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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LE CHANGEMENT DANS LA CONTINUITE

Seul le temps permet de juger l’intérêt réel des décisions prises dans tous les domaines. Sur le moment, la tendance est soit à l’enthousiasme, soit à la critique… pour ensuite laisser place à la vérité. Elle ne s’installe jamais dans l’instant,, mais elle pousse lentement dans un environnement plus ou moins favorable. Hier, Ségolène Royal a réalisé une excellente prestation sur le plan technique en apportant à la foule présente les satisfactions qu’elle attendait. Son pacte présidentiel présenté, dans un échange permanent avec la salle, solide, charpenté, complet, adossé aux réalités sociales actuelles va devoir, après sa naissance, résister à l’usure de deux mois de campagne. Il va d’abord être disséqué par les adversaires, mais aussi par toutes celles et tous ceux qui espéraient y retrouver une part de leurs préoccupations. S’ils ne se l’approprient pas, s’ils n’en comprennent pas les fondements, l’effet d’annonce restera éphémère. Le plus exigeant commence.
Ce qui peut frapper l’observateur attentif, c’est la remise à la mode des recettes de l’ère mitterrandienne, comme si, dans le fond, ce qui appartenait au passé retrouvait brutalement une part d’intérêt. Le concept des 100 propositions appartient à ces réminiscences de la campagne de 81. Le développement de nombreuses initiatives autour du qualificatif " juste " conforte la similitude avec la vision de cette époque. Il faut aussi remarquer que rien n’a été construit " contre " un adversaire, mais " pour " les Françaises et les Français auxquels elle a proposé une France plus " forte " comme ce fut le cas il y a un peu plus de 25 ans. Une conception globale adaptée, qu’il est impossible de ne pas rapprocher de la fameuse formule de la " force tranquille " qui fit le succès de Mitterrand. Ségolène Royal a sans cesse cherché à dégager cette sensation de sérénité convaincue qui la ramènerait à la surface, comme les plongeurs le font en donnant un coup de talon sur le fond.
Devant un parterre d’éléphants, revenus en grâce malgré les imprécations de leur impitoyable ennemi Arnaud Montebourg, elle a construit un programme fortement inspiré par le projet socialiste, preuve que la marge de manœuvre idéologique demeurait extrêmement mince. Cet écart découle bien évidemment, comme dans quasiment tous les cas, de la maigre différence existant entre le souhaitable et le possible. Lentement, mais sûrement, les remontées de la base auraient donc été passées au filtre de la situation financière d’un pays, dont quasiment tous les indices sont à l’orange, pour les rendre réalistes. Il n’y aurait ,en effet, rien de pire pour la politique que de se retrouver, à nouveau, face à des effets d’annonce de mesures dont on sait qu’elles ne seront jamais mises en œuvre, compte tenu de leur coût ou des oppositions qu’elle génèreraient. Ségolène Royal, à l’image de ce que Mitterrand avait annoncé en 81, à peu près à la même date, a su éviter le piège du tout ou rien, reprenant subrepticement à son compte quelques propositions de ses adversaires internes. Il est vrai qu’au PS, la technique de la synthèse n’a plus de secret pour les préposés à l’écriture des textes fondateurs.
UNE NOUVELLE DIRECTION PRIORITAIRE
Le discours de Villepinte marque cependant une nouvelle direction puisqu’il marque enfin une priorité. Il est en effet impossible de médiatiser un programme patchwork comme tente de la faire actuellement Nicolas Sarkozy. En matière de communication, il va s’épuiser en donnant l’impression qu’il n’est qu’un agité du bocal, qui veut tout mais qui ne régle rien. Ségolène Royal, elle, a donc assuré une épine dorsale récurrente à son pacte. Elle l’a construit autour de ces phrases qu’elle devrait décliner dans les prochaines semaines : "Tout se tient : l'emploi, la famille et l'Ecole, c'est l'éducation qui tient tout l'édifice, c'est pourquoi, avec moi, ce sera l'éducation, encore l'éducation, toujours l'éducation. Ce sera au cœur de tout ,et en avant de tout : l'Ecole est le cœur battant de la République, le lieu où se transmettent tous les savoirs et les valeurs républicaines, le creuset où se forment les futurs citoyens".
Elle a admis la réalité en convenant que "l'Ecole traverse une crise profonde" et en  tentant d’y apporter des solutions concrètes, qui ne soient pas exclusivement centrées sur des améliorations internes. Elle a ainsi, par exemple, proposé le doublement de l'allocation rentrée scolaire "dès 2007" pour que "soit pleinement garantie la gratuité de l'école laïque de la République". Mais il faudra qu’elle reconnaisse que le partenariat autour de l’école et notamment tous les secteurs annexes (accompagnement scolaire, santé, surveillance, soutien à la parentalité, social…) revêtent désormais une importance particulière. La seule acquisition du savoir ne sauvera pas la société acteulle

La candidate a également précisé que le "redécoupage" (la " suppression " a disparu) de la carte scolaire permettrait que "les secteurs soient plus hétérogènes" et se ferait aussi par division "des gros collèges" pour qu'aucun ne dépasse 600 élèves", a-t-elle précisé, abandonnant de fait l’abolition pure et simple de la référence à des zones géographiques d’affectation.
UN RETOUR AUX FONDAMENTAUX
Aux enseignants, Ségolène Royal a assuré qu'ils seraient "soutenus, encouragés par la République" dans leurs "missions". "J'ai entendu le message des enseignants, en première ligne dans le combat pour l'égalité et la citoyenneté", a déclaré la candidate, alors que le vote des personnels du monde de l’éducation semble de plus en plus volatil et surtout moins acquis à la gauche qu'autrefois. "Face aux coupes sombres dans le budget et les emplois, au pouvoir d'achat qui semble baisser dans la mesure exacte qu'augmente la difficulté du métier", Mme Royal a assuré aux enseignants: "vous serez soutenus, encouragés par la République dans votre mission, votre place sera mieux reconnue, votre formation améliorée". En fait, elle a repris la main dans un secteur où tout le monde l’attendait au tournant. Un retour aux fondamentaux qui atteste que les idées des autres présidentiables n’étaient pas si éloignées que cela des préoccupations de l’électorat de gauche.
Cette nouvelle donne, que l’on ne saurait définir comme un " recentrage " puisqu’il s’agit plutôt d’un infléchissement à gauche, va vite modifier la donne actuelle, car elle va contraindre les adversaires de Ségolène Royal à revoir leurs prises de position. Sarkozy va obligatoirement durcir son discours puisque sa tactique, consistant à aller contourner son adversaire sur la… gauche, va vite apparaître comme inutile. Il va donc être obligé de faire uniquement du Sarkozy, et obliger tout le monde à instituer un choc frontal entre deux candidats bien ancrés dans leur camp respectif. Bayrou ne pourra plus occuper le vide sur sa gauche. Il va vite rentrer dans le rang, même s’il est indispensable, là encore, de donner du temps au temps.
RELECTURE DES CLASSIQUES
Ségolène Royal a relu ses classiques, et son staff a tenu compte des dérapages ponctuels antérieurs en assaisonnant les propos tenus hier du maximum de proximité. D’abord avec la salle qui, certes, lui était acquise mais avec laquelle elle a accepté un dialogue ressemblant étrangement à celui que j’avais rencontré il y a un peu plus d’un an à Santiago du Chili lors du gigantesque meeting de Michèle Bachelet. Cette technique de l’échange plutôt que du " livré clé en mains " aura constitué, à mes yeux, l’évolution formelle la plus notable, et risque donc de renforcer l’originalité de la démarche, si elle se poursuit. Ensuite Rocard, et à un degré moindre Fabius ou Strauss-Kahn, n’ont pas du se reconnaître dans certains passages du discours : trop simples. Ségolène Royal a su en effet ajouter à la proximité passionnelle celle des mots dont on oublie toujours combien elle est importante en politique. C’est probablement une force, en une période où la multiplication des messages va accroître la difficulté d’être entendu et écouté.
Paradoxalement, elle aura réussi, période après période, depuis un an, à donner des impressions successives qui l’ont conduite finalement à revenir vers une pratique extrêmement traditionnelle d’une campagne électorale. Elle maintient des concepts originaux mais accepte qu’ils conduisent lentement vers une vision somme toute habituelle de la campagne. Mais incontestablement, le pari de jouer une bonne part de sa crédibilité sur une journée aura été gagné. Il était risqué. Il semble que le passage entre deux étapes, de celle de la démocratie participative vers celle de la dimension personnelle, ait fonctionné.
Il reste à tenir la distance, face à une énorme machine de guerre professionnelle qui va utiliser son arme favorite : la peur. Peur de la fiscalité, peur de l’insécurité, peur de l’autre, peur de l’instabilité. La recette a marché en 2002 car elle a étouffé l’espoir pour lui substituer la crainte. Probablement que, hier, le ciel s’est éclairci… Pourvu que ça dure !
Mais je déblogue…
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<br /> Si c'est vrai!<br />  <br /> <br /> Diatribe d'un déçu de "Madame Royal"<br />  <br /> <br /> http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-883857,0.html<br />  <br /> <br />  <br />
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E
Trop long ! illisible ! Il faut créer un blog ! ;-)
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J
Nicolas Sarkozy est considéré dans les sondages comme ” compétent ” ; mais il est peu affectif envers les électeurs (ce qui n’exclut pas l’émotion, ni la passion). Avocat d’affaires, il a l’avantage de n’être pas énarque, donc de moins posséder cette ” langue de bois ” euphémisante et compassionnelle, au ronron de laquelle les Français s’étaient fort habitués depuis le Mitterrand Final. Nicolas Sarkozy est exigeant avec lui-même, exigeant pour la France, il demande aux Français des efforts. Avec la récompense au bout : utiliser nos talents (qui existent) pour les faire servir comme dans les pays voisins. Il est fébrile, est-il sincère ? La hantise de la gauche est que Nicolas Sarkozy soit un ” libéral “. Ils opposent donc à la Madone… le Diable tout simplement. Je vais donc me faire l’avocat de ce diable. Or, l’analyste ne confondra point “libéral” avec libertaire ou libertarien. Le “libertarien” exige un Etat minimal, ce n’est pas le cas du “libéralisme”. Et être “libéral” aux Etats-Unis signifie être gauchiste, au contraire de la France, qui vous stigmatise en adepte du Grrrand Kâpitâl. Distinguer est utile pour sortir des fantasmes. Le “modèle” de Nicolas Sarkozy n’est pas le libéralisme au sens français des Lumières. Trop homme d’action, il ne pense pas, comme Jacques Chirac (après Queuille) qu’à ne rien faire les problèmes se résoudront d’eux-mêmes. Il reste trop imbu d’Etat pour laisser respirer assez la société civile en ses groupes et régions. Il est pour l’initiative entrepreneuriale certes, mais aussi pour le respect des mœurs communément admises : la société n’est pas prête à l’hédonisme à tout va - on a assez vu ce que cela a donné pour la génération 68 dans les écoles, la banlieue, le travail, et même la justice avec l’hystérie d’Outreau… Il croit que l’Etat a des responsabilités et un pouvoir suffisant pour engager des réformes ; son discours performatif le prouve sans ambages. Pour lui, la politique n’est pas la gestion froide de ” dossiers ” anonymes, que l’on traite de façon technocratique avec les recettes des manuels, elle relève de la volonté, donc de la négociation avec des partenaires qui savent ce qu’ils veulent (il a réussi à EDF). Pas énarque - avocat, vous dis-je. Nicolas Sarkozy n’est pas non plus le conservateur d’une Amérique à la George W. Bush, comme l’accuse un Michel Rocard délirant dans une interview à l’Express (22 février). D’autant que George W. Bush n’a plus qu’un an et demi à vivre en tant que Président des Etats-Unis (pas de troisième mandat dans ce pays démocratique…). Il serait donc de la dernière stupidité politique de ” faire allégeance ” alors que les institutions parlementaires des Etats-Unis (il existe un vrai contrepouvoir en ce pays démocratique…) sont en train de changer d’avis ! Soyons sérieux : Nicolas Sarkozy veut d’abord le pouvoir et, pragmatique, il est prêt à promettre tout ce qu’on veut pour arriver à ses fins. Mais il est loin d’être le seul, on ne peut donc lui en faire grief plus qu’aux autres. C’est pourquoi la polémique sur ” le chiffrage ” ne me paraît guère avoir d’importance sur le fond ; sur la forme, en revanche, elle force les candidats à rester cohérents - et là, l’outil internet a apporté sa pierre au débat démocratique.  Elevé dans les beaux quartiers ? avocat d’affaires ? fils d’immigré ? enfant délaissé par un père volage ? Tout cela joue sans conteste dans le caractère de Nicolas Sarkozy, bosseur discipliné, ambitieux qui veut arriver, un ” avale-baraque ” comme on disait autrefois. Mais je ne crois pas au déterminisme “total”; je ne crois pas que, soit par essence, soit en naissant dans un certain milieu, on devienne ceci ou cela. Je crois en la relative autonomie des individus de leurs conflits familiaux, de leur milieu social, de leur métier et de leur bain idéologique. Sinon, où serait “la liberté” ? Je sais bien que les Français sont ceux au monde (avec peut-être les Russes ?) qui croient le moins en la liberté. Le catholicisme leur a seriné durant des siècles qu’ils étaient “prédestinés”; le communisme a pris le relais en invoquant les fatales “lois de l’histoire”. Sans rire. A côté, le darwinisme, même ” social “, des utilitaristes anglosaxons est de la vaste blague : au moins il y a “lutte” pour la vie et le pouvoir, pas fatalité béate envers Dieu, l’Histoire, l’Etat ou Papa/maman. Donc, je ne crois pas Nicolas Sarkozy “libéral” : ni au sens politique français des Lumières (libertés pour tous), ni au sens dévoyé du gauchisme sectaire (l’égoïsme sacré des pétroliers texans roulant en Hummer). Ni Bush fils, ni Clinton, ni Reagan, ni Nixon, ni Kennedy - si Nicolas Sarkozy a un modèle ” américain “, c’est une certaine préférence pour un régime présidentiel (où quelqu’un de responsable décide) et une économie libérée des carcans (où chacun a de l’initiative) mais où intervient l’Etat stratège (pour créer des règles et les faire respecter) - en revanche une morale conventionnelle, ” austère “, comme le réclame une mentalité tournée vers l’effort. Sa cohérence est là. Un Etat qui finance (comme aux Etats-Unis) les avions sous prétexte stratégique, celui qui crée le réseau internet à partir des acquis de la Défense, celui qui lance de grands programmes de recherche comme l’Espace. Mais qui laisse libre de faire les universités et les entreprises - avec des règles (fort contraignantes aux Etats-Unis, de Roosevelt à Sarbanes-Oxley). Rien de plus, rien de moins - sauf si le bonapartisme d’une partie de son courant de soutien ressurgit au travers de ses ministres : ce sera à lui d’en contrôler les dérives, et gageons qu’il aura plus de crédibilité que Marie-Ségolène cornaquant les éléphants. Dans le modèle “libéral” au sens politique du 18ème (et qui a été inventé en France par Montesquieu, Voltaire et quelques autres, dont Tocqueville), l’Etat n’est pas aux abonnés absents : il arbitre les intérêts, régule les comportements, redistribue pour conforter la communauté nationale, il éduque, défend, rend la justice, construit des routes et des ponts - tout comme l’Etat fédéral américain. Mais il est fondé sur le droit, pas sur l’interventionnite pruritaire. Or, c’est là où pèche Nicolas Sarkozy. S’il veut être crédible, il doit abandonner cette posture ” colbertiste ” qui fut la sienne dans la lignée des Gaullistes de la Reconstruction. Cette façon n’est, certes, pas seulement à lui : l’antilibéralisme français oblige tout candidat à prendre une ” posture électorale “. Mais que l’on se rappelle combien ce meccano colbertiste fut grave sous le ministère Fabius des années 80. Combien il fut carrément désastreux dans les dernières années Chirac auxquelles Nicolas Sarkozy a participé ! Ce ne furent que coups médiatiques au détriment de la cohérence industrielle (Péchiney, Alstom), incapacité de l’Etat à jouer son rôle d’actionnaire (EADS, SNCF, SNCM, EDF), égoïsme patriotard dans une Europe qui se recompose (Aventis/Sanofi, Arcelor, GDF), copinages éhontés (Airbus, Danone devenu mystérieusement ” stratégique “, TF1). L’Etat n’a pas à produire des voitures, ni à faire voler des avions ni, peut-être, à faire rouler des trains ou distribuer de l’énergie (là, avec l’après-pétrole à préparer, on peut en débattre). D’ailleurs, depuis que Renault est privatisée, elle investit non pas sur Jeep dans une Amérique sur-concurrentielle, mais sur Nissan dans un Japon innovateur ; depuis qu’Air France a été cédé par l’Etat, plus de grèves à répétition mais l’une des meilleures rentabilités des transporteurs européens et un personnel rasséréné ; depuis qu’Elf-Aquitaine n’est plus dans le giron de l’Etat, plus de magouilles politico-barbouzes, ni de comptes occultes à numéros, ni de financement de dictateurs africains ; depuis que le Crédit Lyonnais a rendu sa liberté à l’énarque mégalo qui a ruiné les contribuables, plus d’investissements à la légère dans le star business à Hollywood, ni de spoliation d’hommes d’affaires douteux que l’on veut politiquement mettre à genoux. N’est-ce pas curieux ?… En revanche, l’Etat peut faire des choix pour orienter l’économie et conserver des instruments de souveraineté nationale : c’est ce que font sans vergogne les Etats-Unis, mais aussi l’Irlande et même l’Angleterre. Les marchés ne sont qu’un instrument, pas le dernier cri de l’optimum économique comme le veut la vulgate. Mais les Français n’ont jamais appris l’économie réelle, celle qui ne date pas des théories du 19ème siècle, celle qui concrètement entreprend. Les Français croient (comme l’Eglise) que l’argent et le profit c’est ” mal ” ou (comme de Gaulle) que l’économie c’est l’intendance qui suivra, ou encore (comme Mitterrand ou Jospin) que c’est une spécialité à laisser aux technocrates, ou toujours (comme la grande presse) que l’économie est l’idéologie anglosaxonne écrasant ” la Politique “. Alors que l’économie est la base de la puissance - d’une région comme d’un pays. Pour faire tourner une économie, il faut des emplois et des consommateurs, de la production et du désir, de la liberté et des règles. L’un ne va pas sans l’autre. Depuis 30 ans, portés par le mythe invincible de l’Etat-Providence qui est devenu aux Français inquiets ce qu’était le monastère vers l’an Mille - un fantasme et un refuge - les gouvernements de droite comme de gauche n’ont suivi que des politiques économiques de demande. Leurs connaissances s’étaient arrêtées à Keynes, et encore, étudié trop vite. Ce n’est pas la consommation qui va mal en France, c’est l’emploi. Ce n’est pas la capacité d’innover qui manque aux Français, ce sont des entreprises qui aient envie de se créer et d’investir. Ce ne sont pas les protections légales ou contractuelles qui manquent aux travailleurs, c’est leur excès et leurs complications même qui les bride. Ce n’est pas l’impôt qui est trop lourd, c’est un Etat trop gros pour être efficace et des taxes trop mal réparties. Croyant protéger les emplois, on les fige, empêchant l’arrivée de tout nouvel entrant et jouant au moraliste, sans aider en rien ceux qui s’en retrouvent exclus. Croyant démocratiser la recherche, on saupoudre les crédits (par définition pas illimités) en autant d’universités de niveaux divers, laissant croire que chaque professeur qui y enseigne est un chercheur fondamental. Un choix est donc à faire entre la protection et la liberté, entre l’égalité sociale imposée d’en haut dans la pénurie malthusienne - et la libération des initiatives individuelles dans l’univers réel, européen et mondial. Chacun souffre à un moment ou à un autre, mais celui qui fait des efforts doit pouvoir en être récompensé - et non pas vilipendé comme ” exploiteur “, ni traqué par l’URSSAF et le fisc dès son premier mois de créateur d’entreprise, ni en butte à l’inflation législative et aux ” seuils ” sociaux. Pourquoi les entrepreneurs français auraient-ils plus de handicaps que leurs voisins ? Ce pourquoi votre fille est muette… surtout si elle est de gauche. C’est ce que propose Nicolas Sarkozy. Le fera-t-il ? Il s’agit d’équité plus que d’égalité, mais les “promesses” ne sont crédibles que si elles sont portées par une part majoritaire de l’opinion. Ce n’est pas honteux de dire à quelqu’un qui aimerait être consolé de se reprendre pour gagner - et l’opinion commence à approuver ce genre d’attitude. Aider à s’en sortir et ne pas se complaire dans la déploration avec bonne conscience est le message qu’adresse Nicolas Sarkozy à la gauche intellectuellement et économiquement démissionnaire - et ce discours accroche bien dans la population qui se bat tous les jours pour s’en sortir. Ce ton nouveau, qu’avait Ségolène Royal avant d’être rattrapée par son appareil, est dans l’air du temps. Qui, des deux, va apparaître comme le plus crédible pour le mettre en oeuvre ? Tous les parents le savent : se lamenter avec le gamin l’enfonce dans sa faiblesse, alors que l’aider à se remettre au travail lui redonne sa dignité. Et la communauté Emmaüs le prouve chaque jour…
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E
J'ai une idée, comme SR va gagner, nous allons annuler les législatives et remplir l'Assemblée Nationale de députés socialistes ! ;-)
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E
"si Ségo ne passe pas, pas de députée socialiste"<br /> Je me demande bien alors à quoi cela va servir d'organiser des élections législatives ? Et à quoi donc cela sert-il d'écrire des trucs aussi incohérent ?
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