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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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UN VERITABLE TRAVAIL DE ROUMAIN

Le plus célèbre des Polonais dans notre pays fut anonyme. On ne le connaissait pas réellement, mais il constitua, durant plusieurs mois, un symbole qui fit débat. On se le jeta à la face avec inquiétude pour les uns, avec ironie pour les autres. Son arrivée annoncée devrait se faire discrète pour éviter d’affoler le travailleur hexagonal. Alors que le Pape régnait sur le catholicisme, le plombier originaire de Varsovie allait déstabiliser le Peuple. Il ne reçut aucune bénédiction et fut jugé responsable de l’échec de la future Bible européenne.
Les délocalisations, combinées avec une arrivée massive de travailleurs venus de l’Est mirent en effet à mal les principes libéraux d’un Traité réputé sécuriser le monde économique, mais pas nécessairement celles et ceux qui le faisaient vivre. On oublia, aussi vite qu’il avait surgi sur la scène politique, cet ouvrier spécialisé dont manque la France. Le Traité ayant été renvoyé aux calendes grecques, on évita une " immigration incontrôlée " comme le souhaitait le projet de directive Bolkestein, du nom de l’ancien Commissaire au marché intérieur, le libéral néerlandais Frits Bolkestein, visant à libéraliser le marché européen des services, à l’image des biens, des capitaux et des hommes.
L’eldorado des pays à salaires élevés ne constitua point le miroir aux alouettes prévu et, face à la montée de la contestation, l’ami Frits dut atténuer grandement son projet initial. On conserverait le droit social du pays d’accueil et non pas celui du pays d’origine, afin de ne pas détruire le tissu économique fragilisé par la mondialisation. Mais désormais, un paramètre nouveau est intervenu : lundi, l'Europe se fera à 27 ! La donne va être à nouveau bouleversée.

DES PROGRESSIONS DE 45, 24 ET 27 %
Le Ministre de l’emploi a donc effectué récemment le bilan de cette immigration maîtrisée en provenance de l'Est. Il a fait état de 1.545 demandes d'autorisation de travail permanentes de mai à octobre 2006, contre 1.061 en 2005, soit une progression de 45%. Les demandes d'autorisation provisoires ont, quant à elles, progressé de 24% à 1.216 sur la même période après 978 en 2005. C'est le travail saisonnier agricole qui reste l'activité la plus demandée avec 8.215 requêtes enregistrées sur la période janvier-septembre 2006, contre 6.777 au cours de la même période en 2005, soit une augmentation de 27%.
Les Polonais sont les principaux demandeurs, avec environ 80% des demandes d'autorisations permanentes et 74% des demandes provisoires, devant les Hongrois (9% des demandes permanentes) et les Tchèques (10% des demandes permanentes)… Le courant prévu entre l’Est et l’Ouest augmente de façon spectaculaire, même s’il n’atteint pas encore des niveaux significatifs.
N’empêche que désormais, une nouvelle inquiétude pointe avec l’entrée lundi dans le giron européen de la Bulgarie et de la Roumanie. Cette nation, réputée déjà exportatrice de main d’œuvre peu qualifiée, a tout lieu de poser des problèmes en raison de ses salaires à un niveau extrêmement bas (245 € mensuels). On sait qu’il existe déjà des filières de travailleurs clandestins en provenance de certaines régions roumaines… et elles ne donnent pas une image positive de ce pays industrialisé, ayant un fond de culture française. Il faut verrouiller avant que le mal gagne vers l'Ouest!

UN VERITABLE PROBLEME STRUCTUREL FRANCAIS
"Le 1er janvier, les travailleurs roumains et bulgares pourront, dans 62 métiers qui ne trouvent pas aujourd'hui de réponse en termes d'offres d'emploi, rentrer dans ces métiers", a déclaré le ministre délégué à l'Emploi lors d'une conférence de presse. Il verrouille donc cette entrée potentielle sur le marché français d’une main d’œuvre à bas prix en ajoutant sans être véritablement sûr du résultat : "c'est donc une ouverture maîtrisée, progressive, autour des métiers en tension, qui est appliquée aux nouveaux entrants", a-t-il souligné, en rappelant que les mêmes conditions sont en vigueur depuis le 1er mai pour huit autres pays d'Europe centrale et orientale, dont l'adhésion à l'UE remonte à mai 2004. Ces déclarations satisfaisantes sur la forme, cachent un véritable problème structurel français. En effet, le Ministre, par son choix de 62 professions autorisées à entrer sur le territoire national, dresse une liste désolante des carences de notre système social.
En effet, ces 62 métiers dits "en tension" relèvent de sept secteurs économiques qui sont le BTP (ouvrier du béton, charpentier, carreleur, couvreur, menuisier, conducteur de travaux, etc.), l'hôtellerie et la restauration (cuisinier, serveur, etc.), l'agriculture (maraîcher-horticulteur, arboriculteur-viticulteur, éleveur de volailles, de porcs, de lapins, etc.). On recense également la mécanique et le travail des métaux (chaudronnier-tôlier, régleur sur machine-outil, tuyauteur industriel, ajusteur-mécanicien, etc.), les industries de "process" (dans l'agroalimentaire, le verre, le papier-carton, etc.), le commerce (vente à distance, représentant à domicile, attaché commercial, etc.) et la propreté (laveur de vitres, agent d'entretien, etc.). extraordinaire liste à la Prévert qui démontre l’inadéquation entre le marché français de l’emploi et celui des formations choisies par les jeunes.
Une filière " sous tension " cache en fait des besoins pressants en matière de recrutement pour des entreprises, incapables de faire face aux chantiers ou aux commandes actuelles ou futures. Dans tous ces secteurs, les capacités de formation existent, mais les vocations manquent, et il y a fort à parier que les conducteurs de travaux roumains ou les régleurs de machine-outils bulgares de bon niveau seront peu nombreux à se présenter à un poste frontière, tant ils doivent être rares dans leur propre pays.

IMMIGRATION CHINOISE REGULIERE
L’annonce prend toute sa saveur quand, dans le même temps, les Roumains ouvrent largement leurs frontières à des travailleuses chinoises, alléchées par des salaires deux fois supérieurs à celui qu’elles ont dans leur pays… Le nouveau membre de l’UE manque en effet singulièrement de main d’œuvre et recrute en Asie des couturières pour garnir… les usines délocalisées par les fonds de pension anglo-américains. Extraordinaire paradoxe que celui qui voit la France quérir en Roumanie... des techniciens qu’elle ne sait pas trouver chez elle, alors que, dans le même temps, les Roumains accueillent des Chinoises pour faire fonctionner les entreprises françaises ayant quitté nos villes pour aller accroître les profits de leurs actionnaires. Le système libéral a des arcanes qui échappent à tout entendement.
La Roumanie est devenue ces dernières années un centre de production à bas coût en concurrence directe avec la Chine pour de grandes marques de confection. La proximité géographique permet à ces dernières de surveiller de près la qualité des vêtements assemblés dans ces ateliers.
Mais l'émigration massive d'ouvriers roumains en quête de salaires supérieurs en Europe de l'Ouest - et les perspectives de hausse progressive des salaires en Roumanie à mesure que le pays se rapprochera des standards européens - est synonyme de difficultés pour ces entreprises.
Depuis la chute de Nicolae Ceausescu, en 1989, plus de deux millions de Roumains, soit la bagatelle de 10% de la population, ont déjà quitté le pays, avec pour conséquence un déficit de main d'œuvre dans les secteurs… du BTP, du textile ou de la santé. Et cette émigration pourrait s'accentuer après le 1er janvier, car la pénurie menace. L’entrée dans l’Europe va accentuer les départs et mobiliser sur place, grâce aux crédits structurels, ses conducteurs de… travaux ! Et il ne reste plus qu'à espérer que les Roumains recrutent nos couturières.
Mais je déblogue..
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C
Peut-^tre faut-il également rappeler que l'adhésion à l'UE va accroître les investissements de la part des français, pas seulemeent au travers de délocalisations, mais aussi l'achat de terres agricoles, de biens immobiliers... Se sentir exproprié dans son propre pays, telle doit être un sentiment courant en Roumanie.Quand on parle d'inadéquation des formations des jeunes (et moins jeunes) français, peut-être, mais il y a aussi les conditions de travail, de rémunération (pourquoi le smic dans certains secteurs est-il inférieur au minimum légal, ce qui implique que pendant 20 ans les augmentations, quand on y a droit ne permetent pas de gagner plus que le-dit smic ?).Le problème n'est pas que le français ne veut pas trimer, seulement il ne veut pas le faire toute sa vie (et encore moins être remercier après l'avoir fait à 40 ou 45 ans)
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E
@Youkaïdi<br /> Justement pas puisqu'il s'agit de "métiers" où il y a, paraît-il, un manque de français "formés" !<br /> Je ne comprends pas bien ta remarque...je suis fatigué certainement...
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Y
Ah ces hordes de sauvages qui vont venir manger le pain des bons français ma bonne dame !!!!
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E
La mondialisation...<br /> Une catastrophe pour nos sociétés occidentales tant que nous n'accepterons pas de vivre autrement !
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