.
Déjà, sur la Communauté de Communes du Créonnais, la moitié des 14 maires ont fait part de ce qu’ils renonçaient à solliciter le renouvellement de leur mandat. Et ce n’est pas l’annonce de devoir plancher devant un jury citoyen tiré au sort qui les fera revenir sur leur décision. Toutes et tous, je suis formel, font le maximum pour assumer la responsabilité que leur ont confié leurs collègues. Certains sont au bout du rouleau nerveusement et même physiquement. Sur environ 180 conseillers qui ont pris leur fonction en 2001 les démissions ou les absences permanentes aux réunions sont d’environ une quarantaine… et plus on approche de la fin du mandat, plus les petites communes ont du mal à avoir le quorum légal pour délibérer. Ce ne sont que de tristes réalités, qui rongent plus que tout la République, mais elles ne mobilisent pas les " grands " penseurs urbains et les responsables politiques qui n’y voient pas un danger pour leurs formations, puisque ces élus ne comptent pas dans leurs statistiques.
C’est la préoccupation sur laquelle il faudrait réfléchir, proposer, agir. Comment faire passer des citoyens passifs au statut de citoyens actifs ? Comment restituer ses vertus au vote personnel (quelles mesures contre l’abstention), et redonner envie au gens de participer déjà à toutes les réunions organisées à leur intention ? Comment assurer la formation civique désastreuse ? Comment faire respecter l’exécution des décisions populaires (Quelles suites ont été données au vote sur le traité constitutionnel ?) ? Comment éviter que les sondages pervertissent totalement le débat ? Comment éviter que les médias soient honteusement squattés par les porteurs de l’opinion dominante ? Attendons : les réponses arrivent !
Mais je déblogue… 
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
L'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard estime que les jurys populaires, proposés par Ségolène Royal, pour surveiller le travail des élus, «confinent à la stupidité». Dans une interview à Sens public, une revue électronique, Michel Rocard, rangé derrière Dominique Strauss-Kahn pour la course à l'investiture, souligne qu'il est «dangereux de court-circuiter les élus. On a déjà assez de mal à faire valoir les élections, les comptes rendus de mandats, et autres dispositifs. Rajouter une autre surveillance diminuera la mobilisation des électeurs», déclare-t-il. Pour lui, instituer des jurys citoyens, «c'est faire peser sur les élus des pulsions instantanées via la démocratie directe, alors que la démocratie représentative sert à amortir les chocs». 
Répondre
J
Julie,<br /> J'ai été rocardien durant... 27 ans de ma vie politique puis j'en suis revenu avec sa dérive "centriste" . Mais là je le reconnais et ça me fait plaisir...<br /> JMD
J
ANGOULEME. --Mis à l'écart par Ségolène Royal, présidente de Conseil régional Poitou-Charentes, Olivier Chupin, le directeur du Fonds régional d'art contemporain, a saisi la justice hierPlainte pour harcèlement moral<br /> <br /> <br /> <br /> :Dominique Richard <br /> <br /> <br /> <br /> Olivier Chupin, directeur du Fonds régional d'art contemporain (Frac) de Poitou-Charentes depuis 1989, a déposé hier une plainte pour harcèlement moral contre Ségolène Royal en sa double qualité de présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes et de présidente du Frac (1). Rédigée par l'avocat pénaliste bordelais Me Daniel Lalanne, la plainte a été remise au doyen des juges d'instruction d'Angoulême, ville qui abrite le siège du Fonds régional depuis sa naissance, en 1983. Olivier Chupin accuse Ségolène Royal d'avoir porté atteinte à sa dignité ainsi qu'à sa santé physique et mentale en étant à l'origine de la dégradation de ses conditions de travail. Les faits dénoncés par ce salarié de 42 ans concernent une série de mesures, d'événements et de vexations ayant conduit, au cours de ces derniers mois, à une mise à l'écart qu'il ressent comme une déconsidération publique. Volte-face. Depuis le basculement à gauche de la Région Poitou-Charentes, en 2004, les relations entre Ségolène Royal et Olivier Chupin sont quasi inexistantes. Aucune rencontre n'a jamais eu lieu entre la présidente et le directeur pour faire le point sur la gestion du Fonds, ses orientations et l'épineuse question du déménagement d'une structure à l'étroit dans les murs de l'hôtel Saint-Simon, une partie des oeuvres devant être stockée à l'extérieur. En 2005, après des années de tergiversations, l'Etat et le Conseil régional, cofinanceurs du Frac, s'étaient entendus pour le transférer dans un immeuble d'Angoulême beaucoup plus vaste. Mais le 28 janvier dernier, lors d'une visite au Festival de la bande dessinée, Ségolène Royal faisait volte-face. Ce jour-là, la présidente du Conseil régional annonçait le départ du Frac en pleine campagne, dans les locaux laissés vacants par l'ancien centre caprin de Linazay, dans la Vienne. Dans la foulée, elle affirmait que le directeur n'était « pas l'homme de la situation pour assurer cette mutation ». En optant pour Linazay, Ségolène Royal privait la seule grande ville UMP de la Région Poitou-Charentes d'un musée de qualité. Mais elle tirait aussi d'embarras la Région. Si le bâtiment n'abritait pas un autre projet, l'Europe menaçait de réclamer les aides allouées à ce « chèvroscope » ludique et culturel imaginé par son prédécesseur Jean-Pierre Raffarin pour célébrer la filière caprine. Déficitaire, le centre caprin avait disparu après la fermeture, par la Région, du robinet à subventions. « Déloyal ». Olivier Chupin n'a jamais pris position contre la délocalisation du Frac. Mais c'est à partir du moment où ce départ a été arrêté, qu'il a été marginalisé. Selon le directeur, le harcèlement a pris plusieurs formes. Commande par la Région, sans qu'il soit consulté, d'une étude pour un projet global des arts plastiques en région; envoi d'un huissier de justice pour constater les conditions de conservation des oeuvres; éviction par Ségolène Royal du conseil d'administration où était débattu l'avenir du Frac; interdiction d'assister à une rencontre, à Angoulême, entre le personnel et le vice-président du Frac; invitation comme simple spectateur à la réunion publique où Ségolène Royal présentait les orientations du Frac... « Le comportement de Mme Royal est totalement déloyal envers un homme qu'elle a attaqué personnellement, qu'elle a isolé et exposé délibérément au mépris public alors qu'il est un professionnel de la culture reconnu nationalement et internationalement, qui a continué à travailler pour le Frac malgré les conditions détestables qui lui étaient faites », insiste son avocat, Me Daniel Lalanne. « Au lieu de s'en séparer honnêtement s'il ne faisait plus l'affaire, on a décidé de l'écoeurer pour qu'il démissionne. » Pour l'instant, le cabinet de Ségolène Royal ne souhaite pas répondre aux accusations portées par le directeur du Frac. « Il a subi des dommages personnels, professionnels et psychologiques qui ont entraîné logiquement le dépôt de cette plainte, insiste Me Daniel Lalanne. Nous ignorons les ressorts cachés d'une telle méchanceté, apparente et cachée, brutale et sophistiquée par moments, mortifiante en tout cas. Mais nous comptons sur l'instruction pour les découvrir. » (1) Ségolène Royal a démissionné de la présidence du Frac au mois de juillet.
Répondre
E
@ Jacques<br /> Au PS, certains en ont ! ;-)
Répondre
J
Le "truc" du P.S., j'en veux pas! Moi, je veux pouvoir trouver sur la table de vote des bulletins blancs, en bonne et due forme ... tout ce qu'il y a d'officiels! Une manière, pour la République (et donc pour les élus de celle-ci!), "Si vous n'êtes pas satisfait de l'offre, vous avez encore la possibilité de voter "blanc"!Pour faire ça, faut des couilles ... 
Répondre
E
@ Youkaïdi<br /> Je vois qu'il s'agit de jury à un niveau "local". C'est moi grave que ce que je pensais donc. C'est quoi cette contribution de la fédération Parisienne ? Elle n'est pas dans le projet socialiste, si ? En tout cas, je ne la vois pas dans mon livre "rouge" ! ;-) Sinon, je crois que nous aussi à Créon nous avions élaboré une contribution qui a dû aussi être votée par le BN du PS où figurait que les femmes n'avaient plus le droit d'être élue ! ;-))))) <br /> Bon, rien de grave, juste des propositions de bourgeois ("royalistes") parisiens ! ;-)<br /> Sinon, sérieusement, je pense que tu te trompes complètement quand tu penses pouvoir "impliquer" le peuple davantage ! "L'art est difficile et la critique est aisée !" ;-)
Répondre