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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LA TENDANCE ANTI-RIDES

Il y a des tendances qui ne traversent pas que le parti socialiste mais aussi parfois la société elle-même. Elle sont parfois identiques à ces rivière souterraines qui apparaissent à un moment ou un autre après avoir parcouru des centaines de mètres de manière invisible. Les " sourciers ", en l’occurrence les sociologues, cherchent à détecter leur présence afin d’anticiper les résultats des… sondages futurs. Il faut absolument déterminer la manière dont on doit se positionner pour parvenir à surfer sur l’opinion dominante. Depuis plusieurs mois la vague dominante est celle de l’inutilité de la vie politique et notamment celle reposant sur l’expérience, la durée et la réussite populaire. Ces critères ne semblent plus correspondre à la mentalité bien pensante.
Depuis plusieurs mois monte une nouvelle donne : la notoriété suffit à la réussite et notamment si elle possède une valeur exemplaire. On cherche d’abord à exister avant de prouver. On affirme avoir des droits donnés par les circonstances avant même avoir rempli ses devoirs. Cette attitude a constitué le fondement de la tactique politique mise en œuvre par Nicolas Sarkozy et par son adversaire lors de la campagne. Tout ce qui est formel n’a aucune valeur car il est devenu important de transcender les repères habituels. On doit diluer l’idéal dans l’eau de rose de la " peopolisation " et surtout adapter son discours aux objectifs à atteindre.
Quand on est devant les élus locaux on vante leurs mérites mais on affirme aussi face aux militants qu’il faudra faire le ménage parmi ceux qui détiennent depuis trop longtemps un poste. On prône la diversité quand on veut accaparer un espace vacant mais on la contourne quand elle constitue une menace pour son propre sort ?
La charge permanente contre tout ce qui constituerait une méthode passéiste, à proscrire, à détruire conduit la société globalement à ôter toute valeur à la solidité de connaissances acquises sur le terrain, dans le travail au profit de l’intérêt collectif. Il est certain que le milieu politique ressemble étrangement à celui de l’entreprise où l’on de hâte parfois à se débarrasser de celles et ceux qui ont un tant soit peu d’ancienneté. La chasse aux " vieux " au nom de la nécessaire relève avait débuté dans une confidence faite dans un avion par Lionel Jospin aux journalistes sur Jacques Chirac dans un avion. " Il est trop vieux ! " avait-il lâché avant d’être à son tour lâché par les… vieux !
PROMOTIONS ET OUVERTURES
En fait dans certaines civilisations là où on constitue un conseil des " sages ", chez nous on les oublie du jour au lendemain comme s’il n’y avait aucun intérêt dans leur maintien sur le devant de la scène. Sarkozy a donc voulu faire du neuf , rien que du neuf pour faire oublier qu’il était historiquement le descendant direct du gouvernement précédent. Il a été cherché des inconnus qu’il a expédiés sans grands risques dans l’aréne. Il manie avec aisance l’alternance : promotion de jeunes médiatiques et ouverture sur les vieilles gloires ! N’empêche qu’il s’apercevra qu’il vaut mieux s’appuyer sur le métier que sur l’ambition.
Selon la presse un désaccord sur le comportement de la ministre le justice vis-à-vis de son équipe serait, par exemple, à l’origine de départs précipités. Michel Dobkine, magistrat chevronné dont l’expérience de sous-directeur à la direction des affaires criminelles du ministère de la justice, de procureur général, de directeur de l’Ecole nationale de la magistrature va cruellement faire défaut à Rachida Dati en une période de réformes institutionnelles à la fois très techniques et importantes : lutte contre la récidive, refonte de la carte judiciaire, réforme constitutionnelle, réforme pénitentiaire. Il est souhaitable que la ministre, novice en politique et juriste peu expérimentée, ne se coupe pas des compétences techniques indispensables à l’accomplissement de sa tâche.
Elle sera maintenant encadrée par un directeur de cabinet qui a déjà rempli ces fonctions auprès d’un autre ministre, qui est ancien recteur de l’académie de Bordeaux, ancien directeur d’administration centrale, ancien maire de Vincennes, ancien conseiller régional d’Ile-de-France, fondateur du collectif des étudiants libéraux de France.
Pour la présentation de son projet de loi renforçant la lutte contre la récidive, elle a été cornaquée au Sénat par le très expérimenté Roger Karoutchi, secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, président du groupe UMP au conseil régional d’Ile-de-France, ancien sénateur et ancien député européen.
POUSSE DANS LES CORDES
Quand peu des Ministres actuels ont une expérience électorale, quand beaucoup n’ont jamais présidé un cabinet, quand une forte minorité ne connaît qu’un conseil d’administration comme instance à convaincre il y a un certain danger. Les " oubliés " du gouvernement vont se faire un malin plaisir à les pousser habilement dans les cordes. Cet épisode prouve en effet que l’expérience politique, syndicale, professionnelle et les heures passées avec les militants ne sont pas un luxe et que le marketing politique et la politique de " peopolisation " atteignent leurs limites.
Il arrive aussi que les plus expérimentés ne puissent pas se passer des lumières médiatiques. Ils s’accrochent à tout prix à un poste ou un honneur et ce sont eux qui souvent portent une lourde responsabilité dans l’appréciation faite par les gens sur la politique. Ce comportement n’est pourtant pas plus condamnable que celui des " vedettes " allant d’un camp à l’autre pour, selon eux, faire bouger les lignes ! En fait ils ne font que céder à un chant des sirènes qu’ils ont parfois eux-mêmes pratiqué. Le grand mot c’est " renouvellement " et donc on tente, par tous les moyens, avant d’être limogé, de sortir par le haut.
Jack Lang saura parfaitement exploiter ce filon. Il va se " victimiser " durant quelques jours afin de justifier son acceptation de partir sans l’accord de son parti. Il est vrai que quand il a entendu que la candidate socialiste avait défendu le programme de son parti dans lequel elle ne croyait pas… il se dit qu’il ne risque pas grand chose. Réélu député facilement, n’ayant aucune échéance électorale prochaine, boudé par les éléphants, habile manipulateur médiatique, il sait qu’au cœur de l’été plus personne ne parlera de son départ mais qu’en revanche il trouvera une tribune différente comme l’ont eue avant lui Kouchner, Besson, Bockel, Hirsch, Amara, Védrines… Il existera alors que les autres vont s’engoncer dans des luttes fratricides destinées à désigner celle ou celui qui deviendra Calife à la place du Calife.
FACILITER LES EVASIONS
Le véritable problème c’est que Sarkozy a parfaitement compris l’intérêt de la manœuvre : faciliter les évasions en faisant croire qu’elles étaient spontanées. Il faut pourtant les théâtraliser. Et là Jack Lang sait faire. Voici sa lettre à ce pauvre François Hollande dont on se demande combien de temps il va résister à cette vague de départs : "Au cours de ces cinq dernières années, j'ai travaillé sans relâche auprès de toi et pour notre parti avec loyauté et solidarité. J'ai participé activement à de nombreux combats: campagnes régionales, européennes et présidentielles, ouverture de notre parti à de nombreux adhérents, élaboration du projet socialiste, inscription des jeunes sur les listes électorales.
Aujourd'hui, je ne me reconnais plus à travers les méthodes de direction qui sont les tiennes, en conséquence je te présente ma démission de Secrétaire National et je suspends ma participation aux travaux du Bureau National. Militant socialiste je suis, militant socialiste je reste fidèle à mon idéal de toujours. En particulier, je continuerai à combattre vigoureusement la politique économique et sociale de la droite.
Citoyen libre, je servirai mon pays selon les règles de conduite que seule ma conscience me dictera et fort de la confiance populaire qui m'est accordée."
En fait si l’on décode le langage politique on en arrive à une conclusion simple : le parti ne sert qu’à se faire élire et ensuite on devient un " citoyen libre ". Le léger problème c’est qu’il y aura un léger décalage avec l’électorat qui ne l’a probablement pas élu pour qu’il aille voir ailleurs qu’au P.S. C’est la privilège de l’âge qu celui de savoir que la vérité d’aujourd’hui n’a jamais été celle de demain !
Mais je déblogue…  
 
 
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