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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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UN SILENCE REVELATEUR

J’ai regardé avec attention hier les interventions télévisées de Ségolène Royal. J’ai pu constater qu’un certain nombre des chroniques de L’AUTRE QUOTIDIEN qui avaient paru, en leur temps, iconoclastes ne le seraient plus actuellement. Je me réjouis que sur l’Europe par exemple on parle de la nécessité de ne pas bâtir celle que voulait le fameux Traité constitutionnel dont les électrices et les électeurs français n’avaient pas voulu.
Sur les délocalisations dont j’avais cru entendre, lors du débat sur feu le Traîté constitutionnel, qu’elles ne constituaient pas un " véritable danger " pour la France car elles devaient s’inclure dans une mondialisation positive, que la mise à niveau obligatoire des législations sociales, que l’harmonisation de la fiscalité… il y avait véritablement un rapprochement avec des thèses que je pensais passéistes ou même, selon les moments, archaïques.
Il en va de même sur la puissance de Nicolas Sarkozy qui cumulaient les fonctions et donc les moyens et qui surtout profitait d’une facile manipulation médiatique. J’ai pu constater avec plaisir que dans ce domaine aussi Ségolène Royal avait évolué positivement. Victime selon elle d’une trahison du rédacteur en chef de l’AFP sur les modalités d’annonce de sa rupture avec François Hollande, illustrant ainsi ce que je n’ai cessé de dénoncer : on adore les médias quand ils vous encensent on les haït lorsqu’ils vous causent des ennuis. Ce n'est que quand on les utilise à son profit que l'on les soutient. 
Ce système totalement perverti aurait du être vivement dénoncé par tout le Parti socialiste bien avant que le vent tourne. Les exemples ne manquent pas mais peu de monde a le courage de les dénoncer sous peine d’être sanctionné. On va à la télé épancher ses états d’âme mais on évite soigneusement de parler de ce qui fâche.
Ainsi durant environ 4 ans, Nicolas Sarkozy a bâti sa stratégie sur une technique médiatique simple : je créée ou j’exploite un fait inquiétant pour l’opinion dominante et… ensuite je prétends y apporter une solution. Mon image y gagne ainsi en proximité et en efficacité.
Claude Bartolone dans l’émission Ripostes de hier soir à redit ce que je pense depuis des mois : les Françaises et les Français n’ont pas voté pour des programmes mais pour des images. Et à ce jeu là Sarkozy avait beaucoup d’avance car il avait patiemment labouré le terrain médiatique avec le soutien de ses " amis " et de ses " frères ".Ségolène Royal n’a jamais pu rattraper ce retard bien qu’elle ait été portée par les médias lors de la campagne interne. La défaite de Fabius et DSK fut surtout pour eux celle de l’image. L’utilisation forcenée du concept des " éléphants " aura été funeste pour leurs parcours. Elle le reste encore.
Même si je fais parano ou obsédé du complot, je ne peux m’empêcher de penser que tous les événements des banlieues ne furent jamais spontanés. Les multiples images diffusées, les multiples reportages réalisés, les diffusions répétées de certains mots comme " émeutes ", " racaille ", " casseurs "… confortaient le sentiment d’insécurité latent non pas dans les grades villes mais… dans les campagne sou les villages ne vivant qu’avec la télé comme dame de compagnie ! Tout fut calculé, maîtrisé, exploité afin que Nicolas Sarkozy apparaisse comme étant le seul susceptible de garantir cette répression dont j’entends parler dans absolument toutes les conversations que je peux avoir avec des gens de toutes tendances. Pour être vécu comme celui qui fait, qui agit, qui apporte des solutions… il faut avoir un problème à régler ! Les médias et essentiellement la télé ont beaucoup contribué quand il le fallait à construire une image de sauveur providentiel à celui qui s’est installé à l’Elysée. Quand c’était utile car maintenant… le processus n’a plus aucune utilité.
SILENCE TELE
Un fait récent démontre qu’il y a bien eu manipulation dans certaines rédactions sous influence. Vous vous souvenez de l’importance donnée aux incidents de la gare du Nord fin mars dont tout le monde s’accorde à reconnaître maintenant qu’ils ne furent pas si spontanés qu’on a bien voulu le dire, Ils ont joué un rôle dans la campagne grâce à un malheureux fraudeur de ticket de train désormais totalement oublié. Or la semaine dernière des dizaines de jeunes ont cassé des vitres et du mobilier urbain de la gare RER de Cergy-Saint-Christophe et les vitrines de commerces environnant, à Cergy à la sortie d'un concert de rap gratuit. Des sources judiciaires et policières ont confirmé vendredi cette information, parue le jour même dans Le Monde mais repris sans grand tapage que par peu de " Jités ".
Le quotidien a en effet publié un article sur ces violences, s'interrogeant au passage sur le peu d'échos qu'elles ont suscitées. "Dans un autre contexte, écrit l'auteur de l'article, ce type d'événement aurait probablement suscité une large couverture médiatique. Les violences urbaines intervenues, le soir du second tour des législatives, à Cergy (Val-d'Oise), n'ont donné lieu qu'à des articles dans l'édition locale du Parisien. Les faits sont pourtant graves".
Huit jeunes ont été interpellés au cours de ces violences qui se sont déroulées dimanche entre 22h et minuit en marge d'un concert du festival de cultures urbaines, baptisé "100 contests", qui se déroulait du vendredi au dimanche, ont précisé des sources judiciaire et policière.
Six ont été laissés libres à l'issue de leur garde à vue faute de preuves et deux jeunes majeurs ont été jugés en comparution immédiate mardi et mercredi. L'un a été condamné à… dix mois de prison ferme pour avoir cassé un distributeur de boissons dans la gare. L'autre a été condamné à… trois ans de prison dont deux ferme pour avoir incendié une voiture de police municipale qui se trouvait aux abords de la gare RER.
OU ETAIT L’AFP ?
Aucun jeune et aucun policier n'a été blessé durant le concert et au cours des violences qui s'en sont suivies, selon le directeur du préfet du Val-d'Oise, Gérard Gavory. Quelque 120 policiers dont la moitié de CRS, 46 tirs de flash-balls et 25 grenades lacrymogènes pour repousser les émeutiers… Tout ce beau monde est intervenu au plus fort des violences, a précisé la préfecture après un certain temps de réflexion.
Le rédacteur en chef de l’AFP que l’on murmure être très proche de la droite (Ségolène Royal a pu le préciser) a préféré gâcher le sursaut républicain des Français en annonçant la rupture conjugale de l’année. Mais dans ses priorités rédactionnelles il a occulté cette information sur de très graves incidents qui auraient encore accentué l’échec du président fraîchement élu sur sa capacité à… remettre de l’ordre ! A l’autre bout du fil on était également peu réceptif.
Dimanche dernier vers 21h 30, les organisateurs de "100 contests" avaient en effet arrêté le concert "à la fois parce qu'ils aveint eu peur de mouvements de foule qui auraient pu être liés selon eux à des affrontements entre bandes et parce qu'ils s'était mis à pleuvoir", expliquait une source policière. "Du coup une foule de jeunes, dont certains étaient très mécontents, s'était dirigée vers la gare de Cergy où une cinquantaine d'entre eux s'en était pris au mobilier de la gare et aux vitrines d'un bar et d'une pharmacie", avait-elle ajouté. Bizarrement cette information sur des faits se situant à quelques kilomètres des plateaux de télévision où l’on causait des résultats des élections législatives, la nouvelle n’est pas parvenue via l’AFP ! Imaginons un instant que les mêmes affrontements aient eu lieu il y a seulement quelques mois : images dès les journaux de la nuit et le lendemain visite sur les lieux du Ministre de l’Intérieur promettant des sanctions exemplaires !
L’AUTOCENSURE PERMANENTE
Selon une source judiciaire, il y avait 400 jeunes dans et aux abords de la gare RER au moment de l’émeute dont "une partie seulement" ont pris part aux violences. Selon Gérard Gavory, "ce n'est pas une bagarre entre bandes" qui est à l'origine des violences. "Sur les vidéos surveillance du concert, on voit des mouvements de foule mais pas d'affrontement et il n'y a pas eu de blessés", explique une source policière. Toujours de source policière, des jeunes ont envahi les voies de chemin de fer quand ils sont arrivés dans la gare. Le trafic a dû être interrompu ce qui a provoqué l'afflux de voyageurs et des bousculades dont "les jeunes ont profité pour casser", selon cette source.
Samedi dernier, à la sortie d'un autre concert, les forces de l'ordre étaient intervenues pour disperser des jeunes qui tentaient de bloquer la route, a précisé une source policière. L'enquête a été confiée à la sûreté départementale du Val-d'Oise et croyez moi on aura une réponse rapide. Sûrement aussi vite que pour la gare du Nord.
Cette réalité aurait pu illustrer parfaitement le contexte actuel d’un système médiatique national totalement muselé par un travail de fond sournois incitant tout le monde à l’auto censure. Car le mal est là : il n’y a même plus de débat sur les options journalistiques car la volonté générale se résume à ne pas avoir d’emmerdements avec ce que l’on diffuse. Comme il n’y a plus de concurrence réelle entre les diverses chaînes et les quelques quotidiens nationaux survivants on anticipe sur les volontés des gens qui comptent. On se tait. On zappe. On oublie. On ne fâche surtout pas. On va dans le sens de l’opinion dominante voulant que les uns soient " bons " et les autres " mauvais ", que le peuples soit idiot et que tout n’est pas bon à dire ! En revanche dès que l’on a une laine à tirer sur une personne sans trop de défense, on y va vite car le riSque est limité.
Ségolène Royal a été piégée. Je veux bien l’admettre par cette diffusion anticipée de sa séparation. Elle ne l’est pas toujours car elle sait aussi parfaitement exploiter à son avantage le système en contrant sur Canal + puis sur TF1 l’impact des décisions du Conseil national de son propre parti. Le samedi elle demeure dans la France paisible, le lendemain elle sacrifie aux obligations de la France médiatique. Comme tous les autres : elle jongle entre la tentation du silence et celle de la parole. Au fait Nicolas Sarkozy aurait glissé ce conseil à ses nouveaux ministres : " on a jamais vu un ministre perdre son poste pour avoir refusé un interview, par contre on en a vu beaucoup le perdre pour en voir accordé un… ". Il sait au moins de quoi il parle.
Mais je déblogue…
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Interview exclusif du journaliste de droite le plus tranchant du Figaro: Ivan Rioufol. Venez sur Désirs de réaction pour donner votre avis sur ses idées: http://desirsdereaction.com
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