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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 07:17

La République des apparences obligatoires a parfois des côtés pervers dont on ne mesure pas l'importance pour le système social. Sur de très nombreuses réformes, le Président a pratiqué la Raspa (un pas en avant, deux pas en arrière), ou la course en avant à reculons, et les effets d'annonces jamais suivies de retombées concrètes. Il faudrait établir une énumération des reculades diverses, intervenues après des rodomontades qui ont éclaboussé le menu Peuple. Celui qui refuse le statut de « Roi fainéant » a endossé le costume de Bonaparte parcourant l'Europe et le monde, à la recherche de succès lui permettant d'asseoir son autorité morale en France. Il oublie qu'il y eut, au bout du parcours, après les victoires obtenues grâce au sacrifice de troupes résignées à servir, la retraite de Russie et Waterloo... mais il faut bien avouer que ces références sont très éloignées des parcours des rois francs mérovingiens qui, à partir de 639, fin du règne de Dagobert Ier, donnèrent une vision négative de la monarchie qui n'avait, évidemment, rien de... républicain.
Cette fin de dynastie, marquée par des règnes parfois brefs de souverains souvent très jeunes, à la suite de nombreuses querelles de succession, amena une période d'instabilité politique, où le pouvoir fut détourné par l'aristocratie, en particulier par les maires de Palais comme, notamment, Charles Martel et Pépin le Bref, collaborateurs zélés de monarques, engoncés dans leur certitude d'être les plus forts du monde..
Pépin le Bref fut d'ailleurs le dernier maire du palais, et il écarta Childéric III du trône et devint roi des Francs en 751, fondant ainsi la dynastie des Carolingiens. Son fils Charles, futur Charlemagne, engagea un brillant et rapide renouveau du royaume Franc ce qui fit paraître, par contraste, la fin de règne des Mérovingiens comme une période trouble de l'histoire de France. L'imagerie populaire, en particulier les républicains de l'époque de Jules Ferry, ont perpétué et accentué à travers l'école publique la perception négative de ces rois, qui désormais, ne sont plus  reconnus dans les livres d'Histoire oubliés au fond des armoires dans les classes. On le voyait, sur les gravures, se déplacer sur des chars tirés par des bœufs, ce qui  donnait une impression de lenteur encore plus forte !
Nous sommes donc effectivement bien loin de ces clichés, avec la période des « Speedy-présidents » traversant le monde dans des jets plus ou moins officiels, pour aller négocier des contrats plus faramineux les uns que les autres, et pour aller rechercher la gloire des pacificateurs. L'éloge de le lenteur est passé de mode, puisque nous sommes entrés dans celle de la théorie d'Einstein sur la relativité des actes !
SECRETS ET REVELATIONS
La France grelotte de... plaisir, en se passionnant pour ce qui demeurera le fait politique essentiel de ce début 2009. Il concerne le Ministère de la justice, et des heureux événements qui émaillent sa vie. Le Président s'est, bien évidemment, arrangé pour être au cœur de cette vie ostentatoire qui, par un savant montage entre le « secret » et le « diffusé » vise à mobiliser les foules. En fait, les remous provoqués par la suppression des juges d'instruction a été compensée, dans les médias, par les actes de la Ministre elle-même. Sa vie privée, à la fois cachée et révélée, ressemble fort à une « instruction » dans le système actuel, qui aura permis de briser le principe du secret en de nombreux cas. Il faut savoir que souvent, justement, dans l'intérêt d'une enquête, les enquêteurs savent distiller à des potes journalistes des révélations qui font « monter les enchères ».
L'heureuse Madone, à laquelle l'Ange Gabriel serait venu annoncer un enfantement par l'opération du Saint-Esprit, a appliqué à la lettre l'un des commandements occasionnels du sarkozysme : « travailler plus, pour gagner plus en notoriété ! ». Avoir une mère ministre, c'est pas un cadeau, comme ce fut le cas pour le nouveau né de Bethléem. Voyez la « petite », arrivée avec tambours et trompettes , placée en garde hors de la vue (la garde à vue n'aurait pas été très appréciée) de sa maman, 5 jours seulement après être née : elle mérite déjà la croix de la valeur. Le retour au ministère de la justice... cinq jours après son accouchement, suscite étonnement ou critiques des féministes, même s'il n'y a, médicalement, pas de contre-indication physiologique, et si certaines pensent qu'elle n'avait pas le choix.
Le congé de maternité, pour un salarié, est en France de seize semaines, généralement six avant la naissance et dix après. Mais les ministre n'étant pas soumis au code du travail, recevant non un salaire mais une indemnité, n'ont aucune obligation de ne pas travailler plus pour améliorer leur image !
« C'est un scandale », dit Maya Surduts, du Collectif national pour les droits des femmes. « Les employeurs peuvent s'en servir, faire une pression intolérable sur les femmes », dit-elle encore, craignant une incitation à « s'asseoir sur les conquêtes, les acquis », dans une période où ils ont tendance à être « remis en question ».
Une autre rappelle les luttes pour le congé de maternité. « Dopée à l'adrénaline du pouvoir », la ministre reproduit « l'exploit monstrueux des ouvrières des années 20, dont 20% accouchaient à l'usine ». Elle regrette qu'une telle attitude divise le monde des femmes en « superwomen » et « mauviettes ». La commission européenne vient de proposer, en pure perte, d'allonger à 18 semaines les congés de maternité, y voyant « un investissement permettant aux Européens de mieux organiser leurs vies ». Elle aura du boulot pour convaincre que c'est indispensable dans cette période de crise, durant laquelle l'exemple vient d'en haut.
L'un court partout, annonce tout, résout tout, décrète tout, alors que l'autre revient après une césarienne et une offrande faite aux magazines people, pour apprendre qu'elle n'a plus rien à faire, puisque tout a été réglé par celui qui lui a ostensiblement accordé le baiser de la réconciliation ! Autant de gestes politiques forts, pour le Peuple qui en a bien besoin.
NAISSANCE EN FANFARE
Hier, il y en a eu un autre, tout aussi symbolique pour la France d'en bas ! Elle aura du mal à s'en remettre en constatant que ce sont Tony Blair, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy qui, dans un étonnant ménage à trois, ont annoncé la naissance du nouveau capitalisme. Le bébé se porte bien. Il a déjà toutes les qualités que l'on attend d'un enfant promis à une bel avenir. Les dirigeants actuels de l'Allemagne et de la France lancent un appel à une gouvernance mondiale de l'économie, enjoignant Washington à s'unir pleinement à leurs efforts, au cours d'un colloque à Paris. « A crise mondiale, réponse mondiale » : il doit y avoir « de nouvelles enceintes et de nouvelles décisions », a souligné le président français à l'ouverture de cette manifestation, sur les voies de la régulation du capitalisme mondial.
La chancelière allemande a exprimé l'espoir que de nouvelles règles financières voient le jour « dès le mois d'avril ». Peut-être le premier? 
 Elle a suggéré la création d'un « conseil économique » mondial, aux côtés du Conseil de sécurité de l'ONU. « Il est possible qu'en dehors du Conseil de sécurité, on ait également un Conseil économique qui fasse autre chose que le Conseil économique et social des Nations unies qui passe des mois, des années à rédiger certaines expertises ».  Le G8 (Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, France, Etats-Unis, Japon, Canada, Russie) « n'est plus un groupe qui peut faire régner l'ordre » sur les marchés, a-t-elle souligné... découvrant tout à coup que toutes les déclarations antérieures sur l'efficacité de ce système de régulation des naissances de crises avaient été fausses, inutiles et probablement fallacieuses. Mme Merkel, MM. Blair et Sarkozy ont tous trois souligné la nécessité que les Etats-Unis, qui se sont montrés réticents à l'idée d'une « régulation » plus forte du marché, s'associent pleinement à ces efforts.
« Aucun pays ne peut agir seul aujourd'hui (...), même les Etats-Unis, si puissants soient-ils », a souligné la chancelière allemande qui n'a pas eu de paroles plus sévères à l'égard de son ex-ami George W. Bush, qui serait désormais le principal coupable du désastre du capitalisme du profit outrancier. « Que les choses soient claires: au 21ème siècle il n'y a plus une seule nation qui puisse dire ce qu'il faut faire (...), qui explique aux autres : payez la dette qui est la nôtre ! », a pour sa part, lancé Nicolas Sarkozy ! Alléluia, nous ne serions plus les meilleurs amis des Américains, en compagnie desquels nous étions pourtant prêts à partir en guerre. Pour nous, les choses sont claires depuis belle lurette.
Les Russes ferment le biberon du gaz, les Chinois boudent les empêcheurs de dormir sur les Droits de l'Homme, les Rois mages ont oublié d'apporter leurs oboles dans les banques...même si Obama passe pour être un sauveur potentiel. Bref, le capitalisme rénové a encore des soucis à se faire pour sa croissance.
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

J.J. 10/01/2009 10:42

Voyez comme une fois encore le truc a marché : la polémique à propos des congés de maternité permet de jeter, en plus des 5 fruits et légumes quotidiens et réglementaires, une pomme de discorde parmi les citoyens et citoyennes.Or, le cas de madame Dati n'est pas à mettre en ligne de compte pour entamer une discussion sur ce sujet : cette personne, grâce aux indemnités inhérentes à sa fonction a les moyens, la preuve, de financer le personnel qui lui permet de prendre soin de son rejeton, tâche occupante et préoccupante s'il en est. Connaissez vous beaucoup de néo- parturientes qui ont les moyens de se payer ce genre de luxe ?Qui sont suffisamment déchargées des tâches et de la fatigue quotidiennes pour ne pas aspirer à un peu de repos ?Il est facile de faire le brave quand il n'y a pas de danger.On ne peut comparer que ce qui est comparable. Ce comportement rappelle un peu celui des classes dominantes des siècles passés qui confiaient à des nourrices la tâche "ingrate" de s'occuper des nourrisssons, de façon à pouvoir tenir son salon, recevoir etc... Revers de la médaille, les enfants ainsi élevés avaient souvent plus d'affection pour la nourrice, si elle restait dans la famille, que pour leur mère biologique...La sort de la petite Zorha est-il enviable ?La raison d'état serat-elle compatible avec l'expression d'une véritable affection  maternelle ?

PIETRI Annie 10/01/2009 10:27

@ Claude Ouvrard,Vous venez de découvrir le blog de Jean-Marie Darmian. Vous   le retrouvez tel que vous  l'avez connu lors des grèves de 1968, avec la même fougue, le même enthousiasme, la même soif de justice.
 Moi qui lit ces chroniques chaque jour depuis près de deux ans, et qui les commente, aussi souvent que possible, car j'y retrouve  tout ce que je voudrais pouvoir exprimer moi-même aussi bien que lui, je vous confirme que le temps n'a en rien entamé ses convictions ni son enthousiasme à défendre et à mettre en pratique avec autant de conviction tous les principes républicains auxquels il est toujours aussi attaché.Je me permets d'ajouter - à sa demande - qu'il a été très touché par votre commentaire et souhaiterait vivement que vous lui communiquiez par mail (jmdarmian@club-internet.fr) vos coordonnées personnelles. Soyez assurée qu'il vous répondra. Merci.Annie PIETRI

Claude Ouvrard, ex Cheminade 09/01/2009 23:15

Je viens de découvrir votre blog et de lire votre dernière chronique. J'y ai retrouvé toute la fougue et l'indignation du jeune collègue directeur de l'école de garçons à Castillon la bataille qui s'est dressé à la fin du discours d'un certain général lors des grèves de 68 et que nous regardions à la télé, tous réunis autour d'un poste noir et blanc. C'est vous, le plus jeune d'entre nous qui avez exprimé spontanément notre refus de cette politique rétrograde. Mon fils Christian était dans votre classe de CM2 et ne vous a pas oublié. J'ai aujourd'hui 74 ans et toute récente internaute je prends la liberté de vous dire merci de continuer le combat.

DJEFF 09/01/2009 07:28

Encore une superbe chronique... Même si j'ai apprécié comme à chaque fois la verve de Jean-maire hier soir à CREON, je préfère nettement cette chronique au pessimisme (malheureusement sans doute réaliste) du discours des voeux.Qui a donc dit que la pente était rude ? Elle l'est de plus en plus, mais sera-t'elle insurmontable ???Cordialement.