La violence exercée contre les femmes par un partenaire de sexe masculin atteint des dimensions de plus en plus angoissantes. Au sein du foyer, les brutalités sont devenues, pour les Européennes de 16 à 44 ans, la première cause d’invalidité et de mortalité avant même les accidents de la route ou le cancer... En France, à cause des agressions masculines domestiques, six femmes meurent chaque mois – une tous les cinq jours –, un tiers d’entre elles poignardées, un autre tiers abattues par arme à feu, 20 % étranglées et 10 % rouées de coups jusqu’à la mort que peu de monde commente et dont on évite de causer. Celles de la délinquance sont abondamment commentées sur les plateaux de télé mais celles-ci échappent à toutes les émissions. Selon ces statistiques, l’agresseur est en majorité un homme bénéficiant par sa fonction professionnelle d’un certain pouvoir. On remarque une proportion très importante de cadres (67 %), de professionnels de la santé (25 %) et d’officiers de la police ou de l’armée. On est bien loin du poncif du pochard qui cogne en rentrant bourré su bistrot. Gendarmes et pompiers sur le Créonnais le vivent quasiment cahque jour.
Au Portugal, par exemple, 52,8 % des femmes déclarent avoir été l’objet de violences de la part de leur mari ou de leur concubin. En Allemagne, trois femmes sont assassinées tous les quatre jours par les hommes avec lesquels elles vivaient, soit près de 300 par an. Au Royaume-Uni, une femme est occise dans les mêmes circonstances tous les trois jours. En Espagne, une tous les quatre jours, près de 100 par an. Dans l’ensemble des quinze Etats de l’Union européenne (avant l’élargissement à vingt-cinq), plus de 600 femmes meurent chaque année – presque deux par jour ! – sous les brutalités sexistes dans le cercle familial
Une idée reçue consiste à penser que les violences de genre sont plus fréquentes dans les pays " machistes " du sud de l’Europe que dans les Etats du nord. Là encore, il faut pondérer.
La Roumanie apparaît comme le pays européen où la violence domestique contre les femmes est la plus grave : chaque année, en moyenne, pour chaque million de Roumaines, 12,62 sont tuées par leurs partenaires masculins. Mais, dans le sinistre palmarès des pays les plus " féminicides ", immédiatement après la Roumanie se situent des pays dans lesquels, paradoxalement, les droits des femmes sont les mieux respectés, comme la Finlande, où tous les ans, pour chaque million de Finlandaises, 8,65 femmes sont tuées dans le huis clos domestique, suivie par la Norvège (6,58), le Luxembourg (5,56), le Danemark (5,42) et la Suède (4,59), l’Italie, l’Espagne et l’Irlande occupant les dernières places. Ce triste hit-parade met en évidence un problème social qui paradoxalement ne cesse de progresser. Et on ne parle pas souvent des brimades morales liées à la gestion du foyer, à l’isolement non consenties, aux non partage des tâches quotidiennes, à la responsabilisation outrancière vis à vis des enfants, à l’abandon pur et simple…
" ELLES L’ONT MERITE "
Ces chiffres déjà terrifiants sont très sous-estimés, estime Marie-Dominique de Suremain, déléguée générale de la Fédération nationale solidarité femmes dans un article de l'hebdomadaire Le Point. Une enquête réalisée par les urgences médico-légales de Paris a chiffré à 60 par an le nombre de femmes tuées par leur mari ou compagnon seulement dans la capitale. Alors, combien dans le reste de la France ? " On ne sait pas non plus combien de femmes victimes de violences restent handicapées, mutilées ou blessées, rappelle le Mouvement français pour le Planning familial. Ni combien de temps elles vivent sous la terreur, si elles parviennent à porter plainte, et combien de ces plaintes ont été suivies de mesures de protection. " Tous les experts sont d'accord : les violences conjugales sont encore mal identifiées. "Plusieurs raisons expliquent l'existence de cette zone d'ombre honteuse dans notre société, pourtant adepte de transparence dans de très nombreux domaines."
rappelle le Mouvement français pour le Planning familial. Tous les experts sont d'accord : les violences conjugales sont encore mal identifiées. Plusieurs raisons expliquent l'existence de cette zone d'ombre honteuse dans notre société, pourtant adepte de transparence dans de très nombreux domaines. Longtemps, les femmes victimes de violence ont été tenues pour principales responsables de leur sort. Provocantes et sortant seules, elles récoltaient le fruit mérité de leur impudence. Futiles, elles attisaient la juste colère de leur mari. " Bats ta femme tous les matins, si tu ne sais pas pourquoi, elle le sait " : combien de fois a-t-on entendu ce proverbe, qui nous viendrait d'une autre culture, mais que les Français emploient volontiers, en blaguant, bien sûr... En fait ce discours qui parcourt la société ne reflète qu’une triste réalité.
La campagne présidentielle n’abordera absolument pas ce pan de la vie secrète des couples que personne ne souhaite véritablement mettre en lumière. On causera de l’insécurité visible car elle " rapporte " mais on évitera soigneusement les sujets qui fâchent. La cigarette, le cannabis, le taux d’alcoolémie, les excès de vitesse… seront tôt ou tard au cœur du débat alors que les violences intra familiales ne feront pas dix secondes dans un débat télévisé. A moins que les faits concernent une personne de haut niveau comme ce fut douloureusement le cas pour l’affaire Trintignant-Cantat. Les fracas des couples célèbres permettent parfois de mettre en évidence la face cachée de la misère de ceux du quotidien. La violence demeure en effet une constante qui traverse l’ensemble des milieux lorsque la communication n’existe plus.
UNE MAIN COURANTE ORDINAIRE
Supposons que, dans le cadre des élections présidentielles, brutalement, une affaire du genre ordinaire éclate dans un couple dont l’un des deux prône en permanence la répression sans faiblesse des actes violents. Imaginons et, en pareille circonstance toute ressemblance avec un candidat existant ou ayant existé ne serait que pure coïncidence, que l’on apprenne qu’il ait frappé sur sa compagne. Celle-ci serait allée déposer, dès qu’il a eu le dos tourné, une main courante ordinaire, comme le font tant d'autres, au commissariat de plus proche avant, sous la pression, de tenter de la retirer sans savoir qu’une photocopie en avait été faite. Rien d’autre qu’une affaire banale comme il en arrive tant d’autres en France chaque jour, direz-vous. Le problème c’est que ce cas d’école poserait quelques jours plus tard un drôle de problème de conscience à des journalistes destinataires de la copie et de l’info.
La presse française contrairement à la britannique n’aime en effet guère se retrouver dans une telle situation. Elle hésite à entrer par les mauvaises portes dans la vie privée des gens qui comptent surtout dans le monde politique. Elle invoque souvent la déontologie, le risque d'atteinte à la vie privée pour ne pas se mêler des affaires censées la regarder. N’empêche que ce serait un sacré moment si une telle révélation intervenait avant le premier tour des présidentielles dans une campagne qui a placé le " pipole " largement au-dessus de la politique. Je n’ose imaginer la colère de l’intéressé qui devrait d’ailleurs déjà craindre le pire et l’avalanche de démentis que cette histoire de querelles de ménage ayant mal tournée pourrait générer… Mais rassurez vous mon histoire est totalement imaginaire et je me fais du cinéma. Vous ne la lirez pas ou vous ne l'entendrez pas.
Ce genre d’événement comme ce fut le cas pour l’agression de Papi Voise, ce vieil homme, qui a fait basculer le sort de Lionel Jospin et a ouvert le boulevard du second tour à Le Pen ne peut pas arriver dans un système médiatqiue verrouillé. Les gens importants ne sauraient tomber dans de tels travers et l’honneur d’une femme ne compte guère en pareille circonstance.
LES PUISSANTS LIENS DE L’AMOUR
dans ce cas hypothètique comme dans les autres une enquête révèle aussi les puissants liens de l'amour. Ainsi, 18 % des femmes en situation très grave, donc soumises à des violences physiques ou verbales répétées, se disent toujours " très amoureuses " de leur compagnon, et 47 % " seulement amoureuses "... Est-ce pour cette raison que les femmes taisent leur souffrance ? Fait troublant : près de la moitié des victimes interrogées ont parlé pour la première fois au moment de l'enquête des violences subies. " Le sujet est encore tabou, car, même dans nos sociétés modernes, le statut de femme battue est toujours plus infamant que celui d'homme violent ", explique Marie-Dominique de Suremain déléguée générale de la Fédération nationale solidarité femmes.
Ces victimes de violences conjugales éprouvent très souvent un fort sentiment de culpabilité. " Ma cliente a été rouée de coups, puis défigurée au cutter par son compagnon devant ses propres enfants, raconte Christian Guitton, avocat. Il a été condamné à douze ans de prison. J'ai été stupéfait de voir qu'après la sentence non seulement ma cliente ne lui en voulait pas, mais qu'en fait elle se reprochait même de l'avoir envoyé en prison ! " Prisonnières de leur culpabilité, les femmes acceptent ainsi que leur seuil de tolérance à la violence augmente. Un engrenage qui finit tôt ou tard pas mal tourner !
Dans tous les couples présidentiels on s’aime donc passionnément et dans Paris Match, dans Gala ou Voici, VSD... les photos sur papier glacé en attestent. D’ailleurs malheur à celui qui oserait en douter. Ce n’est pas chez ces gens là que l’on s’expédierait les assiettes à la figure et que l’on distribuerait des baffes car ça ferait mauvais effet sur le bon peuple. Il vaut mieux conserver une image lisse de ceux à qui l’on va confier notre destin collectif. La violnce c'est bien connu : ce n'est que dans les banlieues!
De toutes les manières on a moins une certitude, si mon histoire était authentique, ce qui n’est pas le cas bien évidemment, on aurait peut-être enfin un président de la République sachant de quoi il parle quand il causerait de la violence faite aux femmes. Il serait donc au moins compétent sur un point !
Mais je déblogue…
Lire par curiosité sur le site http://francoismitterrand2007.hautetfort.com/ la chronique de hier...et peut-être aurez vous cette semaine une surprise.