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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LES DINOSAURES NE SE CACHENT PAS TOUS POUR MOURIR

N’en déplaise aux thuriféraires de Nicolas Sarkozy, les premiers jours de son règne auront été hautement symboliques de l’état de la morale en politique. Même s’il est exact que faire référence à la morale, en politique, correspond à vouloir faire utiliser une brosse à dents par une poule, il faut bien de temps en temps que l’on s’y réfère. Or probablement, jamais un Président de la République n'aura si rapidement exploité toutes les ficelles médiatiques pour faire tout et... son contraire. Il mériterait d’entrer dans le livre Guiness des records, sans que cela choque les éminents éditorialistes, subjugués par son agitation événementielle prometteuse.
Il bade déjà cet homme pressé qui, en 48 heures, a plus utilisé l’avion présidentiel que son prédecesseur en trois mois. Il sillonne la France et l’Europe dans tous les sens, expédie Chirac en retraite en un coup de main, remonte les Champs-Elysées aussi promptement que Floyd Landis dopé, possède une attirance particulière pour le bois de Boulogne, qu’il couvre de fleurs un jour et traverse en courant le lendemain, va embrasser sa copine allemande, expédie sa femme en vacances après un baiser qui tue, nomme des "collaborateurs", et réhabilite un résistant, vole vers Toulouse pour annoncer qu' il n’y aura rien de neuf, revient à Paris pour installer son cabinet présidentiel confié à Fillon, permet une résurection à Juppé pourtant entendu la veille par la PJ… Ce n’est pas Nicolas Sarkozy que les Françaises et les Français ont majoritairement élu mais Speedy Gonzalez. D’ailleurs il en la taille, le comportement, et les capacités physiques.
Le Pays a toujours aimé savoir ses élus au turbin, courant la planète et surtout brassant de l’air médiatique. Quelque part il est rassuré de savoir son Président en bonne santé (il est vrai qu’il a donné avec le cancer de Mitterrand) et surtout de savoir que comme Superman, "Nicolas", peut surgir à tout moment avec une clé de douze, un bazooka, de la colle Uhu, une Bible, un pansement, pour secourir la veuve et l’orphelin. Il est vrai que les télés et les journaux adorent un tel comportement qui leur donne du grain à moudre, sans avoir à le séparer de l’ivraie.
Tenez, il est certain que, ce week-end, ils vont rêver de Nicolas Sarkozy montant les marches du Palais du festival de Cannes avec Cécilia en robe de soirée. Politiquement, ce geste aura de la gueule pour les législatives, car il réconciliera le Peuple et la Culture. Denisot exultera. Voici, Gala, VSD, le JDD, Paris Match, Cinémonde… et que sais-je encore dans la presse… d’opinions pourront enfin titrer sur un Président proche des gens et de leurs préoccupations essentielles. Les caméras de TF1 sont parties vers Cannes pour saisir ce moment fort, où ses amis du monde du cinéma l’accueilleront sur le tapis rouge. Il faut dire que s’il manquait un tel rendez-vous, alors qu’il est en vacances à quelques encablures de là, ce serait une première faute professionnelle.
REDUIRE UNE POSSIBLE FRACTURE
Comme écrit il y a quelques semaines dans l’une de ces chroniques, toute la première journée du mandat aura été axée sur la récupération de l’image de la Résistance. Les notions de courage, de fidélité à ses convictions au prix de sa vie, la jeunesse résolument hostile aux notions anti-républicaines, au racisme, à l’antisémitisme ont été soigneusement exaltées, afin de réduire la possible fracture entre une perception autoritaire du nouveau régime et les nécessités d’obtenir une majorité parlementaire. La guerre psychologique des symboles est engagée !
En choisissant celui de Guy Môquet, les responsables de la communication sarkoziste faisaient coup double, puisqu’ils annexaient le Parti Communiste à l’insu de son plein gré. Héros de la Résistance communiste, ce jeune a été fusillé par l'occupant allemand le 22 octobre 1941 à l'âge de 17 ans. Fils d'un cheminot (symbole fort vers le monde du travail) député communiste, Guy Môquet, lui-même ardent militant des jeunesses communistes, est arrêté le 13 octobre 1940 gare de l'Est lors d'une distribution de tracts clandestine. Emprisonné à Fresnes, puis à Clairvaux, l'élève du Lycée Carnot est ensuite transféré, malgré son acquittement, au camp de Châteaubriant (Loire-Atlantique), où il est détenu avec d'autres militants communistes. Le 20 octobre 1941, Karl Hotz, commandant des troupes d'occupation de la Loire Inférieure, est exécuté à Nantes par trois jeunes communistes.
Le Ministre de l'Intérieur du gouvernement Pétain (la repentance est de mise !), Pierre Pucheu, sélectionne des otages communistes "pour éviter de laisser fusiller 50 bons Français": 18 emprisonnés à Nantes, 27 à Châteaubriant et 5 Nantais emprisonnés à Paris. Deux jours plus tard, neuf poteaux sont dressés à la Sablière, vaste carrière à la sortie de Châteaubriant. En trois groupes, les 27 otages s'y appuient, refusent qu'on leur bande les yeux, et donnent leur vie en s'écriant "vive la France". Guy Môquet est le plus jeune. Il est abattu à 16 heures.
L'adolescent avait un jeune frère, Serge, 12 ans. Traumatisé par la mort de son aîné, il ne lui survit que quelques jours. Guy Môquet est l'un des dédicataires du poème d'Aragon "La rose et le réséda": "Celui qui croyait au Ciel, Celui qui n'y croyait pas"… Cette ardente valorisation de l’honnêteté, conduisant jusqu’à la mort, a produit son effet dans les médias, qui, le lendemain, après avoir couvert de louanges le nouveau Président pour ce choix, louaient sa décision de faire lire la lettre de l'adolescent à ses parents. Il avait été le héraut de la fidélité à un idéal, en sachant que le lendemain il vendrait aux mêmes médias exactement le contraire !
PLUS LA MEME FIDELITE
En effet, dès 9 h 45, avec l’annonce du gouvernement, il n’était plus question de la même fidélité extrême à son engagement philosophique. Le héros médiatique devenait Bernard Kouchner et on entrait dans le symbole inverse. Il ne s’agissait plus de valoriser la résistance, mais de mettre en évidence les vertus du ralliement effectué au nom de l’efficacité. Finis les principes. Oubliés les vertus de la pérennité des engagements.
N’allez surtout pas critiquer ce revirement total, car c’est immédiatement catalogué comme de l’antisarkozisme primaire (voir le commentaire hier de Marc d’Héré) ou pire, du sectarisme primaire. Le renoncement à ses convictions était devenu le nec plus ultra du comportement démocratique.
Mais pourquoi cet admirable Guy Môquet a-t-il résisté ? Pourquoi lirait-on sa lettre devant des jeunes, alors que des hommes réputés de gauche vont, chaque semaine, s’asseoir à coté du " Ministre de l’immigration, de l’intégration et de l’identité nationale ? " Quelle valeur accorder à des actes aussi changeants en 24 heures ? Pourquoi personne dans les grands organes de presse n’a souligné la similitude entre ces deux phases d’une entrée en fonction totalement contradictoires ? 
Sans oser faire parler les morts, Guy Môquet innocente victime d’un certain Pierre Pucheu, devenu, Ministre de l’Intérieur du gouvernement de Pétain et qui s'engagea en vain dans l'Armée de Libération pour faire oublier son comportement vichyste aurait probablement beaucoup apprécié ce positionnement !
Huit universitaires, qui ne sont pas de dangereux communistes infiltrés dans une société libérale triomphante, ont donne hier leur démission des instances officielles de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI), qui doit ouvrir ses portes en 2007. Ils protestent contre l'instauration, "inacceptable" selon eux, d'un ministère de "l'Immigration et de l'Identité nationale".
UNE ASSOCIATION INACCEPTABLE
Selon l'historien Patrick Weil, spécialiste des questions d'immigration, signataire d'un texte adopté par sept autres universitaires, "l'association de l'immigration et de l'identité nationale est inacceptable. C'est une honte, a-t-il déclaré à l'AFP. Au moment où tant de gens se rallient en trouvant formidable de faire partie d'un gouvernement moderne, il faut rappeler qu'il y a quelque chose qui n'a rien de moderne et au contraire effrayant dans la création de cette administration".
Selon le texte, le rapprochement des deux termes "s'inscrit dans la trame d'un discours stigmatisant l'immigration et dans la tradition d'un nationalisme fondé sur la méfiance et l'hostilité aux étrangers dans les moments de crise".
"Là où le pari de la CNHI était celui du rassemblement tourné vers l'avenir autour d'une histoire commune que tous étaient susceptibles de s'approprier, ce ministère menace au contraire d'installer la division et une polarisation dont l'histoire a montré les ravages" (...) . " Il n'est pas dans le rôle d'un Etat démocratique, indique encore le texte, de définir l'identité. Associer " immigration " et " identité nationale " dans un ministère n'a jamais eu de précédent dans notre République : c'est, par un acte fondateur de cette présidence, inscrire l'immigration comme " problème " pour la France et les Français dans leur être même". Il y a eu peu de commentaires sur cette prise de position mais beaucoup plus de temps de parole pour Bernard Kouchner et son voisin de table à l'Elysée Brice Hortefeux!
Personne n’a en effet noté que dans l’ordre protocolaire, Brice Hortefeux arrive juste... derrière Bernard Kouchner ayant en charge le rôle de la France dans le monde. Pour un peu, le Socialiste compatissant se retrouvait... derrière son collègue ayant en charge ce dont avait rêvé Le Pen mais qu’il n’aura jamais eu l’opportunité de mettre en place.
En ce qui me concerne, dès lundi soir je réagirai à ma manière, avec mes tripes, en accord avec mes convictions inspirées du fait que je sois petit-fils d’immigré ayant vécu en France sans papiers, et que mon père ait été naturalisé Français (on me demande toujours l’acte pour ma carte d’identité) le 4 décembre 1933. J’irai me porter garant de mon soutien sincère et profond à un jeune Albanais, dont le père et le frère ont été assassinés, en voie d’expulsion, alors qu’il a réalisé une intégration parfaite. Je lirai publiquement la lettre de Guy Môquet afin de me persuader que lier ses actes et son idéal républicain n’appartient pas à la préhistoire de la politique !
Tant qu’à mourir dinosaure autant le rester jusqu’au bout. Tant pis si le " Ministre de l’immigration, de l’intégration et de l’identité nationale " me poursuit de ses foudres sarkozistes !
Mais je déblogue…  
 
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A
En ces temps où démagogie rime souvent avec sensiblerie, voici un article qui replace les événements douloureux de notre histoire dans leur véritable contexte.http://www.historia-nostra.com/index.php?option=com_content&task=view&id=582&Itemid=60
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E
Oui, pas top ma remarque... Désolé !
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J
Eric,<br /> si le temps donne raison aux justes, je préfèrerais, même si JMD ne devait jamais appartenir à cette catégorie, qu'il reste avec nous... car le destin des justes est souvent de nous quitter prématurément.
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E
@ Marc d'HERE<br /> Le temps donne toujours raison aux justes !
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M
Rassurez-vous, personne ne vous poursuivra des "foudres sarkozystes".....On a le droit en démocratie de "débloguer" comme vous le dites...et vous ne vous en privez effectivement pas.... <br /> Tant pis pour la vérité ...mais, le combat militant ne s'encombre pas trop de scrupules.... <br />  
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