Alastair Campbell, collaborateur de Tony Blair se dépêche de publier ses mémoires. Il égratigne au passage quelques dirigeants européens, comme l'ancien Chancelier allemand Gerard Schröder qui, lors des négociations budgétaires européennes en 1999, aurait suggéré à Tony Blair "d'aller se faire foutre".
Le livre rapporte par ailleurs l'attitude "extraordinairement impolie" de l'ex-président français Jacques Chirac à Tokyo lors d'un sommet du G8 en juillet 2000. Alors que le secrétaire américain au Trésor Larry Summers se lançait dans une longue intervention, "Chirac s'est renversé sur sa chaise, la tête en arrière, il a ronflé bruyamment, puis après quelques minutes il a poussé un grognement sonore selon Tony Blair et il a crié 'trop long, trop long, en anglais pendant que Summers n'arrêtait pas de parler", raconte-t-il. Un témoignage pathétique sur les grands de ce monde.
Tony Blair "a dit qu'il n'avait jamais vu une manifestation aussi impressionnante d'impolitesse et d'anti-américanisme", poursuit Campbell. Cette anecdote révèle une facette du talent diplomatique de Chirac que personne ne soupçonnait. Avec lui, l’expression " ça va ronfler " n’a pas le même sens qu’avec les autres. Le ronflement, fléau de la vie de couple, témoigne donc parfois d’un véritable anti-américanisme primaire ! Il faut en convenir, c’est un signe au moins aussi fort que le fameux moment où Nikita Khrouchtchev tapa sur la table du conseil permanent de l’ONU avec sa chaussure ! On reste pantois devant un tel esprit de résistance. En plus, il pouvait mettre en péril la vie même du Président, et si Blair avait été un véritable ami de la France il aurait réveillé son voisin au lieu de l’accabler.
Le ronflement chronique ne doit en effet plus être traité comme un phénomène normal, un objet de dérision, ou la cause assez fréquente d'une mésentente conjugale. Il s'agit en réalité d'une asphyxie chronique, d'autant plus sévère que le bruit émis est plus intense, et dont les conséquences physio-pathologiques multiples paraissent si évidentes que ce symptôme pourtant bien banal doit maintenant être considéré comme une véritable maladie. Chirac était donc bel et bien malade !
SOMMEIL PROFOND
La plupart des gens savent pourtant que le ronflement est souvent en rapport avec des problèmes respiratoires durant le sommeil. Ces difficultés surviennent notamment lorsque les muscles de l'arrière-gorge, du palais, de la luette et de la langue, se relâchent pendant le sommeil profond et vibrent bruyamment au passage de l'air durant l'inspiration. Le passage de l'air est d'autant plus limité quand la luette et le voile du palais sont plus relâchés et volumineux. Si la personne qui ronfle présente également un problème de congestion nasale, l'air aura encore plus de difficultés à passer dans les voies respiratoires, ce qui ne fera qu'intensifier le ronflement, et donc la nuisance sonore pour son entourage.
Sur le plan social, le ronflement est une gêne qui peut… détruire un couple, obligeant les conjoints à "faire chambre à part", entraînant une irritation croissante de l'entourage, et rendant les voyages et les vacances souvent infernales. On dit d’ailleurs qu’à l’Elysée Bernadette avait pris ses distances depuis belle lurette ! Elle n’avait pas envisagé de passer ses nuits avec un résistant…aux théories économiques libérales américaines. Bernadette savait pourtant que son mari ne manquait pas d’air et qu’il pouvait, à tout moment, endormir toute méfiance de son auditoire.
Son ronflement en pareilles circonstances a les brillantes apparences du défi, alors qu’il est considéré comme une nuisance fréquente, puisqu'on estime que plus de 40 % des adultes de plus de 50 ans ronflent de manière régulière. Il est plus fréquent chez l'homme d'âge moyen que chez la femme du même âge, mais à la ménopause il devient aussi fréquent dans les 2 sexes. Il peut atteindre une intensité de 90 à 100 dB, équivalent au passage d'un… camion à proximité, et avoir des conséquences sociales importantes dans les relations avec l'entourage. En l’occurrence, on ne sait pas trop si Blair a dénoté dans l’intensité sonore un geste fort de contestation.
On a bien vu cependant que cette dramatique histoire met à mal le concept même de la diplomatie. Dans le fond, bien plus que des discours interminables, Chirac a résumé en quelques grognements ses positions sur l’efficacité de ce type de rencontres purement théoriques entre gens de ce que certains considèrent comme du beau monde !
HYGIENE DE VIE
Il existe pourtant aujourd'hui plusieurs solutions qui ont fait leur preuves pour éviter pareil drame de la vie sociale. Ils vont du simple régime à l'acte chirurgical. Une seul fois Chirac a eu recours à le seconde solution, en dissolvant l’assemblée nationale et en provoquant des dégâts collatéraux beaucoup plus graves que le mal lui-même !
En adoptant une bonne hygiène de vie, on peut aussi atténuer, voir arrêter les ronflements, mais pour les cas de ronflements accompagnés d'apnées du sommeil, il y a d'autres méthodes plus lourdes mais très efficaces.
D'une façon générale, il vaut mieux éviter ou modérer toutes les substances telles que le tabac, qui irrite la muqueuse nasale, l'alcool, qui diminue la force des muscles de la gorge (qui se rétrécit alors) et les somnifères, qui font sombrer dans un sommeil très profond et favorisent ainsi le relâchement musculaire. Ces conseils pourraient induire que notre Président bien aimé, élu massivement pour effecteur une politique de droite, dissimulait des défauts relativement lourds.
Il fumait. On le savait. Il buvait des Corona. On l’avait vérifié. Mais nous avons ignoré très longtemps qu’il prenait du Lexomil lors des grands rendez-vous internationaux pour masquer son angoisse. Les hommes "légèrement enveloppés " étant également très souvent confrontés au ronflement, on pressentait que la situation globale n’était guère brillante. En effet, alors que les femmes ont tendance à s'arrondir du bas, les hommes, eux, stockent le surplus de gras dans le haut du corps, d'où le charmant râle nocturne.
Pour certains d'entres eux, un régime peut s'avérer suffisant pour pallier à ce problème. Là on savait que ce n’était pas le genre de la maison, depuis que l’on connaissait le montant des frais de bouche quotidien du couple présidentiel dans son ancienne demeure de l’Hôtel de ville de Paris ! C’est en mangeant trop de tête de veau que Chirac a donc basculé dans l’incorrection diplomatique et l’antiaméricanisme primaire. Il est vrai que Tony Blair ne peut pas comprendre cette situation : bien manger avant de ronfler n’appartient pas évidemment à la culture britannique.
PERTE D’UN ART DE VIVRE
Au-delà des appréciations politiques sur cette attitude de celui qui fut le Président d’une République endormie, il faut convenir que l’attaque des Anglais mérite d’être disséquée. Elle met en effet en péril la vision de l’Europe portée par bien des responsables actuels : homogénéisation des systèmes de vie. On approche de l’américanisation détruisant un art de vivre appartenant à notre patrimoine culturel. Jacques Chirac a ce jour-là publiquement défendu la sieste à la Française, dont on sait combien elle se pratique en n’importe quelles circonstances après un bon repas ! Le mot sieste vient du latin "sixta" qui signifie "la sixième heure du jour", et appartient en effet à une longue tradition de l’Europe du sud réputée inactive, peu sérieuse et donc peu efficace.
Elle désigne ainsi le sommeil pris en milieu de journée, vers la sixième heure du jour, mais aussi, plus généralement, toute forme de repos (avec ou sans endormissement) pris en cours de journée, par opposition au sommeil de la nuit.
La vie est une succession de périodes de repos et d'activité, et Chirac n’a donc rien effectué de condamnable, car il a simplement appliqué les principes de l’horloge biologique, et il est essentiel d'organiser correctement ces alternances pour vivre heureux, en bonne santé et rester au maximum de ses possibilités.
Une sieste par jour c'est obéir à nos rythmes biologiques fondamentaux, pour une santé optimale et un mode de vie sain et naturel ! Une interruption de 5 minutes dissout le stress, augmente les performances physiques et psychiques, et fait gagner du temps, en réduisant la durée du sommeil de la nuit suivante d'une durée pouvant aller jusqu'à une ou deux heures.
Nul ne songerait, à part les Anglais, à critiquer un comportement qui n’a pas d’autre but qu’augmenter la vitalité et la créativité, comme ce fut le cas pour Napoléon, Leonard de Vinci, Edison, Einstein... et désormais grâce à un " mouchard " de sa Gracieuse Majesté, pour Chirac ! Le problème c’est qu’on ne s’en est véritablement pas aperçu durant son mandat présidentiel. Comme quoi l’hyper activité de son succeseur apparait comme de plus en plus inquiétante. Il n'est pas prêt de ronfler et de faire la sieste. C'est l'exception qui confirme la règle.
Mais je déblogue…