Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Texte Libre

LES STATISTIQUES

VISITEURS UNIQUES

1 074 692

PAGES LUES

7 113 288


MAIS JE DEBLOGUE...

Archives

23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 07:17

Il faut se méfier, dans la vie publique, des femmes et des hommes qui n'ont pas d'humour, car ils se prennent forcément trop au sérieux. Et dans le fond, il n'y a rien de pire que de croire que la vie ne doit être faite que de moments où il ne faudrait absolument pas détendre l'atmosphère. D'ailleurs, en pleine crise, un bon mot, une belle comparaison suffit à modifier totalement les rapports humains si... ces procédés oratoires tombent à point. Il arrive aussi qu'on fasse des saillies déchainant les rires, sans s'en apercevoir, ce qui peut bien évidemment produire l'effet contraire.
Cette situation était arrivée par exemple à Jean-François Poncet, alors Président du Conseil Général du Lot et Garonne qui, lors d'une Sainte Barbe à Laplume, avait eu ce constat dévastateur : « Sans femmes consentantes, il n'y aurait pas de pompiers volontaires », qui lui valu d'entrer dans le gotha des humoristes involontaires. Il vient d'y être rejoint par Ségolène Royal qui, pour reprendre la main sur le plan médiatique avait décidé de s'inviter à la cérémonie d'investiture obamaniaque.
Elle avait absolument tout prévu pour être au cœur de l'événement, comme elle l'avait fait d'ailleurs pour l'élection de Michelle Bachelet au Chili, avant la désignation par les socialistes de leur candidate aux élections présidentielles françaises. Là, de l'avis de tous les officiels chiliens que j'ai personnellement rencontrés, (dont celui qui l'avait accompagnée dans son périple), elle était venue décoder la manière dont le phénomène Bachelet avait grandi et permis d'imposer, via les sondages et la notoriété, une candidature extérieure au processus « normal » des partis. En fait, la Présidente de Charente-Poitou est à l'affût de processus strictement médiatiques expérimentés, afin de se rendre incontournable. Elle a manqué une marche cette semaine en voulant, comme ça arrive souvent, trop en faire.
« Oui, j'ai inspiré Obama et ses équipes nous ont copié », a dit la responsable socialiste en précisant « assumer » par avance les moqueries que ce commentaire pourrait susciter. Le journaliste, Sylvain Cypel, du Monde, déclare, sur le site du quotidien, n'avoir « personnellement pas perçu la réponse de Ségolène Royal comme étant de l'humour ». Modestement il ajoute : « Je peux évidemment m'être mépris, mais la précision sur le fait qu'elle 'assume' m'est apparue confirmer ma perception », ajoute-t-il. Il précise que Ségolène Royal a, la première, abordé ce thème des points communs entre les deux campagnes. « Je lui ai alors posé la question suivante : 'Donc, ce que vous dites, c'est que c'est vous qui avez inspiré la campagne de Barak Obama ?'' Et avec « humour », elle a décoché sa revendication de '' brevet  de campagne... réussie''.
« Je comprends que cette phrase ait pu surprendre ceux qui, à distance, n'avaient ni le son ni l'image : 'Son ego est devenu totalement démesuré !, se sont-il dit ', explique-t-elle. Comment l'a-t-elle deviné? Mais après une conférence de presse « centrée sur le moment historique que nous vivions (...) c'est à une question amicalement provocatrice d'un des journalistes que j'ai répondu de façon humoristique ! », ajoute-t-elle.
AMERICANISATION FORCENEE
Si « la force de l'événement vécu ici et dans le monde » l'a impressionnée, ce n'est pas au point « de perdre la lucidité », insiste Ségolène Royal dans un démenti sur le site Désirs d'avenir. Dommage qu'elle n'assume pas la bravitude de ses propos publics car, dans le fond, il a une part de vérité puisque la manière dont elle avait conçu sa campagne interne au PS reposait sur des principes très américanisés. Il est exact que le recours au soutien massif via des adhésions internet, la constitution de réseaux parallèles à ceux trop sclérosés, le contact direct avec les électrices et les électeurs via les technologies modernes, un discours messianique, l'utilisation des concerts avec vedettes du show-biz comme références, et une attention particulière à la forme des apparitions publiques sont devenus de nouveaux repères en idéologie politique.
Le tout est de savoir si les conseillers d'Obama sont venus les chercher en France, ou s'ils avaient simplement établi un plan de campagne interne au parti républicain, puis externe, basé sur une analyse comparable des comportements sociaux. Et là, ce n'est plus de l'humour mais le terrible constat de l'américanisation de la vie politique hexagonale, ce que je n'ai cessé de dénoncer en son temps. Il faut se poser la question de savoir si ce type d'humour au second degré est crédible dans un pays ravagé par le doute sur ses élus de tous bords. La personnalisation outrancière du régime républicain devient préoccupante, et nous sommes très loin de comprendre le caractère comique de certaines affirmations. Il n'y a plus de grand spécialistes du maniement de la petite phrase qui déclenche l'hilarité générale. Dans le fond, les plus efficaces dans ce domaine demeurent Nicolas Canteloup et les Guignols de l'Info, qui parviennent à décoder les facettes les plus caricaturales de personnages se prenant au sérieux le reste du temps.
C'est bien là le mérite essentiel de ces séquences, car elles offrent une vision synthétique des personnalités visées. Il faut le supporter, et ce n'est pas le plus facile puisque le suffrage universel donne, selon certains, une onction de perfection qui ne souffre pas la caricature. Impossible cependant, à partir du moment où on s'installe sur le devant de la scène, de pouvoir échapper à ce ridicule qui tue. Le moindre faux pas est exploitable, et refuser qu'il en soit ainsi n'arrange pas véritablement les choses. Avec sa figurine sur laquelle on pouvait passer ses nerfs, Nicolas Sarkozy a, par exemple, dévoilé son véritable caractère.
HUMOUR, QUAND TU NOUS TIENS
En première instance, fin octobre, le tribunal avait invoqué « la liberté d'expression et le droit à l'humour » (sic), pour refuser la demande du président de la République. Nicolas Sarkozy a eu gain de cause en appel. La cour d'appel de Paris a estimé que la poupée vaudou à l'effigie du chef de l'Etat constituait bien une « atteinte à la dignité de la personne », par « l'incitation du lecteur à piquer la poupée (...), action que sous-tend l'idée d'un mal physique, serait-il symbolique ».
Toutefois, elle a refusé sa demande de la retirer de la vente, cette mesure n'étant « pas proportionnée et adéquate », et a demandé simplement à l'éditeur d'apposer sur toutes les poupées un bandeau précisant le contenu de la décision de justice. L'éditeur devra également verser au président un euro de dommages et intérêts.
« Je suis tout à fait satisfait » (sic), avait commenté l'avocat du chef de l'Etat, Maître Thierry Herzog, qui « ne regrette nullement » d'avoir interjeté appel. L'avocat, qui a soulevé un nouvel argument devant les juges d'appel (il a estimé que « nul ne pouvatt prendre au sérieux ce procédé et croire qu'il prônerait un culte vaudou tel que pratiqué aux Antilles ») devait encore s'entretenir avec le président « des suites à donner à cette affaire ». Il pourrait en effet décider d'engager une action au civil, et réclamer des dommages et intérêts supplémentaires à Tear Prod. Si l'avocat du président est content, les éditions K&B (société Tear Prod) aussi ! Elles ont dit avoir accueilli « avec un grand soulagement » la décision et elles ont même annoncé qu'elles allaient procéder à un retirage des coffrets.
Pour moins de 13 euros, aiguilles pour les piquer comprises, des kits complets (manuel et poupée vaudou) sont vendus depuis la mi-octobre pour se défouler sur Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. K&B invite ainsi à planter une aiguille dans la buste de la poupée Sarkozy sur un « Casse-toi pauvre con » ou un « Tom Cruise », et dans le ventre de la poupée Royal sur un « Pas fan de la justice chinoise » ou un « Vive le Québec libre ». Pas du goût du président... qui avait aussitôt assigné en référé les éditions K&B, afin qu'elles retirent des poupées vaudou à son effigie, qu'elles commercialisent sur internet.
Le président avait argué du fait que son droit à l'image avait été violé... Même Obama n'a pas osé porter plainte contre Ségolène Royal, alors qu'elle l'a implicitement accusé d'être un vil copieur ! En fait, si elle était pas allée moucharder, personne ne se serait aperçu qu'elle était parmi le parterre acclamant Obama. Un trait d'humour a suffi à (presque) voler la vedette à l'idole du monde du libéralisme maîtrisé. Un coup de génie qui a dû véritablement angoisser Nicolas Sarkozy ! D'ici à ce qu'elle se mette à le copier en courant partout et en faisant autant d'humour que lui quand il annonce avoir sanctionné les banquiers, avoir relancé l'économie, avoir aidé la relance avec le paquet fiscal, avoir sauvé le monde de la crise, il n'y a qu'un pas...
Mais je déblogue...

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article

commentaires

J.J. 24/01/2009 10:00

Je ne me souviens plus de qui est cette citation, peut -être bien de  Bernard Show :Ne prenez pas la vie trop au sérieux, de toute façon vous n'en sortirez pas vivant....