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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LA MACHINATION A VOTER

Depuis que je suis sur cette terre je n’ai vécu que dans la vie publique. Il faut dire que toute mon enfance s’est déroulée dans une Mairie et que dès mon départ du cocon familial je n’ai cessé de participer à des scrutions syndicaux, mutualistes, associatifs ou politiques. Je me suis amusé (quand je n’ai rien à faire) à tous les répertorier et j’en suis arrivé à…pratiquement une centaine. Personnellement, à ce jour je n’en ai perdu qu’un seul, celui des législatives de 93 avec Bernard Castagnet et ce n’est pas mon plus mauvais souvenir compte tenu du contexte d’alors. Tous les votes de feu le Syndicat National des Instituteurs ou de la MGEN se déroulaient par correspondance et je n’en conserve pas un souvenir aussi vivace que celui de ces journées formidables passées dans les bureaux tenus par ma mère et les conseillers municipaux sadiracais. Je crois avoir attrapé le virus des élections dans cette salle du conseil proche de notre cuisine et située au-dessus de ma chambre.
L’ambiance du dépouillement des scrutins locaux ou nationaux me poursuit encore. Le silence respectueux de celles et ceux qui déambulaient autour des tables de comptabilisation de quelques centaines de bulletins. Les regards complices de celles et ceux qui triomphaient. La mine renfrognée de celles et ceux que les résultats attristaient. Les commentaires qui suivaient quand les spectateurs s’étaient retirés. J’aimais ces moments avant que l’on ne m’expédie au lit sans que je puisse connaître la fin de l’aventure politique. Tous les épisodes de l’ère gaulliste et les élections législatives victorieuses dans des contextes difficiles qui virent le hussard noir de la République, René Cassagne puis un jeune que recevait respectueusement mes parents, Philippe Madrelle m’ont profondément marqué. La détresse du Maire André Lapaillerie battu deux fois aux cantonales restent dans ma mémoire comme des moments marquants.
DES JOURNES DE FETE REPUBLICAINE
Le rite de l’organisation du vote avec le casse-croûte organisé dans le secrétariat pour les équipes de scrutateurs, les moments de somnolence du début d’après-midi dans un bureau désert, la fébrilité de ma mère, secrétaire de mairie, comptant et recomptant les bulletins blancs et nuls pour que son résultat soit exact, le passage des gendarmes venant collecter les procès-verbaux appartenaient à ma vision du fameux suffrage universel. J’écoutais aussi les appréciations des observateurs avertis qui tentaient de prévoir le résultat en affectant à chaque famille et même à chaque électeur une appartenance politique. En général tout le monde savait quel bulletin était mis dans l’urne tellement les engagements étaient ancestraux et immuables. Certes il y avait des ajustements de circonstances mais globalement Sadirac votait… à droite au grand dam de mes parents, des instituteurs et de quelques communistes historiques.
Ces journées étaient des journées de fête républicaine permettant l’échange des informations personnelles, le dialogue avec le Maire présent à son poste durant toute la durée du scrutin, les relations sociales en tous genres. On emmenait la belle-mère à qui on tendait avant son entrée furtive dans l’isoloir le bon bulletin plié en deux. On sortait le grand-père qui n’était pas venu à la mairie depuis plusieurs mois. D’autres illettrés passaient chercher un conseil valorisant avant de tenter de retrouver le bulletin qu’on leur avait signalé. Les rares voitures allaient selon les intérêts de leurs chauffeurs quérir les absents(e)s pouvant apporter un soutien supplémentaire. J’adorais et j’adore encore la compétition électorale que je considérais comme une forme de sport passionnant.
LE SECRET DU VOTE DEVOILE PAR LES SONDAGES
Il semble que ce contexte que l’on retrouve un peu modernisé dans bien des communes de France soit voué à appartenir au rayon des souvenirs. Lentement le secret de l’isoloir a été dévoilé par les sondages. Les estimations ont remplacé l’incertitude du lent cumul des centaines de bureaux de vote. On ne vient plus s’exprimer dans le même climat de fierté d’exercer sa citoyenneté. En fait si vous décliniez votre catégorie socioprofessionnelle, vos revenus, votre âge, votre niveau d’étude et votre emploi on pourrait presque vous éviter de vous déplacer car on connaît le vote majoritaire de votre catégorie de sondage.
En plus depuis quelque temps certains veulent imposer la machine à voter qui occulte les bulletins, la petite enveloppe, l’urne plus ou moins transparente, les heures passées au dépouillement. Un clic, un bouton, un écran remplacent les gestes si durement acquis. Le " A voté ! " ponctuant le dépôt de son suffrage serait aseptisé, volatilisé face à la machine à voter. Cet instrument ne s’applique pas aux citoyens mais bel et bien à l’outil qui leur sert à exprimer leur choix.
Finie la sensation matérielle d’accomplir un acte exceptionnel par ses rites puisqu’un simple clic effacera les habitudes. Plus de bulletin à soigneusement plier derrière le rideau, plus d’enveloppe colorée qui descend parmi les autres, plus de recrutement de scrutateurs et de comptage méticuleux, plus de petites barres à faire sur les feuilles de pointage, plus de bulletins nuls avec des commentaires parfois d’un bel humour : un nouveau clic affichera le verdict réputé incontestable !
Quelques 1200 machines, agréées par le ministère de l’Intérieur, sont en fonctionnement dans les mairies françaises (si on estime le nombre moyen d’électeur par machine à un millier, cela concerne quelques 1,2 millions d’électeurs en France). Or, cet agrément ne peut plus avoir valeur de blanc-seing, derrière lequel élus et agents administratifs se retrancheraient comme derrière un bouclier. Les preuves scientifiques qui s’accumulent invalident et décrédibilisent l’idée même de machine à voter.
PLUS FLUIDES, PLUS NATURELS, PLUS FREQUENTS
Pourtant, ne nous y trompons pas, nous avons besoin de machines pour faciliter nos processus démocratiques, pour les rendre plus fluides, plus naturels, plus fréquents… Les machines à voter pourraient pourtant être utiles. Elles permettent de gagner du temps, de faciliter les procédures, d’économiser sur les coûts d’installation, d’impression et de traitement. Mais elles doivent être fondamentalement des machines aussi transparentes que les urnes de la République. Ne pensons pas une seconde que les machines qui vont être demain retirées des bureaux de vote seront la preuve supplémentaire que nos élus doivent faire de la politique sans consulter leurs concitoyens. Au contraire. C’est l’action citoyenne d’individus éclairés qui montrent, une fois de plus, que la fiabilité absolue de ces machines est une condition sine qua non à leur acceptation. Ce sont des citoyens eux-mêmes qui nous rappellent les standards auxquels ces machines doivent répondre. Il ne s’agit pas d’être un affreux réactionnaire dressé contre le progrès technologique mais tout simplement de ne pas systématiquement lui faire confiance quand il s’agit de transcrire matériellement des idées.
De nombreux citoyens, proposent pourtant depuis plus de 2 ans des recommandations simples à mettre en œuvre, dont il faut rappeler les deux principales concernant ces appareils. D’abord les machines fournissent une trace papier du vote, afin qu’un double enregistrement soit fait et que le votant puisse contrôler que la machine a bien voté comme il le lui a demandé. L’impression doit permettre de suivre le bulletin jusque dans l’urne. Ainsi il y aurait une possibilité de vérification matérielle de la réalité du vote exprimé en cas de panne, de fraude ou de contestation. Il est ensuite, selon les spécialistes, indispensable que le logiciel soit conforme aux principes de " l’open source " afin que tout un chacun puisse en contrôler le fonctionnement. Le but est de permettre aux pouvoirs civils d’auditer et de contrôler à tous moments les algorithmes de fonctionnement.
Bien des gens pensent donc que les machines " américaines " doivent atteindre le niveau de transparence et de confiance que l’on a aujourd’hui dans nos bulletins papiers et dans le décompte manuel et citoyen. Pour cela, il suffit de mesures simples et efficaces qui nous permettent de conserver la maîtrise de ces machines et de garder un œil sur leur fiabilité.
Les avatars américains, le renoncement irlandais à les utiliser doivent alerter l’opinion publique sur les dangers que représenterait le passage massif des grandes villes à un système électronique. Le citoyen robotisé approche et l’on peut véritablement s’interroger, sans être un nostalgique invétéré sur la perte de tous les rites et actes symboliques dans uns société de l’indifférence caractérisée. Dans le fond la vraie question c’est : " qui sont les " machines " à voter ? "  quand on voit depuis des mois comment on fabrique technologiquement l’opinion !
Mais je déblogue…
 
JE VOUS AVAIS PREVENUS MAIS VOUS NE M'AVIEZ PAS CRU
Allez donc lire l'artiche de Libé
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Élections :  N’importe lequel et qu’on en finisse.  <br />  <br /> <br /> http://n-importelequelqu-onenfinisse.hautetfort.com/  <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> Les élections démocratiques :  Un simulacre  <br />  <br /> <br /> http://les-elections-democratiques.over-blog.fr/  <br />  <br />
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D
Electronique, électronique ... Il paraitrait même que dans les partis parmi les plus importants, on aurait pu s'inscrire par un simple clic sur internet ... :-)<br /> Mais je reste tout à fait d'accord sur le principe de transparence maximale des élections même si le vote papier n'est pas aussi irréprochable, les "tripatouillages" inévitables seront toujours plus limités!
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R
En effet, bien que je sois très satisfait du temps/argent gagnés grâce au progrès technique (déclaration ou autres formalités administratives sur internet par exemple), je suis contre le vote electronique car nous devons coute que coute maintenir une confiance totale envers nos elections. C'est le principe même de la démocratie.
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J
JMD a raison sur le fond, il est dangereux de nous en remettre à un système d'automatisation des votes qui si il est séduisant sur la forme ne l'est pas du tout sur le fond... il permet d'imaginer toutes les magouilles, tricheries, erreurs ou pirateries et en plus ne laisse pas une raisonnable possibilité de contrôle de la démocratie par des assesseurs ou représentants citoyens. en bref, cela représente un vrai risque de captation de la démocratie!!! mais Sarkozy est pour il parait alors dormez tranquilles braves gens...
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M
Si j'avais mauvais esprit - ce qu'à Dieu ne plaise- je dirais que vous êtes en train de préparer une contestation des résultats du scrutin pour le cas où LA candidate n'aurait pas autant de suffrages que vous espérez.....
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