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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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BONS SENTIMENTS ET BONS COMPTES

Il y a deux ans, dans le confort de la semaine d’entre deux fêtes, les premières images du tsunami terrorisaient la planète. La vague géante entrait dans toutes les maisons et n’allait cesser de les envahir, au fur et à mesure que l’on mesurait l’étendue réelle des dégâts. Nos 95 morts ou disparus, en pleines vacances ensoleillées de fin d’année, allaient vite supplanter les milliers d’autochtones, eux aussi emportés par les éléments déchaînés. Un immense élan de solidarité naissait durant les semaines qui suivirent, pour… submerger les associations institutionnelles chargées de les répartir sur un terrain totalement inaccessible. Les pays sinistrés devaient bénéficier de ces dons ayant atteint 13,6 milliards de dollars (10 milliards d'€) promis, mais ces sommes fabuleuses, dans les contrées sinistrées, ont toujours du mal à arriver jusqu'aux victimes. Et des organisations non gouvernementales ont été contraintes de reporter leurs projets de reconstruction, leurs partenaires ou sous-traitants ayant disparu, une fois les fonds versés… avec les promesses de secours aux victimes. La reconstruction est très en retard, et les stigmates du tsunami sont loin, très loin d’être effacés.
Le 26 décembre 2004, un séisme de magnitude 9, aspirant les flots au large de l'île indonésienne de Sumatra avant de provoquer le déferlement ultra-rapide de vagues géantes, avait semé la mort et le chaos dans une douzaine de pays. En Indonésie, pays le plus durement frappé, avec plus de 130.000 morts et 37.000 disparus, on attend encore la mise en œuvre des plans de reconstruction prévus. A plusieurs centaines de kilomètres de là, des dizaines de milliers d'habitants vivent toujours dans des foyers temporaires, dans la province d'Aceh, région la plus touchée par le tsunami, qui a connu ces derniers jours des inondations meurtrières. Au Sri Lanka, où le tsunami a coûté la vie à 35.000 personnes, la guerre civile est venue ajouter des souffrances supplémentaires à la misère des rescapés, et retarde les efforts de reconstruction… Deux ans plus tard, on vit toujours dans l’angoisse et le provisoire. Tout n'a pas été fait. Loin s'en faut!

UN AUDIT SUR LES FONDS ENVOYES EN THAILANDE
A titre d’exemple, 7 pays donateurs occidentaux ont donc exigé un audit des fonds envoyés en Thaïlande après le tsunami de 2004 pour participer à l’identification des victimes. Ils ont adressé un courrier à la police thaïlandaise,  affirmant que des centaines de milliers de dollars pourraient avoir été mal employés. La lettre, dont une copie est diffusée sur le site Internet du quotidien "The Nation", appelle également les autorités à accélérer l’analyse d’échantillons d’ADN qui pourraient permettre de donner un nom à 400 corps découverts après le tsunami et qui sont toujours non-identifiés. Citant une source diplomatique, le journal explique que jusqu’à 60% des 1,6 millions de dollars destinés au centre thaïlandais d’identification des victimes pourraient être concernés.
"Il y a peut-être eu une mauvaise utilisation des fonds donnés par nos gouvernements respectifs pour participer au processus d’identification des victimes de la catastrophe", souligne cette lettre datée du 22 novembre et signée par les ambassadeurs américain, britannique, finlandais, allemand, français, suédois et néerlandais. "Pour garantir que ces soupçons sont définitivement écartés, nous demandons que les archives comptables du centre fassent l’objet d’un audit professionnel", ajoutent-ils. Un responsable de l’ambassade des Etats-Unis a confirmé, sous couvert d’anonymat, que la lettre avait été envoyée à la police thaïlandaise qui semble avoir utilisé les fonds à d’autres fins.
Le général de police qui dirige le centre d’identification des victimes, a reconnu… l’existence de soupçons concernant l’utilisation des fonds. Mais il en a imputé la faute aux comités étrangers qui ont géré les fonds jusqu’en mai, lorsque la gestion des 800 000 dollars restants a été transférée à la police. Il a ajouté que la police avait demandé un audit pour l’argent dépensé avant mai 2006.
Le tsunami a tué plus de 5 400 personnes en Thaïlande alors que 349 ressortissants thaïlandais et des dizaines d’étrangers sont toujours portés disparus. Le centre d’identification, où travaillent des experts internationaux en médecine légale sous la direction de la police thaïlandaise, a consacré les deux dernières années à l’identification des corps retrouvés après la catastrophe. Alors que des centaines de cadavres ont été identifiés, certaines voix se sont élevées pour affirmer que des erreurs avaient été commises et dénoncer la lenteur des autorités pour poursuivre le processus.

UN RAPPORT MITIGE DE LA COUR DES COMPTES
La cour des comptes s'est, elle aussi, penchée sur l'utilisation par 32 ONG ou fondations françaises de l'argent des dons destinés à assister les victimes du tsunami du 26 décembre 2004 en Asie du sud, dans un rapport qui sera rendu public le 3 janvier mais dont on connaît déjà les grandes lignes. Le rapport final, auquel ses auteurs mettent la dernière main, sera adopté ces jours-ci en "chambre du conseil", par dix magistrats de cette juridiction financière, et il devrait être "mitigé" car il y aurait "des bons et des mauvais élèves. Ce n'est pas un satisfecit total".
Médecins sans frontières (MSF), Médecins du Monde (MDM), Action contre la Faim (ACF), Handicap international, la Croix-Rouge ou encore le Secours populaire figurent parmi les ONG dont les activités ont été passées au crible par la Cour. On attend avec inquiétude, dans quelques états majors, le rapport des sages.
Rappelons que les Français avaient spontanément donné plus de 300 millions d'€ aux ONG après la vague destructrice, et les associations tricolores s’étaient fondues parmi des milliers d'autres du monde entier qui s'étaient précipitées pour aider les populations touchées, créant parfois des effets pervers - stocks de médicaments inutilisés à détruire en raison de leur toxicité, manque de coordination, inflation des prix, mauvais choix des équipements…
Le 4 janvier 2005, MSF, qui cantonne ses actions à "l'urgence", avait annoncé suspendre sa collecte, estimant que les dons excédaient déjà ses besoins, une déclaration dont il faut se souvenir qu’elle avait été très mal perçue par d'autres ONG, favorables à une aide allant au-delà des premiers jours, pour la reconstruction.
Certaines ont en effet décidé de s'engager sur plusieurs années, notamment la Croix-Rouge qui a ainsi précisé pourquoi elle n'avait pas dépensé "tout l'argent qui lui a été confié" (16% des dons fin 2005), en expliquant que les dépenses seraient échelonnées sur cinq ans. Fin 2006, l'organisation humanitaire a dépensé 39,2% de ces dons  s'élevant à 113 millions d'€, soit 45,3 millions. La Croix-Rouge avait dépensé 73,6% des dons fin 2007 et quelque 100 millions d'ici à 2009. "Si l'on reste longtemps, c'est parce qu'il faut du temps pour remettre les personnes dans une situation de dignité", a-t-il déclaré. "Que la cour des comptes se penche sur un événement comme le tsunami, cela prouve qu'il s'agit d'un phénomène exceptionnel", a-t-il encore estimé.

8 000 MAISONS SUR 50 0000 PROMISES
En Asie du Sud-est, les deux tiers des personnes qui ont perdu leur maison dans le tsunami de décembre 2004 attendent toujours qu’elle soit reconstruite. Et pourtant, la BBC, qui a eu accès à une banque de données du département Aide et développement des Nations unies, affirme que la moitié des dons envoyés par les particuliers, les entreprises et les gouvernements pour aider les victimes n'a pas encore été utilisée et dort sur des comptes qui ne profitent qu’aux banques. La BBC indique que seul 1,3 milliard de dollars sur les 2,2 milliards donnés à la Croix rouge internationale a par exemple été utilisé et qu'à peine 8.000 maisons ont été reconstruites sur les… 50.000 promises pour l’Indonésie, les Maldives et le Sri Lanka. Interrogé par la chaîne, un dirigeant de la Croix rouge britannique a justifié ces chiffres par la difficulté de la tâche entreprise. "Il faudra du temps pour dépenser cet argent de manière responsable", a-t-il expliqué.
Par ailleurs, selon les chiffres obtenus par la BBC, plusieurs gouvernements étrangers n'ont versé qu'une partie de l'argent promis… voire rien du tout. La Chine, qui avait promis d’envoyer 301 millions de dollars au Sri Lanka après la catastrophe, n’en a envoyé… qu’un. Toujours selon la BBC, le Koweït n'a encore rien envoyé aux Iles Maldives alors qu'il s'était engagé à hauteur de 10 millions de dollars. Les Etats-Unis n'ont versé que 38% de l'aide qu'ils avaient promis et l'Union européenne doit encore la bagatelle de 70 millions de dollars. Quant à la France, elle en aurait promis 79 millions et n’aurait finalement réuni… qu’un million. C’est à la hauteur de notre budget actuel et surtout de l’art de gouverner.
A méditer, sur la civilisation des effets d’annonce médiatiques calculés. Les annonceurs savent que le tsunami des bons sentiments étant passé, des considérations aussi bassement matérielles n’intéresseront plus personne. Le phénomène climatique était certes exceptionnel, mais la gestion qui a suivi ne paraît pas l’avoir été. Et, comme pour rappeler les menaces auxquelles reste confrontée la région, un séisme de magnitude 7,1 s'est produit hier, au large de Taiwan, réveillant la crainte d'un autre tsunami meurtrier. Mais les sismologues ont levé l'alerte quelques heures plus tard : les vagues géantes tant redoutées ne s'étaient pas formées. Cette fois ! Rien n’est assuré pour l’avenir.
Mais je déblogue... 
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E
Attention de ne pas aller trop déranger Chris (voir ci-dessus) sur son site car sinon, il vous empêche de laisser des commentaires ! C'est tellement plus facile d'avoir "raison" ainsi ! Dans l'Education Nationale, nous appelons cela la "méthode Meirieu" ! ;-)
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J
salu<br /> joli blog vraiment, <br /> je vien de créer le mien sur mon meilleur ami erion gjoni, il est menassr d'éxpultion du téritoire francais, g besoin de ton commentaire de soutien silteplais<br /> http://erion-gjoni.overblog.com<br /> merci beaucoup d'avance et bonne continuation
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E
Meirieu, l'optimiste un peu trop naïf...
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C
J' ai créé un blog,  "ségoléniste" mais sans idolâtrie. il est consacré, entre autres mais surtout, à l' Education (Je suis prof de français en collège/48 balais/25 ans d' ancienneté)<br /> http://profencampagne.over-blog.com/<br /> Je vous donne également le lien sur le site de mon ami Philippe Meirieu où je publie un feuilleton sur l' école:<br /> http://www.meirieu.com/CLASSEAUQUOTIDIEN/collegejour.htm<br /> Ainsi que ce lien pour un travail demandé par P Meirieu et remis à Ségolène Royal<br /> http://www.meirieu.com/ECHANGES/POURCHANGER.htm<br /> Christophe
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