Le sketch continue. Chacun y va désormais de sa technique pour être encore socialiste sans l’être complètement. Depuis plusieurs mois le ton a été donné : il faut désormais avoir la capacité à être dedans tout en préparant, secrètement ou ailleurs, la meilleure façon d’en sortir. AVEC l’annonce faite de maintenir ou de créer des espaces de réflexion déconnectés du Parti… plus personne ne se voit encore longtemps respecter le fonctionnement même du PS. On travaille au noir dans des caves et on n'apparâit à la surface que quand tout a été réglé.
Des consignes ont visiblement été données pour poursuivre en dehors ce qui n’est pas possible dedans car ce serait trop risqué d’apparaître comme un perturbateur. Les réunions se succèdent partout. Les groupes se constituent dans des arrières salles de restaurant. La mayonnaise idéologique monte. Les instances officielles prévues pour atteindre exactement les mêmes objectifs vont rapidement se révéler inutiles. La mode est aux " cabinets " fantômes, aux doublures de l’ombre, au rencontres confidentielles destinées à préparer des putschs, des débarquements, des razzias ou au moins des réactions concertées. Les plus fins tacticiens sont à la manœuvre.
Ainsi après les démarches effectuées par Bockel, celles de Ségolène Royal, DSK et Laurent Fabius viennent confirmer que la tendance prend forme. D’autres suivront avant l’été pour bâtir les structures servant de laboratoire d’idées et préparant surtout, en dehors des murs avec oreilles du PS, les futurs rendez-vous.
Par exemple le club "Gauche Avenir", fondé notamment par des socialistes proches de Laurent Fabius, des communistes et des Verts en vue de réfléchir et redéfinir les "valeurs" de la gauche, a tenu sa première réunion cette semaine à Paris. Plus de 250 personnes ont participé à cette première rencontre pour engager un "travail de réflexion sur les valeurs, l'identité et l'actualité de la gauche", débat "indispensable à toute refondation, à toute relève après les graves échecs électoraux récents". Certains veulent une rénovation autour du PS, d'autres prônent une stratégie d'alliance comme "Die Linke" en Allemagne. Enfin, certains espèrent un grand parti de la gauche.
Dans un message aux participants, l'eurodéputé communiste Francis Wurtz a souligné que Gauche Avenir n'était "ni un nouveau parti, ni un lieu qui se substituait à la rénovation engagée dans les différents mouvements de la gauche", mais qu'il "la nourrissait". Il faut bien avouer que la situation se tend et que les éléphants, accusés à tort selon moi, de tous les maux de la terre ont tendance à prendre leurs distances. Chacun sent bien que plus ils s’éloigneront de la " jungle " politique et plus ils seront considérés. Ce constat est valable à l’échelon national ou même local. Sarkozy l’applique avec d’autant plus de bonheur que les personnes concernées ont bien compris que leur présence en tête des troupes étaient pas forcément porteuse en terme d’image.
DES HYPOTHESES RENTABLES
Par exemple, comme il souhaite récupérer le poste de président du Fonds Monétaire International qui revient traditionnellement à un Européen pour diriger on évoque les noms de…. Laurent Fabius et de Dominique Strauss-Kahn, écrit Le Monde. Une " fuite " qui, même si elle se révèle, totalement fausse ne fait pas de mal en terme d’esprit d’ouverture présidentiel.
L'ancien ministre espagnol des Finances Rodrigo Rato a annoncé la semaine dernière qu'il souhaitait, pour des raisons personnelles, quitter son poste de directeur général du Fonds monétaire international et donc ouvrir une succession plutôt orientée vers le centre gauche. "Ce serait bien qu'on récupère le poste pour la France", déclarait hier le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, soulignant cependant qu'un travail diplomatique préalable reste à faire. "Il faut que nos partenaires européens et américains soient approchés, alors que les Italiens ont des candidats", explique-t-il.
Pour faire coup double en lançant une candidature française l’Elysée tente de priver le Parti socialiste de l’un de ses poids-lourds.
On fait donc circuler les noms de l'ex-Premier ministre Laurent Fabius et de l'ancien ministre des Finances Dominique Strauss-Kahn. "Ces noms sont intéressants. Un bon ministre des Finances, c'est bien. A ma connaissance, ils ne sont pas indifférents", indique en effet Claude Guéant. Laurent Fabius, qui devrait être reçu aujourd’hui une seconde fois par le président Nicolas Sarkozy, aurait cependant déclaré: "Le sujet n'a jamais été abordé et aucune proposition ne m'a été faite."
Il faut cependant avouer que le poste prestigieux a de quoi tenter un homme d’Etat " oublié " par son parti depuis des mois malgré son intervention décisive dans la campagne des législatives sur la TVA sociale. On a bien été obligé de constater que les député(e)s une fois installées dans la certitude de leur victoire avaient oublié les 3 points que leur a apporté l’intervention de l’ex-Premier Ministre face à Borloo ! Mais il paraît qu’il en est toujours ainsi en politique. Dans l’immédiat ce sujet ne viendra sur la place publique que dans plusieurs mois car rien ne dit que les américains et les Européens acceptent un socialiste français à la tête du FMI ! La proposition n’engage donc que les journaux qui la publient ! Mais de toutes les manières le mal sera fait.
UNE AVENTURE INDIVIDUELLE
Une autre tentative est beaucoup plus avancée et provoque davantage de remous entre Ségolénistes. Le feu couve en effet sous la cendre entre Jack Lang et le patron du groupe PS à l’Assemblée Jean-Marc Ayrault. Alors que d’insistantes rumeurs installent le médiatique Jack au sein, voire à la tête de la commission sur la réforme institutionnelle annoncée par François Fillon, le second l’avait mis en garde, mercredi : "Il faut de la clarté", posait Ayrault, déconseillant à Lang de "se fourvoyer dans une aventure individuelle". Et précisant qu’en cas d’acceptation, il ne serait plus membre du groupe socialiste.
Offusqué, l’intéressé a vivement répliqué, hier, dans une lettre rendue publique : " Les propos que tu as tenus à mon sujet ne sont pas dignes ", écrit-il au député-maire de Nantes. Avant d’ajouter qu’il boycotterait les " réunions du groupe socialiste aussi longtemps que tu le présideras avec de telles méthodes ". Lang, donc, est "scandalisé", comme il l’indique à Libération. "Une véritable honte", "inadmissible", "inexcusable", "révoltant", tempêtait-il hier. "J’obéis à ma conscience, pas à des menaces. Je n’ai aucune leçon ni aucune injonction à recevoir. J’ai été assez loyal avec le Parti socialiste depuis tant d’années pour être traité autrement. Trop, c’est trop." Et d’en appeler à François Hollande : "J’attends du premier secrétaire qu’ils désavoue les propos de Ayrault et qu’il exprime sa solidarité comme je l’ai fait moi même à son endroit." Un premier secrétaire que Lang dit avoir "consulté", tout comme Ayrault, après avoir été approché par l’Élysée. Sur le fond, pourtant, l’ancien ministre de François Mitterrand se montre peu disert. "La question m’a été posée. Pour l’heure, je n’ai pas l’intention d’accepter une quelconque mission dont je ne connais même pas les contours. A ce jour, je ne sais même pas où ça en est. Je n’ai aucune nouvelle." La révolte est belle et flamboyante. Un peu trop pour être sincère ? "On me rend ma liberté, je reprends ma liberté ", dit-il, ravi de l’aubaine. C’est un grand classique.Il essaie de retourner la situation en jouant la victime car il a bien vu que ce principe marchait pour les autres malmenés par ces Socialistes intolérants et passéistes. La tactique marche parfaitement depuis quelques semaines.
L’OCCASION FAIT LE LARRON
Jack Lang utilise-t-il la mise en garde de Ayrault pour prendre ses distances, et préparer son entrée dans la commission sur les institutions, voire plus. Il ne faut même pas se poser la question : "Je ne quitte évidemment pas le PS", prévient l’ex-Ministre de la culture, qui s’affirme "pleinement socialiste et ancré à gauche, mais en même temps pleinement libre". C’est à la mode. Et de distiller quelques doutes quant à son maintien dans les instances du parti : "Je m’interroge sur ma participation au secrétariat national." Tiens donc lui aussi quitterait le navire amiral ?
A l’en croire, le PS correspond de moins en moins à sa conception moderne la vie politique : "Pas un seul haut dirigeant du parti n’a eu la moindre autocritique à propos des campagnes menées . Je demande un peu d’humilité. Et je ne parle pas seulement pour Ayrault. Les rapports humains entre socialistes sont devenus irrespirables." Il est vrai que dès que l’on ose formuler une critique sur la campagne présidentielle on se prend une bordée à sombrer en quelques minutes. A tous les niveaux, de la soute des sections à la passerelle de commandement il est interdit de témoigner du moindre doute sur la conduite des opérations. A l’intérieur il faut se taire mais dehors on est… libre !
Seraient-ils soudain devenus nettement plus aimables et lucides du côté de la droite ? C’est à croire car Jack Lang, en tout cas, "trouve très positive la réforme des institutions". L’intéressé nie évidemment toute ambition personnelle. Car on sait qu’il n’en a jamais eue : la Mairie de Paris, le Ministère de l’Education, sa candidature aux Présidentielles, son soutien à Ségolène Royal n’ont été que des actes désintéressés. Ila toujours bénéficié d(élections dans des circonscriptions " royales " et il a même réussi à perdre celle de Blois. Mais bien évidemment il ne doit rien au PS et à ses militants.
Kouchner parti. Védrine sur le départ. Fabius et DSK qui se retirent du Bureau national du PS pour être exonérés des combats sanglants qui se préparent. Ségolène Royal ailleurs et muette jusqu’à la rentrée… Bientôt il ne restera même plus assez d’éléphants pour meubler une cabine téléphonique. Je reste persuadé que la chasse aux éléphants n'arrange que la Droite qui se régale en voyant la paquebot socialiste sans commandement réel!
Mais je déblogue...