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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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COMBAT DE POIDS LOURDS

La plus puissante organisation française n’est pas syndicale, ni politique, mais patronale. La seule à laquelle aucun gouvernement de droite comme de gauche n’ose toucher n’est autre que l’incontournable Fédération Nationale des Transporteurs Routiers (FNTR) qui pèse lourdement sur l’avenir du pays et plus modestement, mais réellement, sur celui de la planète. Lorsqu'elles adhèrent à une organisation professionnelle, deux entreprises sur trois choisissent la FNTR, première organisation professionnelle routière, où se retrouvent des entreprises transport et logistique de toute taille et de toute spécialité. Sa concurrente encore plus à droite, l’UNOSTRA prétend représenter spécifiquement les PME du transport routier, indépendantes des pouvoirs politiques, indépendantes des grands groupes publics ou des multinationales du transport et de la logistique.
Si l’on en croit son site, l’UNOSTRA est " combative et volontaire, son action se veut résolument au service de femmes et d'hommes de terrain, passionnés, proches de leurs équipes, totalement intégrés dans le tissu économique de leur région ". Et c’est vrai qu’une consigne commune des deux rivaux peut, du jour au lendemain, provoquer une paralysie de la France. Bloquer des giratoires, des péages, des réserves de carburant ou des accès à un port, constituent des arguments plus radicaux que toute grève de la SNCF, et d’ailleurs, bien des ministres des transports préfèrent être copains comme cochons avec la FNTR qu’avec la CGT, SUD ou FO, car ils connaissent le prix d’un mouvement d’humeur des entreprises de " gros culs ".
Cette omniprésence des organisations patronales fait que le trafic routier continue à croître et embellir. Les murs de camions se déplacent en France dans le cadre d’échanges économiques Nord-Sud de l’Europe qui pèsent sur l’avenir de notre pays sans aucun profit. Cette semaine, ils ont engorgé tous les jours la rocade de Bordeaux, à en mourrir d'ennui dans sa voiture. Faute d’une réaction solide et intransigeante de l’Etat, nous allons à l’asphyxie. Une course sans fin va s’engager pour tailler dans les paysages des autoroutes, des contournements sans fin, pour tenter d’absorber des milliers de " bahuts " dévoreurs de produits pétroliers et donc producteurs d’émanations renforçant l’effet de serre. Le péril n’est pas pour demain mais pour aujourd'hui, et si vous n’en n’êtes pas convaincus, empruntez la rocade de Bordeaux et filez vers l’Espagne, et comptez, sur dix kilomètres, combien vous doublez ou croisez de camions.
Personne ne peut nier que tant que le fret pourra éviter d’utiliser un autre support que celui de la route pour ses allers-retours entre les sous-traitants et les usines d’assemblage, entre les industriels et l’exportation continentale, il étouffera tous les autres modes alternatifs. Si des mesures financières d'urgence ne sont pas prises pour renchérir le déplacements routiers sur de longues distances, aucune autre mesure de persuasion ne sera efficace et toutes les annonces resteront vaines.

PRINCIPE DU POLLUEUR PAYEUR
" L’écoredevance " que certains proposent correspond à l’application, au domaine du transport routier de marchandises, du principe du "pollueur payeur". Il devient urgentissime de l’inscrire dans les priorités gouvernementales de la gauche. Les poids lourds génèrent de nombreux coûts qui ne sont pas pris en compte par le marché économique, et donc dans le prix effectivement payé par les acteurs économiques, mais sont à la charge de la collectivité dans son ensemble. Ces " coûts externes " du transport routier de marchandises sont principalement la contribution au réchauffement climatique, la pollution de l’air, le bruit, la congestion des sites ainsi que les accidents. La solution consiste donc à faire payer ces coûts aux transporteurs, afin d’établir un coût juste, qui tienne compte des impacts environnementaux du transport routier de marchandises. Elle doit également intégrer les coûts d’infrastructure, qui ne sont pas entièrement payés par les poids lourds, mais par… les impôts de celles et ceux qui les subissent. Les avantages de la mise en place d’une écoredevance sur le transport routier de marchandises présente plusieurs avantages.
D’abord, l'écoredevance permettrait de financer autrement que par l’impôt l’entretien du réseau routier central tout en développant les transports alternatifs plus respectueux de l’environnement (fret ferroviaire, fret fluvial,...). Ensuite, elle s’appliquerait à l’ensemble des poids lourds quelle que soit leur nationalité : elle n’est donc pas discriminatoire pour les entreprises françaises et permet de rétablir des conditions de concurrence plus saines. Mieux, elle pénaliserait les éventuelles délocalisations qui se préparent, ou qui ont déjà eu lieu. Enfin, elle rehausserait utilement les coûts du transport et permettrait donc de diminuer ces transports absurdes, qui sont le résultat des trop grands écarts de salaire entre les habitants des différents pays européens, permettant la mise en œuvre d’une politique des transports plus soutenable pour notre environnement. Nous allons bientôt être parmi les derniers pays européens qui laissons tout faire, sans aucune autre réaction que… des manifestations ponctuelles contre tel ou tel contournement que l’on cherche à refiler chez les autres.

OBJECTIF CONSTITUTIONNEL DE TRANSFERT
En Suisse, s’applique en effet depuis 5 ans une RPLP (Redevance Poids Lourds liée aux Prestations). Sa mise en place répond à l’objectif constitutionnel de transfert des marchandises de la route vers le rail. Deux tiers de la recette permet de financer les nouvelles liaisons ferroviaires alpines, l’autre tiers étant reversé aux cantons suisses pour l’entretien des routes. Il suffirait qu’une commission parlementaire honnête réalise un bilan de cette politique suisse pour vérifier que non seulement cette mesure n’a tué aucune entreprise de transport helvète, mais que des progrès sensibles ont été constatés. Une diminution de nombre de camions (environ 10% en 5 ans) est déjà un signe extrêmement valable. L’environnement des grands axes a été ménagé (baisse des émissions polluantes) et il suffit de regarder les bas cotés ou la végétation la plus proche pour, en France, constater que les dégâts sont considérables. La recette, conforme aux prévisions, (484 millions d’e de recette nette) a permis de financer des travaux sans impact sur la fiscalité locale et surtout sans conséquence notable sur les prix à la consommation .
L’Allemagne s’est engagée dans une voie similaire, en introduisant la LKW Maut sur son territoire, ce qui a eu immédiatement pour résultante de… dévier le passage des poids lourds par les voies frontalières françaises, réveillant Yves BUR et des députés alsaciens, qui ont proposé un amendement pour la mise en place d’une taxe sur les poids lourds circulant sur des axes routiers à proximité de routes à péage en… Alsace, afin de limiter le report de trafic qui a lieu depuis la mise en œuvre de la LKW Maut en Allemagne.

CONTRE L’AVIS DU MINISTRE DES TRANSPORTS
Même si le texte ne prévoit pas d’incorporer les coûts externes, car en inadéquation avec le droit français, il s’agit de la première décision législative proposant une redevance spécifique pour les poids lourds, et la décision parlementaire s’est faite contre l’avis du ministre des Transports (tiens donc). Certains élus de la vallée du Rhône et de l’Arc languedocien étudient de près cette proposition et nous ne pouvons que souhaiter la mise en place rapide d’un tel système.
En Aquitaine, " l’écoredevance " aurait peut-être évité, si elle était légale et régionalisée, l’augmentation de la TIPP qui pénalise le smicard allant au boulot chaque matin, comme le transporteur le plus pollueur. La somme ainsi récoltée pourrait servir à entretenir et améliorer les réseaux fluvial et ferroviaire de la région, développer de nouveaux services, sans nécessairement construire de nouvelles infrastructures.
Malheureusement, la FNTR et plus encore l’UNOSTRA veillent, et leur lobbying infernal pèse sur tous les échelons de décision. Ils hurlent à l’étranglement, à la faillite programmée, à la suppression d’emplois, à l’hécatombe économique et subrepticement ils menacent le pays… de thrombose si une taxe à l’essieu de passage est inventée. Les lois de finances se succèdent, et pour de vraies raisons électoralistes, elles évitent toute harmonisation européenne, pourtant souvent exigée sur bien d’autres points moins importants.
Les plans les plus ambitieux n’ont aucune chance d’être efficaces tant que des contraintes financières ne les précèderont pas. Les camions allemands traversant la France pour livrer des automobiles Audi à Madrid croiseront encore longtemps sur la rocade des camions espagnols allant livrer des automobiles SEAT à Berlin…
Mais je déblogue…
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R
C'est l'air des pyrénées !
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E
Depuis qu'il est à l'UDF, Ron devient quelqu'un de très cultivé ! ;-)
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R
Colere et intelorance sont les ennemis de la bonne compréhension. (Ghandi)
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J
Bien sûr que non, Ron! Il ne faut rien tolérer du tout. L'atteinte à l'une des liberté les plus fondamentales (voire même la plus fondamentale!), à savoir la liberté d'aller et venir (aussi importante ou presque que celle de ... respirer, doit être réprimée avec une grande sévérité.La loi républicaine en vigueur impose aux organisateurs d'une manifestation qu'ils en négocie le parcours, la durée avec les autorités de police. Sans qu'il soit question d'interdire la manifestation (sauf risques évidents de confrontation violente avec des contre-manifestants).L'Unostra est un "syndicat" fasciste!
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R
Ceci dit, Jacques tu vas un peu loin ! Je propose plutot que l'on mette à l'amende les employeurs des ssalariés qui bloquent les routes sans mesure (une opération escargot pendant 1 heure pour retenir l'attention des medias peut être tolerée).
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