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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 07:17
Le culte du profit relève pour certains du comportement religieux intégriste. Quelles que soient les circonstances, les adeptes du veau d'or ne se posent aucune question particulière. Il leur est impossible de se détacher de leur dépendance à l'égard du gain. Ils n'admettent pas un seul instant qu'ils puissent être privés de ce qui représente pour eux la réussite suprême. Peu importe l'environnement ou les critiques qui peuvent survenir, il leur faut augmenter leur compte en banque à... n'importe quel prix ! Plus ils en ont amassé et plus ils en veulent, et comme souvent, ils sont les seuls à se fixer les limites de leurs émoluments. L'assureur américain AIG va verser cette année 450 millions de dollars de primes aux responsables de ses activités financières, ceux-là même qui furent à l'origine de ses pertes historiques de 99,3 milliards de dollars l'an dernier, affirmait hier le Wall Street Journal, amplifiant les informations de plusieurs autres médias. Ces bonus sont destinés aux cadres de la filiale londonienne AIG Financial Products, qui ont provoqué la chute, puis la nationalisation, de l'ancien numéro un mondial de l'assurance, en ayant souscrit des contrats qui protégeaient les investisseurs contre la menace de non-remboursement d'investissements à risque. Une partie de ces primes devait être versée dès hier, pour éviter que quelqu'un s'y oppose.
Le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, a écrit au président d'AIG Edward Liddy, nommé par le gouvernement en septembre après la quasi-faillite du groupe, pour se plaindre de cette situation, ajoute le journal. Edward Liddy, tout en reconnaissant que le versement de ces primes était « de mauvais goût (sic) et difficile à recommander (re-sic) », a souligné qu'il lui fallait aller de l'avant pour des raisons légales. L'intervention ministérielle a toutefois permis de réduire le montant des primes qui seront versées cette année... mais à ce niveau là c'est déjà considérable, car certains des bonus versés ne dépassent pas 1.000 dollars, mais sept responsables d'AIG Financial Product devraient recevoir plus de... 3 millions de dollars de primes, selon le New York Times.
Au total, en comptant les primes versées aux cadres des autres activités du groupe (en général, elles, rentables) au titre de 2008 et 2009, AIG devrait débourser cette année 1,2 milliard de dollars de rémunérations variables.
Les pouvoirs publics ont dû mobiliser plus de... 170 milliards de dollars pour éviter une faillite du groupe, qui aurait pu avoir des répercussions en cascade sur l'ensemble de la finance mondiale. Des sommes considérables, dont personne n'a conscience, car jongler avec des milliards devient totalement indécent pour des gens qui grattent euro après euro sur le pain quotidien. Nul n'imagine ce que peut représenter un total de primes de 1,2 milliard ! Songez un peu : si l'on admet par exemple que le gouvernement sarkozyste a réellement débloqué 26 milliards d'euros, on doit se préoccuper de savoir quelles seront les retombées directes pour les 65 millions de personnes vivant en France ! Jamais nous n'aurons le pourcentage d'évaporation de ces fonds, car aucun contrôle réel n'est prévu... au nom de la liberté absolue de gestion des banques et des entreprises.

SEMINAIRE ET RECEPTION
Remarquez qu'ils ont raison de ne pas se gêner, car les scandales succèdent aux scandales comme les milliards succèdent aux milliards... Les dirigeants de la société d'assurance AIG tout juste renflouée par le contribuable pour 85 milliards de dollars, ont ainsi dépensé 440.000 dollars pour un « séminaire » dans le complexe le plus luxueux de Californie. En pleine crise financière, et à peine sauvés de la faillite, les responsables de l'assureur AIG se sont offerts de luxueuses vacances au très sélect hôtel Saint Regis de Monarch Beach, en Californie.
La facture de cette retraite luxueuse s'éleve à 440.000 dollars, dont près de 200.000 dollars pour payer les chambres (à 1.000 dollars la nuit ou plus), et plus de 150.000 dollars pour les repas, ainsi que 23.000 dollars de soins de remise en forme. Critiqué de la Maison Blanche au Capitole pour avoir dépensé ces sommes folles, l'assureur s'est justifié en expliquant que ce séjour avait été offert à des courtiers indépendants, et non à des dirigeants du groupe. Il n'empêche, en pleine débâcle financière, AIG a du accepter sa quasi-nationalisation en septembre pour pouvoir recevoir un prêt-relais de 85 milliards de dollars de la part des autorités américaines...dont une part est donc partie dans un séjour qui a fait chaud au cœur aux assurés de AIG, obligés de vendre leur maison pour... un dollar !
La branche assurances de Fortis, rachetée par BNP-Paribas, avait aussi invité 50 personnes à participer à un « événement culinaire », dans l'hôtel le plus cher de Monaco, pour un coût de 150.000 euros, avait rapporté le quotidien belge De Morgen. Ce déjeuner fut organisé au restaurant Louis XV (trois étoiles au guide Michelin) de l'Hôtel de Paris Monte-Carlo, le plus cher de la Principauté. « Quelques membres de la direction seront présents, mais le groupe consistera essentiellement en des courtiers, des intermédiaires externes », avait indiqué un porte-parole de la banque belgo-néerlandaise, qui a reçu plus de 12 milliards d'euros d'aides publiques !
Il est vrai que ces dépenses somptuaires pourraient simplement être considérées comme des bienfaits pour les hôtels et restaurants de luxe. Ces derniers sont en effet très mal en point, puisque le Président n'a pas obtenu que la TVA à 5,5 % soit immédiatement appliquée. Heureusement, car le déficit de fonctionnement du pays se serait encore aggravé ! Il a seulement diminué les frais, en se faisant héberger gratuitement dans un palace par les industriels mexicains, ce qui devrait être loué comme un acte citoyen en période de crise !

EFFORTS BUDGETAIRES
Heureusement que face à ces dérives, les grands argentiers du monde, qui gèrent, eux, des fonds non spéculatifs fournis par les contribuables, veillent. Le G20 prendra « toutes les mesures nécessaires » pour protéger les grandes institutions financières, assainir le système financier mondial et relancer le crédit, a annoncé samedi, le ministre britannique des Finances, Alistair Darling, à l'issue d'une réunion des ministres des Finances du groupement, à Horsham, dans le sud de Londres.
Les ministres des Finances et banquiers centraux du G20 ont promis de s'engager dans un « effort soutenu » pour relancer la croissance, mise à mal par la crise du crédit, selon le communiqué publié à l'issue de leur réunion.
Pour cela, ils veulent faire en sorte que les banques disposent de capitaux adéquats et puissent faire face à une baisse de leurs avoirs, tandis que les banques centrales maintiendraient aussi longtemps qu'il le faudrait une politique expansionniste. Quant aux engagements fiscaux déjà pris par les gouvernements, ils devraient être mis en œuvre sans tarder. Préparez-vous à payer, si le bouclier fiscal ne vous protège pas, et encore il semble que le gouvernement prépare un reculade symbolique dans ce domaine ! Avant les élections européennes, il faut se préparer à une mesure spectaculaire.
Les argentiers voient également un « besoin urgent » d'augmenter très significativement les ressources du Fonds monétaire international (FMI). Le communiqué indique que leurs pays sont décidés à faire les efforts budgétaires nécessaires pour restaurer la croissance, et que ces efforts seront évalués par le Fonds monétaire international (FMI). Ils veulent également l'enregistrement des fonds spéculatifs (hedge funds), et se sont mis d'accord pour demander aux agences de notation financière de s'enregistrer. Le contrôle tellement détesté par les libéraux va pointer le bout du nez, sans effrayer qui que ce soit, car on en connaît, dans le milieu financier, les limites. On arrivera bien à les contourner, par de subtils artifices comptables, ou par des décisions tellement complexes que personne ne saura démêler l'écheveau des responsabilités.

MILLIARDAIRES EN PERIL
D'ailleurs, dans ce contexte de crise, un « milliardairthon » devrait être organisé tellement la situation des grandes fortunes devient préoccupante. Bill Gates est ainsi redevenu l'homme le plus riche du monde, selon le classement 2009 du magazine Forbes, rendu public mercredi dernier à New York. Cependant, les riches sont également touchés par la crise financière puisque.... deux mille milliards de dollars sont partis en fumée depuis un an dans les coffre-forts des milliardaires de la planète. La nouvelle la plus importante aujourd'hui reste qu'il y ait encore des milliardaires, car depuis mars 2008, la fortune des milliardaires mondiaux a fondu de 4.400 à 2.400 milliards de dollars. C'est une « espèce » en voie de disparition dont le Peuple n'imagine pas les souffrances.
Il ne resterait plus que 793 milliardaires dans le monde, contre 1.125 l'an dernier: 332 noms ont disparu de la liste, essentiellement en Russie, en Inde et en Turquie, trois pays laminés par la crise financière.
Le trio gagnant n'a pas changé et est toujours constitué par le co-fondateur de Microsoft, Bill Gates, l'investisseur américain Warren Buffet et le magnat mexicain des télécommunications Carlos Slim. Mais Warren Buffet et Carlos Slim glissent chacun d'une place : l'Américain Bill Gates a repris la première place qu'il avait cédée à Warren Buffet l'an
dernier après 13 ans d'un règne sans partage. Et leurs fortunes ne sont plus ce qu'elles étaient : Bill Gates passe de 58 à 40 milliards de dollars, Warren Buffet de 62 à 37 milliards et Carlos Slim de 60 à 35 milliards. Les Américains représentent 45% des milliardaires du classement. Les oligarques russes, qui ont perdu au total 369,3 milliards de dollars, sont passés de 87 à 32%, et Moscou cède le rang inédit et remarqué en 2008 de capitale mondiale des milliardaires, qu'elle rend à New York. Le maire de la ville, Michael Bloomberg, est l'un des rares à ne pas avoir perdu d'argent en 2008: avec une fortune en hausse, estimée à 16 milliards de dollars, il se hisse au 17e rang mondial.

Parmi les femmes, la Française Liliane Bettencourt, héritière de L'Oréal, n'est plus la femme la plus riche du monde, mais seulement d'Europe, avec 13,4 milliards de dollars et le 21e rang mondial. L'héritière américaine des magasins Wal-Mart, Alice Walton, est 12e avec 17,6 milliards. Quand on vous dit que c'est plus difficile de vivre avec des milliards que de vivre sans un euro, vous ne voulez pas le croire ? Et pourtant, c'est vrai : vous avez tout à perdre dans le premier cas et tout à gagner dans le second. Le jeudi 19 mars, il faudra avoir une pensée émue pour ces gens qui souffrent !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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