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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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DES MOTS A MAUX

Il arrive que les mots soient plus importants que les actes surtout dans le monde politique et davantage dans celui de la diplomatie. Ils sont pesés, triturés, adaptés, ciselés, pour tenter la plupart du temps de cacher un événement plus ou moins difficile à accepter par l’opinion publique. Le pouvoir des médias repose essentiellement sur leur capacité à encore donner davantage de poids aux mots pour conforter le choc des photos. Actuellement se déroule aux Etats-Unis un affrontement significatif de " mots croisés " entre les grands journaux et le staff du Président Bush. Il serait intrinsèquement intéressant, s’il ne recouvrait pas une horreur quotidienne.
En effet, le différend repose sur les atrocités sans cesse croissantes que connaît l’Irak avec par exemple, une série d'attentats ayant fait plus de 200 morts jeudi dernier dans le quartier chiite de Sadr City à Bagdad, et entraîné des inévitables représailles contre les sunnites. Ces violences, les plus meurtrières depuis l'invasion anglo-américaine du printemps 2003, montrent combien la situation échappe au gouvernement irakien actuel, incapable ne serait-ce que de ralentir le rythme des attentats. La guerre prend un visage hideux en tournant à l’assassinat collectif.
Ce carnage de jeudi marque une véritable descente aux enfers, qui illustre à quel point l'antagonisme entre chiites et sunnites s'est aggravé ces derniers mois. Dimanche, des pierres ont été lancées sur le convoi du Premier ministre Nouri al Maliki, pourtant lui-même chiite, qui venait rendre hommage aux victimes de Sadr City. Le couvre-feu en vigueur n’a pas empêché de nouveaux tirs de mortier et des affrontements ce jour-là dans la capitale. Au sud de Bagdad, une voiture piégée a fait six morts et une vingtaine de blessés sur un marché. Les activistes motivés par des convictions politiques ou religieuses ont apparemment été rejoints par de simples malfaiteurs, qui opèrent en dehors de tout contrôle.
Attentats et représailles entre chiites, majoritaires, et sunnites, minoritaires mais qui tenaient les rênes du pays du temps de Saddam Hussein, se sont multipliés depuis l'attaque en février de la Mosquée d'or de Samarra, l'un des principaux sanctuaires chiites. Cet attentat, qui a traumatisé la communauté chiite, a été imputé aux sunnites d'Al Qaïda… mais nul n’est capable d’en apporter la preuve. Des centaines de milliers de morts sont plus ou moins comptabilisés depuis que Bush a décidé de ramener la démocratie à Bagdad. Or, pendant ce temps, dans son propre pays, la guerre ne fait rage que pour savoir si un tel affrontement entre chiites et sunnites est une " guerre civile " ou pas une " guerre civile… ". Imaginez un instant l’importance du débat !

REFUS DE PARLER DE GUERRE CIVILE
Le président George W. Bush a pourtant refusé hier de parler de "guerre civile" en Irak et d'envisager un retrait prématuré des troupes américaines, malgré la persistance des violences et la pression croissante que l'opinion fait peser sur lui aux Etats-Unis. Il a déclaré que les violences relevaient de la volonté des extrémistes de "fomenter la violence confessionnelle" mise en oeuvre , selon lui, depuis le dynamitage de l'un des lieux les plus saints de l'islam chiite, à Samarra, le 22 février dernier. "Les attentats qui ont eu lieu récemment font partie d'un plan en cours depuis environ neuf mois", a-t-il affirmé sans aucune honte, moins d'une semaine après la plus sanglante des attaques depuis l'invasion de mars 2003. Si l'appellation de "guerre civile" était communément admise, elle renforcerait immanquablement l'opposition à la guerre dans l'opinion… et donc le discrédit sur les options d’un Président, manipulé par les " faucons ".
L'escalade des violences, l'absence de perspective, la victoire des adversaires démocrates de M. Bush aux élections parlementaires du 7 novembre, et les réexamens de la politique américaine en Irak menés conjointement par l'administration et un groupe indépendant de personnalités ont exacerbé aux Etats-Unis l'attente d'un changement de stratégie. " Les Américains en revanche se demandent avec de plus en plus d'intensité si l'Irak n'a pas bel et bien sombré dans la "guerre civile", expression utilisée par certains médias pour qualifier le conflit. De plus en plus de voix s'élèvent pour que M. Bush accepte des discussions directes avec les deux bêtes noires des Etats-Unis dans la région, l'Iran et la Syrie, pour les impliquer dans le rétablissement de la stabilité chez leur voisin irakien. Il nie un échec patent qui commence pour beaucoup de ses compatriotes à ressembler à l’enlisement désastreux au Vietnam. Chaque jour qui passe renvoie vers les USA l’image du plus retentissant fiasco militaire qu’aient connu les " maîtres du monde ". La " guerre civile " en cours finira par détruire totalement le moindre espoir de retour à la démocratie dans un Irak ravagé par les haines confessionnelles.

EPUISEMENT MATERIEL ET HUMAIN
Comme la guerre se rallume en Afghanistan où lentement les talibans se montrent au grand jour les armes à la main, il semble que les Etats Unis soient en passe de s’épuiser matériellement et surtout humainement dans des conflits sans fin. Les seuls " alliés " potentiels pour ramener un peu de paix à Bagdad sont désormais les ennemis jurés de Bush : l’Iran et la Syrie. Il ne peut avouer son impuissance à négocier avec " l’empire du mal " seul recours potentiel pour sauver ce qui peut encore l’être en Irak. Et c’est là que se situe le problème essentiel des mots utilisés. Convenir que la terrible haine " intérieure " entre Chiites et Sunnites ne peut être réglée que par des interventions extérieures locales, c’est admettre que l’invasion était absolument inutile. C’est aussi légitimer l’intervention de l’Iran qui avait déclaré la guerre à Saddam Hussein pour des supposés problèmes frontaliers. Alors, la Maison Blanche tient bon, se bat déclaration après déclaration, pour tenter de sauvegarder les apparences.
Même la condamnation à mort de Saddam Hussein n’a pas eu les effets escomptés sur une population dans laquelle le principe de la vengeance relègue au rayon des mesures naturelles l’exécution d’une personne. Il faut donc s’attendre à la plus sale des guerres, celles qui opposent des factions d’un peuple avec une absence totale de discernement. Femmes, enfants, vieillards ne mourront que pour la seule raison de leur appartenance supposée à l’un des camps, dont les chefs se vouent des haines mortelles… pour les autres. La situation n’est en effet pas prête de s’améliorer, tant ces milliers de morts accumulés depuis des mois vont désormais peser sur l’avenir du pays. Rien ne permettra jamais aux Américains ni à leurs alliés, devenus l’ennemi commun… des deux camps, de s’interposer dans un carnage incontrôlable.

LA FRANCE N’EST PAS A L’ABRI
La France, préservée du désastre par une décision louable de Chirac n’est pourtant pas à l’abri de tels avatars. Dans trois pays africains couvent en effet, sous l’œil de l’armée française, des conflits ethniques ou religieux. Rien ne semble s’améliorer en Côte d’Ivoire, où la partition du pays a des origines raciales que des soldats aussi performants soient-ils auront bien du mal à résoudre et même à atténuer. Au Tchad et en République Centre Africaine, l’équilibre intérieur est fragile. D’ailleurs, dans ces deux pays, les dispositifs militaires français viennent d’être renforcés.
Les rébellions en cours bénéficient, dans les deux cas, du soutien logistique pour le moment mesuré des pays de confession musulmane voisins, mais nul ne sait si le feu qui couve ne va pas s’amplifier. Le coût de cet interventionnisme, pour le contribuable français, est considérable, dans le contexte économique actuel. Lors des discussions budgétaires, le Ministre des armées réclamait un supplément de 250 millions d’€ au titre des frais à régler (hors loi des finances) pour les " interventions extérieures ". Certes, il en va de la grandeur de la France et de sa prestance internationale, mais la note risque de devenir un jour tellement salée qu’il faudra mettre notre fierté en berne.
Ces " guerres civiles ", provoquant des Saint Barthèlémy quotidiennes, d’une autre importance et d’un autre style, auront bien du mal à être réglées par les armes. Tout le monde le sait. Tout le monde l’admet. Tout le monde le nie pourtant publiquement. Ce serait avouer que l’éducation, la culture, la lutte contre la pauvreté demeurent les priorités essentielles que nous sommes collectivement incapables de mettre en œuvre sur la planète, car derrière toutes les guerres civiles, l’obscurantisme reste l’arme la plus redoutable.
Mais je déblogue…
 
JE VOUS AVAIS PREVENUS MAIS VOUS NE L'AVIEZ PAS CRU...
Relisez la chronique de L'AUTRE QUOTIDIEN "L'année des sondés" et "PLACE NETTE PARTOUT"
 
 
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M
Nous consacrons une grande place, à IES,  dans nos réflexions sur  les questions internationales.....Au delà de l'analyse on doit se demander  ce que doit faire la France pour tenter d'améliorer la situation.  Se contenter de rappeler qu'elle avait raison (sur le principe sûrement, sur la méthode ça se discute)....Ou AGIR d'une manière ou d'une autre....?
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J
Les attentats sont le fait, la plupart du temps, des sunnites, très minoritaires, qui soutiennent Saddam Hussein, contre les chiites, presque la moitié de la population d'Irak, qui sont généralement plus pauvres ...
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Y
Encore quelques années et W va réussir à reformer l'Empire perse...
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