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LES STATISTIQUES

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 07:17
Le zèle reste l'apanage des cours qui gravitaient autour des princes. Ils adoraient que leurs désirs soient devancés. Ils aimaient par-dessus tout ne pas avoir à exiger, mais que l'on courbe l'échine avant même qu'ils aient demandé qu'on le fît. Il y a toujours eu, depuis l'établissement de la République, un relent de Royalisme potentiel dans notre pays. D'ailleurs, l'un des plus grands succès du Canard enchaîne fut de publier chaque semaine, du temps de de Gaulle, un compte-rendu des us et coutumes de la cour, avec un humour extraordinaire.
Actuellement, nous entrons lentement dans une autre période : préfets, commissaires, élus, fonctionnaires, journalistes qui refusent de jouer aux thuriféraires se retrouvent vite exclus d'uns société qui est sans pitié pour les non-courtisans. Chaque semaine, une mutation, une sanction, une pression, une menace, mettent à mal les personnes qui refusent de se plier aux bonnes pratiques souhaitées par l'Elysée. Le pire, c'est que des gens qui devraient résister s'appliquent à devancer les volontés présidentielles. Inutile de  leur demander les raisons d'une telle attitude : ils agissent avant tout pour ne pas risquer de se faire mal voir.
Par exemple, dans des communiqués publiés hier, la Société des journalistes (SDJ) de la rédaction nationale de France 3 et deux syndicats de la chaîne, le SNJ et le SNJ-CGT, protestent contre la convocation de deux journalistes de France 3 par la police judiciaire. Cette convocation, fixée au 1er avril, fait suite à une plainte déposée le 8 juillet 2008 par France 3 pour « vol, recel et contrefaçon » après la diffusion sur internet, en particulier sur Rue89, d'une vidéo montrant Nicolas Sarkozy, hors antenne, avant un passage au  journal « 19/20 » le 30 juin dernier. Deux journalistes de Rue 89 sont également convoqués par la police pour avoir diffusé cette vidéo sur leur site.
A France 3, la CGT (journalistes et techniciens) appelle les salariés à manifester leur soutien aux deux journalistes de France 3, lors d'un rassemblement sur les lieux de leur audition, mercredi prochain à partir de 9h. Il y a fort à parier que ce sera un bide, car personne n'accorde la moindre importance à de tels faits qui mettent pourtant en péril les fondements de notre démocratie. Comment peut-on reprocher à des journalistes d'exploiter un document réel, non truqué, bel et bien identifié, montrant un Président en train de vitupérer contre des employés d'une télévision de service public qui ne lui accordaient pas la place et la déférence qu'il estimait devoir recevoir ?

DES FAITS REELS
Installé dans le studio du 19/20, à quelques minutes du début de son intervention, Nicolas Sarkozy, qui venait d'être accueilli par des manifestants de France Télévisions en colère, était entre les mains des techniciens et maquilleuses de France 3. Face à lui, le directeur de l'information de la chaîne, Paul Nahon, et les trois journalistes Audrey Pulvar, Véronique Auger et Gérard Leclerc. L'ambiance était glaciale.
Sur cette vidéo, que s'était procurée en exclusivité Rue89, Nicolas Sarkozy se plaignait du manque de politesse d'un technicien, en coulisses, qui ne l'avait pas salué : « On n'est pas dans le service public, on est chez les manifestants ». Après que la journaliste Véronique Auger lui ait répondu « C'est la France », il finit par dire que « ça va changer, là » !
Ensuite, il plaisanta sur la « placardisation » de Gérard Leclerc, qui était, avec Véronique Auger, Audrey Pulvar et d'autres présentateurs et rédacteurs en chef de France 3, l'un des signataires d'une tribune très critique sur la réforme en cours, publiée la semaine précédente dans Le Monde : « T'es resté combien de temps au placard ? »
Juste avant que le son ne soit coupé depuis le studio, Nicolas Sarkozy s'assurait que France 3 évoquerait bien son déplacement du jour à Carcassonne. Paul Nahon lui répondit que c'était prévu. Avant, pour plus de certitude, de donner un ordre dans son micro : « Donc on parlera de Carcassonne avec le Président après, hein ? Yes ! Parfait ! » La diffusion de cet extrait par d'autres supports que France 3 a donc valu une plainte zélée de la direction de France 3, soucieuse de protéger son... avenir.
De source proche de l'enquête, on précise que la Brigade de la répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la PJ a convoqué les deux journalistes de France 3, ainsi que le directeur du site Rue89, Pierre Haski, et le journaliste Augustin Scalbert.

DONNER DES GAGES
La SDJ se déclare « choquée par ces convocations qui témoignent de l'empressement irresponsable de nos dirigeants à donner des gages de bonne conduite à l'Elysée ». La SDJ estime « inadmissible qu'un groupe de presse comme le nôtre exige, par la voix de ses avocats, que nos confrères de Rue 89 dénoncent ceux qui leur auraient fourni ces images ».
Le Syndicat national des journalistes (SNJ), premier syndicat de la profession se déclare « totalement solidaire » des quatre journalistes convoqués, « se porte à leurs côtés » et « appelle toute la profession à faire de même », notamment en les accompagnant le jour de la convocation. Cause toujours, tu nous intéresses, car le moment n'est pas venu de prendre des risques. Il faut donc supposer que France 3 portera devant la justice l'utilisation pas ses journalistes de films en caméra cachée, puisqu'ils ont opéré à l'insu des personnes qui sont filmées.
Enfin, le SNJ-CGT souligne que les deux journalistes de France 3 convoqués sont des délégués du personnel, membres de ce syndicat. Il dénonce une « criminalisation de l'action syndicale » et une dérive « inquiétante » pour la liberté de la presse. Mais leurs protestations ne franchiront pas le cercle fermé des journalistes « engagés » dans la défense de leur profession.
Dans un communiqué intitulé « encore une grave atteinte à la liberté de la presse ! », la LDH souligne : « Officiellement, l'Elysée n'a fait aucune démarche, mais dès le lendemain, l'avocat de France 3 écrivait à Rue89 en prétendant que la chaîne du service public avait des droits sur cette vidéo » et « demandait la cessation immédiate de la diffusion de la vidéo, et la révélation des sources ». Une véritable démarche déontologique... à géométrie variable. La preuve !

UNE AUTRE BAVURE
En effet, le secrétaire d'Etat chargé du commerce Hervé Novelli a annoncé son intention de porter plainte contre... France 3 pour avoir mentionné son passé d'extrême droite, dans un reportage diffusé par la station régionale Centre. Selon l'Express.fr : « On ne peut pas dire n'importe quoi sur le passé de Monsieur Novelli, expliquent les défenseurs du Ministre. Son passage par l'extrême droite est une étape dans sa jeunesse politique. On ne peut pas la lui reprocher indéfiniment. » Mais diantre, pourquoi n'a-t-on pas eu la même attitude quand des gens de droite bien pensants ont attaqué Jospin sur son passé trotskyste ? A-t-il porté plainte contre tous les journalistes qui ont cité cette référence, alors qu'il exerçait des fonctions autrement plus importantes que la future tête de liste aux Régionales dans la région centre ?
Le reportage, diffusé mercredi dernier, mentionnait aussi les liens du secrétaire d'État avec l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), au centre d'un scandale portant sur l'utilisation d'une "caisse noire" d'une vingtaine de milliards d'euros entre 2000 et 2007. Comme l'a révélé Libération.fr, Hervé Novelli a obtenu le retrait de la vidéo du site internet du groupe France 3. Il n'a jamais caché son passé politique, même s'il n'est pas mentionné dans les biographies officielles. Dans une interview donnée au Monde en février 2005, il évoquait son passage dans le mouvement d'extrême droite Occident en disant : « Je n'ai pas un regret. Occident, c'était un anticommunisme dans lequel je me reconnais toujours (...) Ne tombons pas dans le piège de la béatification de l'extrême gauche et de la diabolisation de l'extrême droite ». Peu importe ces propos, il faut des victimes pour l'exemple, de telle manière que des faits de ce type ne se renouvellent pas. On a donc vite enlevé le reportage sur le site de France 3, désavouant ainsi, de fait, le journaliste qui avait seulement fait son boulot.
Ces faits illustrent à merveille la réalité actuelle : il n'est plus interdit d'interdire. Ce n'est même plus la peine de le demander, on le fait pour vous avec l'espoir minimum de ne pas déplaire. Selon que vous soyez puissant ou misérable... Cherchez la suite !
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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 07:17

Moins de fonctionnaires, c’est déjà un principe sarkozyste intangible. Il faut exterminer cette race budgétivore en une période… où les impôts servent à des exonérations permanentes et cumulatives destinées à accroître les profits des entrepreneurs, sans pour autant favoriser la création d’emplois. En fait, chaque suppression prive un jeune d’une opportunité de participer à la vie sociale collective en apportant, par sa garantie de salaire,  une forte contribution à la solidarité entre le secteur public et le secteur privé, via ses cotisations.  Désormais, on franchit un cap supplémentaire, avec non seulement la diminution drastique des postes, mais encore des quotas de rentabilité, permettant à l’Etat d’engranger les ressources que ne lui procurent plus les impôts. Ubuesque, dans une démocratie qui passe son temps à s’autodétruire, en présentant la juste  contribution de chacun au fonctionnement de la collectivité comme une injustice  pénalisant un système économique qui consacre le plus clair de son temps à tricher pour s’exonérer de cette contribution… Hier, en effet, est apparu au grand jour la supercherie qui consiste à  piquer dans les poches du contribuable les sommes dont on prétend l’avoir exonéré. « Tenez, on vous déduit 90 € sur vos impôts sur le revenu, mais on ne vous ratera pas  si, devant un radar mobile, vous dépassez la vitesse autorisée de 4 ou 5 kilomètres/ heure ». Le magazine « Auto Plus » publie en effet des notes de service édifiantes.
L'un des documents concerne la ville de Châlons-en-Champagne, dans la Marne, et date du 15 janvier 2009. On lit d'entrée: « Vu les nécessités de décliner notamment des objectifs chiffrés en matière d’activité de voie publique et vu l’analyse des résultats obtenus en 2008, la présente note a pour objet de fixer les objectifs à atteindre en 2009 pour les brigades et unités spécialisées composant l’unité de sécurité de proximité ».  S’ensuit un énoncé hyper précis et détaillé des quotas à réaliser, infraction par infraction. Exemple: « Au cours de l’année 2009, chaque brigade de roulement de jour devra réaliser a minima les objectifs suivants: procéder à 65 interpellations, hors IPM (ivresse publique manifeste, NDLR) et délits routiers. Constater 24 autres délits routiers (défaut de permis ou d’assurance, refus d’obtempérer…), établir 230 T.A. (timbre-amende, NDLR) pour des infractions au Code de la route, hors stationnement (non présentation des pièces administratives, non respect de la signalisation routière, défauts d’équipements…)» Il serait trop long de tout énumérer tellement la liste est détaillée et révélatrice d’une conception du métier de fonctionnaire de police ! Dramatique, car à ce rythme là on ne va pas tarder à privatiser les forces de l’ordre et à les rémunérer de fait au pourcentage ! A noter aussi : les objectifs fixés en matière de sécurité routière sont encore plus élevés pour la brigade de roulement de nuit, du simple au double par rapport à l’équipe de jour: « 400 timbres-amendes pour les infractions type non respect de la signalisation, 150 pour les infractions relatives à un comportement dangereux, comme le non port de la ceinture ou l’usage du téléphone au volant», pour reprendre l’exemple de Châlons-en-Champagne. Ces révélations ne seraient pas inquiétantes si elles ne s’accompagnaient pas, tous les jours, d’une application féroce du culte de la statistique.


DERAPAGES STANDARDS

Cette note de service est-elle un cas isolé, dû à un fonctionnaire particulièrement zélé? Ou bien une pratique devenue monnaie courante dans les services de police? Le porte-parole du syndicat Unsa police - le syndicat unique - , n’est pas du tout surpris par cette note: « Ce n’est pas la première du genre. Des exemples de notes de service de ce type, on en a plein! Pour ne citer que les cas les plus récents: Agen et Marseille.» 
Et d’enchaîner, remonté comme une pendule: «A partir du moment où on fait entrer une logique de rendement dans la police et la gendarmerie… faut pas s’étonner d’avoir des dérapages de ce genre et les conséquences qui vont avec». Il insiste notamment sur la fatigue morale des agents de police, obligés de faire des heures sups pour remplir les objectifs. Ou encore, du fossé qui se creuse entre les policiers et la population. « C’est inévitable quand on privilégie, comme aujourd’hui, la répression à la prévention…»
Quant au secrétaire général adjoint du syndicat de policiers Alliance, il condamne fermement cette pratique, due « à une poignée de fonctionnaires de police zélés.» Mais le plus grave dans cette histoire, selon lui, c'est qu'« avec ces quotas, on empêche l’agent de police de faire preuve de discernement. Lui seul doit savoir sur le terrain quand il doit sanctionner » En fait il n’est question que de mettre des chiffres sur des papiers ou dans un ordinateur en fin de service, pour avoir sa conscience professionnelle en tête. Verbaliser plus, interpeller plus, pour être payé plus, c’est le nouveau slogan de la police nationale ! Il faudrait rétribuer les profs en fonction des zéros distribués, les infirmières en fonction des piqures non faites pour économiser, les juges en fonction de la moyenne des condamnations financières prononcées pour renflouer les caisses des l’Etat !

« Cela dit, ajoute-t-il, si un agent chargé de la circulation revient de sa journée de travail sans avoir mis une seule contravention, y a un problème. C’est comme tout, il faut un juste milieu.» Et là il arrive que l’on s’éloigne un peu de l’équilibre intelligent des choses. Exemple ? Cette aventure bordelaise.


CYCLISTES CRIMINELS

Probablement pour faire grimper les statistiques, dix cyclistes ont été placés en garde à vue dans la nuit de jeudi à vendredi à Bordeaux après avoir été contrôlés positifs à l'éthylotest. Le placement en garde à vue des dix cyclistes ivres a été confirmé de source policière. En raison d'une « surreprésentation des deux-roues dans les accidents de la route » (mais pas les vélos !) , la police bordelaise mène, depuis début mars, une opération qui l'a conduite à dresser un millier de procès-verbaux et à interpeler des dangereux conducteurs, qui prenaient le guidon avec un verre de trop ! Une faute d’une gravité absolue, quand on sait combien d’automobilistes roulent sans alcool mais avec un irrespect total des règles de conduite ! L'une d'entre elles, chargée de communication, âgée de 49 ans, a été contrôlée vendredi au guidon de son vélo avec « 1,2 gramme d'alcool par litre de sang », après un dîner, au cours duquel elle avait consommé « cinq verres de vin ». Elle est restée en garde à vue jusqu'à vendredi en milieu de matinée… pour avoir simplement croisé la route des statisticiens de la police nationale en goguette. « Nous avons traversé Bordeaux à 70 ou 80 km/h, avec le gyrophare et la sirène deux tons », a raconté un autre alcoolovélo, âgé de 30 ans, qui a été placé en garde à vue pour les mêmes raisons, et emmené au commissariat avec un autre cycliste, également contrôlé positif à l'éthylotest. Deux dangereux criminels, transférés directement en cellule.
Après la notification de sa garde à vue, il a été invité à retirer lacets, ceinture, alliance et , selon lui, à « baisser son caleçon », au cas où il aurait pédalé avec un révolver ou un poignard dans son caleçon. La cycliste a indiqué avoir dû se mettre en slip devant une fonctionnaire, avant d'être autorisée à se rhabiller pour être placée dans une cellule où elle a passé le nuit. Il est vrai qu’elle pouvait se pendre avec son soutien gorge ! Difficile de croire qu’une telle opération a été conduite avec la seule volonté de limiter le danger que représentent, pour les automobilistes, les… cyclistes bourrés, circulant en pleine nuit, dans des rues peu fréquentées de Bordeaux ! Il vaut mieux briller devant les caméras,  shooté à l’EPO ou à la DHEA dans le cadre du tour de France, que de rentrer gentiment chez soi avec un verre de vin de trop sur une bicyclette !


D’AUTRES PROBLEMES

Il est vrai que d’autres statistiques sur le vélo sont nettement moins bonnes, et qu’il faut compenser ! On trouve en effet, marqués à l’encre rouge sur les tableaux des chefs, pas moins de… 1 722 Bordelais qui ont porté plainte en 2008 pour le vol de leur bicyclette. Un chiffre en augmentation d'environ 10 % par rapport à l'année précédente et « que l'on peut doubler sans problème », selon le président de Vélo Cité. « Au moins 50 % des gens, voire plus, ne déclarent pas les vols. » Mais il est vrai qu’attraper un voleur de bicyclette, c’est moins aisé que d’attendre sur un trottoir que passe un cycliste lucide ayant préféré rentrer chez lui.
« Le policier qui a enregistré ma plainte m'a dit que c'était le sport local », confie amèrement une victime du même type de mésaventure. Depuis que Bordeaux a multiplié les pistes cyclables, favorisant du même coup l'explosion du nombre de deux-roues en circulation, le vol de vélo est devenu une pratique courante dans l'agglomération. « C'est le revers de la médaille », déplore le responsable de la communication au sein de la direction départementale de la sécurité publique. « Les contrôles sur la voie publique sont notre seule arme pour lutter contre ces vols, mais nous sommes limités car il faut prouver que le vélo a bien été dérobé. » En revanche, ses hommes ont une technique infaillible pour augmenter leur quota de gardes à vue ! Il suffit de faire souffler celui qui est dessus pour avoir un résultat immédiat de grande qualité ! Il serait, par contre, intéressant pour jouer "en vrai" au gendarme et aux voleurs, de savoir combien des 1722 cas signalés ont été résolus, alors qu’on sait fort bien que ces bicyclettes quittent souvent le territoire national ! Il fut un temps où chaque cycle portait une plaque, et maintenant, il est possible de les faire graver. D’autres sujets devraient préoccuper les autorités chargées des statistiques. 
Le scénario est devenu tristement banal : un cycliste de 50 ans circulant à Vélib' est décédé après une collision avec un camion benne « vraisemblablement à cause d'un angle mort ». S'il s'agit du premier accident mortel à vélo de l'année dans la capitale, c'est le sixième impliquant un Vélib' depuis son lancement en juillet 2007. L'angle mort des poids lourds a été la cause principale des accidents mortels à vélo à Paris, il est responsable des cinq victimes à vélo en 2008 ! Il faut donc absolument réfléchir à une proposition de loi pour inciter les camions à s'équiper de rétroviseurs plus larges et de caméras. Paris rappelle aussi que les cyclistes ne sont pas les seules victimes. Depuis le début de l'année, huit personnes circulant à deux-roues motorisées, trois piétons et un automobiliste ont trouvé la mort (vingt-neuf piétons en 2008). Mais on ne nous a pas informé pour savoir si ces victimes avaient un taux d’alcoolémie supérieur à la norme.

Mais je déblogue…

 

 

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 07:17
Pour les briscards de la vie politique, il existe un principe simple mais intangible : la prochaine campagne électorale débute dès le lendemain de l'élection ! Cette doctrine semble avoir inspiré le Président de la République puisque, désormais, il fait le tour de France de ses amis pour tenter de les remotiver et pour relancer une dynamique en perdition. C'est un choix politique absolu, mais qui ne semble pas outre mesure choquer les citoyennes et les citoyens. Il est vrai qu'il lui est plus facile de triompher devant un parterre UMP (dont le déplacement a été financé par qui ?) que de se rendre dans une entreprise en cours de fermeture. L'essentiel, c'est que les stylos, les micros, les caméras, soient présents pour rendre compte de la « ferveur populaire » qui accompagne les paroles simplistes de leur Président. Combien y avait-il, parmi les adeptes présents, de contribuables ayant bénéficié du bouclier fiscal ? Probablement davantage que dans les cortèges du 19 mars dernier.
« J'ai le devoir d'entendre ceux qui manifestent. Mais, j'ai aussi la responsabilité d'écouter ceux qui ne défilent pas », a déclaré Nicolas Sarkozy, avant d'évoquer « ceux qui n'ont pas les moyens de faire grève ». Et il a oublié celles et ceux qui n'ont pas de raison de faire grève...et donc qui ne défilent pas ! C'est plutôt à eux, pourtant, qu' il pense en permanence. « Ceux qui souffrent le plus ne sont pas ceux qui contestent le plus », a ajouté le chef de l'état au cours d'un discours sur sa politique économique, dans une allusion à la journée de mobilisation de jeudi dernier. Il aurait pu se tromper et expliquer à cette assemblée dans laquelle se retrouvaient les ouvriers, les salariés agricoles, les employés, les caissières de grandes surfaces, les mères de famille nombreuses, les enseignants, les assistantes maternelles... que justement « ceux qui ne souffrent pas du tout sont ceux qui contestent le moins ! ».
Comment imaginer que Thierry Morin, PDG de Valéo, aille dans la rue pour protester contre la baisse de son pouvoir d'achat ? C'est pourtant à lui que s'est adressé le Président en campagne, ou tout au moins à ses copains, qui se font pourtant de plus en plus discrets. « Il ne doit plus y avoir de parachutes dorés. Il ne doit plus y avoir de bonus, de distribution d'actions gratuites ou de stock-options dans une entreprise qui reçoit une aide de l'Etat, qui met en œuvre un plan social d'ampleur ou qui recourt massivement au chômage partiel », a tranché le chef de l'Etat. « Percevoir une grosse rémunération en cas d'échec, ce n'est pas responsable, ce n'est pas honnête; qu'un dirigeant qui a mis son entreprise en difficulté puisse partir avec un parachute doré ce n'est pas responsable, ce n'est pas honnête », a-t-il lancé.
Des propos d'estrade, qui chauffent les salles, mais qui ne changent rien à la réalité. Il a en effet aussitôt précisé ses intentions, pour ne pas affoler les troupes UMP : il a remis à l'automne tout projet de loi sur le partage des profits dans les entreprises, si celles-ci ne faisaient pas d'effort en ce sens ! Il serait aussi intéressant de savoir combien ses « frères », Martin Bouygues, Edouard de Rothschild, Antoine Bernheim, Jean-Charles Decaux, Arnaud Largadère, Vincent Bolloré, François Pinault ont reçu cette année de stocks options... au titre de la gestion parfaite de leur propre patrimoine.

LA PEUR ANTIDOTE DE LA PEUR
En campagne électorale, Nicolas Sarkozy revient aux recettes miracles qui lui ont valu ses étoiles au guide Michelin des élections. « La liberté sans la règle ce n'est pas la liberté, la liberté ce n'est pas le droit de faire ou de dire n'importe quoi », a-t-il déclaré. Comment ne pas être d'accord avec lui, car il ne dit surtout pas n'importe quoi et mieux encore il ne promet surtout pas n'importe quoi. « La liberté c'est de pouvoir prendre le métro sans avoir peur des voyous », a-t-il ajouté, avant d'évoquer les récentes agressions dans des établissements scolaires ou les bandes violentes... C'est reparti : on va déposer des projets de lois pour juguler un phénomène social, qui découle d'une statistique que Martin Hirsch n'a pas eu le plaisir de voir reprise par son nouveau mentor : entre janvier 2008 et janvier 2009, le nombre de jeunes au chômage dans des quartiers défavorisés a bondi de... 57,2 %, et il a doublé (+ 104 %) pour les diplômés avec bac + 3 ou plus.
Martin Hirsch a proposé que l'État dépense 1,5 milliard pour financer, pendant deux ans, la plus grande part du salaire de 100 000 jeunes, embauchés en alternance par des entreprises, avant de se rembourser par une baisse « minime » des allégements de cotisations dans les cinq années suivantes. Même si le MEDEF n'est « pas très chaud », M. Hirsch estime que c'est « la meilleure formule pour tout le monde ».
Attendons pour que ces mesures soient adoptées par le gouvernement, car avant, il y a des sujets extrêmement plus urgents à traiter, comme la réforme des collectivités territoriales, visant à éliminer les contre-pouvoirs locaux, ou une énième adaptation du code pénal sur les « bandes ». Il est certain que taper à bras raccourcis sur les élus locaux, et insister fortement sur un nombre réduit de faits divers, c'est beaucoup plus productif que de régler les difficultés d'une jeunesse en déshérence. Diplômés et non-diplômés se retrouvent sur les mêmes marches, celles qui conduisent au pôle emploi ! Plus de places dans les concours de la fonction publique et donc plus d'emplois pour les masterisés ou autres agrégés. « Je ne reviendrai pas sur mon engagement de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite » a-t-il ajouté sous les applaudissements nourris de la salle.

DEMAGOGIE ABSOLUE
  "Je ne suis pas le président de la République qui augmentera les impôts", a-t-il encore rabâché, ajoutant : « On ne réduit pas les injustices en augmentant les impôts »... mais il oublie de dire qu'il fait le maximum pour refiler les dépenses aux autres en leur laissant le soin de les augmenter localement ! De la pure démagogie, quand le même jour, le Président du syndicat des directeurs de maisons de retraite annonce que des milliers de postes seront supprimés dans les établissements publics recevant, par principe, les retraités ou les personnes dépendantes ayant le moins de moyens financiers ! Dure réalité, que la salle partisane de Saint Quentin n'a pas dû entendre sur France Infos !
La campagne va durer. On va mobiliser tous les moyens de l'Etat pour qu'il en soit ainsi. Ville UMP après ville UMP, le Sarkothon va se poursuivre, afin de démontrer qu'il existe encore de bons Français ayant le moral, et peu touchés par la crise. Enthousiastes. Ils sont enthousiasmés par toutes les réformes. D'ailleurs, ils se sont pâmés quand le « candidat » sortant a déclamé : « Chacun d'entre nous doit s'efforcer de ne pas céder à la démagogie, car comme toujours la démagogie enfantera le populisme. Chacun d'entre nous doit se demander tout le temps si ce qu'il décide est juste car la crise, avec les sacrifices qu'elle impose, rend l'injustice encore plus insupportable ». Que c'est beau, car on le sait, le populisme n'est pas présent dans la gouvernance actuelle. Exploiter l'insécurité sans ajouter qui en porte la responsabilité, annoncer des sanctions contre les patrons quand on sait que l'Etat n'a aucun moyen de les faire exécuter, puisqu'il ne siège pas dans les conseils d'administration, faire la morale aux dirigeants quand on a imposé l'un de ses proches à la tête d'un groupement bancaire, parler de justice quand on murmure que le concurrent d'Heuliez, pote du Président, aimerait bien voir disparaître l'entreprise qui peut lui faire de l'ombre sur la voiture électrique : autant de sujets sur lesquels la démagogie est absente !

ENCORE DE L'ESBROUFFE
Les bandes les plus dangereuses vont devenir celles qui vont se constituer à la sortie des usines, avec leur lettre de licenciement en mains. On est même en passe de leur créer un nouveau fichier. La température du chômage restera aussi élevée, mais le thermomètre va changer. Les lettres - de A à E - vont remplacer les chiffres - de 1 à 8 - dans la définition des catégories de chômeurs recensés par le ministère du Travail chaque mois, ont annoncé le directeur de la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), et le directeur général du Pôle emploi. L'objectif affiché de la réforme, qui résulte de deux rapports, l'un élaboré par l'Inspection générale des finances et celle des Affaires sociales, l'autre par le Conseil national de l'information statistique, est de mieux refléter la diversité des situations de chômage.
Jusqu'à présent, étaient comptabilisés, sans distinction, les chômeurs qui n'avaient pas travaillé le mois concerné et ceux qui avaient travaillé moins de 78 heures. Désormais, la référence au type d'emploi recherché va être supprimée. C'est l'existence ou l'absence d'une activité professionnelle durant le mois écoulé qui seront déterminantes. Le A correspondra à l'absence totale d'emploi (quel que soit le type de contrat recherché), le B et le C respectivement à une activité de moins et de plus de 78 heures. Ce changement de règles ne va pas conduire à minorer le chômage, contrairement à ce qui s'était passé en 1995 avec l'isolement des demandeurs d'emploi ayant travaillé au moins 78 heures ou encore en 2007 avec la modification du calcul par l'Insee du taux de chômage au sens du BIT. Selon les évaluations de la Dares, qui seront désormais non seulement corrigées des variations saisonnières, mais aussi des jours ouvrés, le nombre de chômeurs de catégorie A est un peu plus élevé que celui des demandeurs d'emploi de catégorie 1, le plus médiatisé aujourd'hui : 2,305 millions au lieu de 2,204 millions (fin janvier). La nouvelle présentation sera utilisée aujourd'hui pour les chiffres de février.
Pour l'intersyndicale Dares-Insee-Pôle emploi et le comité de défense de la Dares, constitué contre la délocalisation d'une partie des services à Metz, et qui a dû manifester le 19 mars dernier, le compte n'y est cependant pas. Dans un communiqué intitulé « 2 millions qui en cachent 3... », ils critiquent le fait que la nouvelle catégorie A risque de devenir la principale référence en matière de chômage, puisqu'elle figurera en tête du communiqué officiel mensuel, alors qu'elle ne rend compte qu'imparfaitement de la réalité du chômage, comme l'ex-catégorie 1. Peu importe... ces gens là ne sont pas dangereux, car les nantis ne défilent pas dans les rues contre le candidat permanent à la Présidence de la République. Résignés. Ils sont résignés !
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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 07:17
Impossible dans une journée active d'échapper à une sonnerie de téléphone mobile. C'est devenu même extrêmement comique, puisque celles et ceux qui s'offusquent le plus sont celles et ceux qui souvent utilisent ce nouvel outil de communication. Ils consultent fébrilement le leur avec l'inquiétude des naufragés. Impossible que personne ne  cherche à les joindre... et qu'ils soient à ce point abandonnés par les autres. Ils doutent de leur importance, puisqu'ils sont isolés, oubliés, marginalisés par le fait que leur « portable » ne leur confère pas le statut d'appelé du contingent des gens installés dans la vie sociale. Ils se mettent alors à tripoter nerveusement l'instrument fondateur de l'appartenance à un réseau, avec le sentiment qu'il leur faut appeler au secours. Cette fébrilité compte beaucoup moins que celle qui est en passe de s'emparer de la société sur le danger des antennes relais permettant justement que le phénomène du mobile explose. C'est un peu la théorie sociale qui veut que tout le monde veuille les gares du TGV, mais surtout pas les rails qui les relient entre elles, ou toutes les bretelles des autoroutes, mais pas le ruban d'enrobé sur lequel circulent les véhicules. La polémique enfle donc dans tout le pays, et comme le veut une tradition bien française, les scientifiques se divisent. Une confrontation s'organise entre les juges et les savants, au coup par coup, sans que personne ne parvienne réellement à trancher.
Un groupe de scientifiques soulignait hier les dangers des champs électromagnétiques, et notamment de la technologie pour les téléphones sans fil. « Les effets des champs électromagnétiques sur notre santé sont démontrés par l'observation clinique de très nombreuses investigations toxicologiques et biologiques et certaines études épidémiologiques », affirment quatre professeurs, dans une déclaration publiée à l'occasion d'un colloque au Sénat sur l'enjeu sanitaire des technologies sans fil. Cette déclaration réunit l'Allemand Franz Adlkofer, coordinateur du projet de recherche européen Reflex (12 équipes dans 7 états membres), le Français Dominique Belpomme (cancérologue), ainsi que les Suédois Lennart Hardell (cancérologue) et Olle Johansson (département de neurosciences du Karolinska Institute). Ce quatuor vient de jeter un pavé dans la mare. Et il risque bel et bien de faire des vagues. Ces scientifiques pointent en effet « un nombre croissant de malades devenus intolérants aux champs électromagnétiques ».
« On ne peut exclure chez eux l'évolution vers une maladie dégénérative du système nerveux, voire certains cancers », écrivent-ils. Pour eux, cette intolérance pourrait « être à l'origine d'un problème de santé publique majeur » et il y a urgence à appliquer le principe de précaution. Les technologies sans fil et les champs électromagnétiques pulsés sont accusés régulièrement d'avoir des conséquences sur la santé, même si le débat scientifique reste ouvert sur le sujet.
L'opinion publique française réclame une plus grande régulation. 80% des personnes interrogées sont favorables (45% tout à fait, 35% plutôt) à ce que le gouvernement réglemente davantage le développement des antennes relais, selon une enquête BVA réalisée à l'initiative des associations Agir pour l'environnement et Priartem.
16% n'y sont pas favorables (pas du tout 8%, plutôt pas 8%), et 4% ne se prononcent pas. La France, commentent les associations, dispose d'une réglementation « particulièrement laxiste » avec des normes d'exposition maximales plus élevées que nombre de pays européens.

ABORDER LES VRAIS PROBLEMES
Elles demandent l'application du principe de précaution, et une baisse « très significative » des valeurs d'exposition maximales aux champs électromagnétiques des antennes relais, « comme le réclame le Parlement européen », mais il n'est pas certain que l'on obtienne une prise en compte rapide de telles modifications.
Les seuils d'exposition sont fixés en France à 41, 58 ou 61 volts par mètre selon les fréquences (900 MHz, 1.800 MHz ou 2.100 MHz). Les associations réclament que la valeur d'exposition chronique soit fixée à 0,6 V/m. Une sacrée modification des normes !
Une table ronde sur les effets potentiels des téléphones mobiles et des antennes relais sur la santé sera organisée par le ministère de la Santé le 23 avril, à la demande du Premier ministre... mais il ne faut pas en attendre grand-chose, car les intérêts financiers sont considérables. Deux associations réclament des précisions avant la table ronde sur la téléphonie mobile et les antennes relais. Les associations Agir pour l'Environnement et Priartem ont été reçues hier par la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno.
« On est dans les limbes quant à l'organisation, ils ne savent pas très bien quand ça va aboutir, avec quels acteurs, et quels experts seront sollicités », a déclaré à la presse le délégué général d'Agir pour l'Environnement. « Quant au contenu, on ne sait toujours pas si la question des antennes relais va être réintroduite ou pas ». Ce serait tout de même paradoxal que l'on arrive à dialoguer sans spécialistes neutres et sans parler concrètement du sujet principal ! « On a un peu l'impression que c'est un exercice de style et que l'objectif est de faire de la communication autour du sujet sans vraiment chercher de solutions », a-t-il ajouté... comme si ce n'était pas l'habitude avec ce gouvernement !
Selon le ministère de la Santé, chargé de coordonner les travaux, la table ronde du 23 avril « doit permettre de faire le point sur les connaissances scientifiques ainsi que sur les réglementations en vigueur ». Mais selon les associations, la lettre de mission du Premier ministre à Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé, laisse entendre que les antennes relais ne seraient pas un problème de santé publique. Les associations conditionnent leur participation « à l'organisation d'un débat ouvert, sans tabou ni a priori d'aucune sorte ». En attendant, le débat fait rage hors du Minsitère.

DES ONDES PARTOUT
Par décision du 5 Mars 2009 le juge des référés du TGI d'Angers a interdit à la société Orange France de procéder à l'installation d'une antenne-relais dans le clocher d'une église à Notre-Dame d'Alençon dans le Maine et Loire, en invoquant le « risque sanitaire pour les populations riveraines ». Cette antenne devait surplomber les écoles maternelle et primaire de la commune. Or, le magistrat s'est appuyé sur un rapport de la Direction Générale de la Santé, qui précise : « il est préférable de réduire au minimum le niveau d'exposition des personnes potentiellement sensibles tels que les enfants ou certaines personnes malades ». Après les récentes condamnations de Bouygues Telecom et de SFR à démonter des antennes-relais en raison du risque sanitaire, cette troisième décision en peu de temps confirme que la Justice a pris la mesure d'un problème sanitaire qui pourrait affecter l'ensemble de la population. Et il n'y a pas que les antennes, mais bien d'autres aspects du quotidien que nous prenons pour des améliorations de notre confort, alors que souvent ce sont des ennemis de l'intérieur ! Four à micro-ondes, wifi, téléphone portable... Nous évoluons en permanence dans un bain d'ondes. Certaines personnes développent de plus en plus des symptômes parfois assez graves qu'elles attribuent à ces ondes. On appelle cela : l'électrohypersensibilité.
Un ingénieur, diplômé de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Zürich, depuis une dizaine d'années, exerce son activité principale sur un seul thème : mesurer les ondes électromagnétiques présentes dans notre environnement. Démonstration sur un toit de Genève, où il détecte, grâce à un instrument de mesure, des ondes de provenance variées. Nos nombreux appareils utilisent et émettent, parfois 24 heures sur 24, des ondes de diverses formes et différentes fréquences. Premier exemple, l'ingénieur suisse a monté son équipement au quatrième étage d'un appartement classique du centre de Genève. Son analyseur de spectre fournit une sorte de carte des ondes électromagnétiques présentes dans l'appartement, décryptée par le spécialiste : « Trois émetteurs de TNT, un téléphone mobile, les GSM 900 et 1800 pour les natels, l'UMTS pour l'Internet mobile et enfin le wifi. Pour les gens électrosensibles, c'est trop. » affirme ce spécialiste sur un cas concret.
Deuxième mesure, à la campagne cette fois. L'intensité des ondes extérieures y est beaucoup plus faible que dans l'appartement en ville, mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'ondes. Le four à micro-ondes, par exemple, lorsqu'il fonctionne, est tout à fait détectable par Peter : « il est blindé, mais il y a des fuites autorisées, que l'on détecte. » Le téléphone sans fil est la source la plus persistante de la maison. Vu l'ancienneté du modèle, la base émet une onde en permanence, même lorsque le téléphone est sur sa base. Mais personne n'en a conscience !

UN DEBUT DE CAS
Aujourd'hui, ne pas supporter les radiations du quotidien rend la vie très compliquée. Les rayonnements augmentent d'année en année. Les personnes électrosensibles ne savent plus où habiter. Elles ne trouvent plus d'endroit où elles n'ont pas de troubles. Elles commencent à connaître ce type de problème en vivant près d'une antenne de téléphonie mobile. Elles ont ensuite des troubles à cause des appareils Wifi des voisins. Les médecins voient arriver depuis des années dans leur cabinet des patients qui se plaignent de ce type de symptômes. Etablissent-ils un diagnostic ? Selon une récente étude, près de 5% des Suisses pensent par exemple être sensibles aux ondes électromagnétiques, mais l'existence de ce trouble est encore sujette à grande controverse dans le monde scientifique. Certains disent que cela existe, d'autres le contraire.
La majorité des scientifiques pensent qu'une grande partie des troubles dont on entend parler est due à d'autres causes que les rayonnements, mais beaucoup estiment que l'on ne peut pas exclure tout à fait cette possibilité et que l'on a besoin de meilleures recherches sur la question. Que les champs électromagnétiques en soient la cause ou non, les symptômes sont réels et les gens souffrent. Mais pour l'instant, personne ne sait véritablement comment apprécier cette sensibilité. On attend et on va attendre encore des mois ou des années pour se pencher véritablement sur le sujet. On chiffrera discrètement le coût des mesures de précaution et on se réfugiera derrière des conséquences économiques, pour trouver que, dans le fond, la situation n'est pas si grave qu'on le croit : personne n'en est mort !
La justice va donc plus vite que le politique qui continue à privilégier les intérêts de l'Industrie au détriment de la santé publique. Elle va aussi plus vite que les mentalités sociales qui veulent que le confort repose sur la modernité incontrôlée.
Mais je déblogue...
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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 07:17
Toutes les crises ont été profitables à la Droite la plus extrême. C'est une constante dans l'histoire sociale que peu de femmes et d'hommes de gauche prennent en compte dans la période actuelle. Il n'est pas certain du tout qu'une gestion catastrophique de la situation économique débouche sur une alternance politique. Tous les signes prouvent le contraire, et il faut bien convenir que le choix de « l'enlisement », du « pourrissement », de « l'affrontement » peut être considéré comme une action volontariste destinée à renforcer l'éparpillement des oppositions, et donc le renforcement, de fait, de la majorité soutenant Nicolas Sarkozy. Les prises de position gouvernementales, après les manifestations de jeudi, témoignent de cette tactique que Laurent Fabius, avec sa sagacité habituelle, a bel et bien mise sur la table.
L'ex-Premier Ministre s'en est pris, samedi, à la « surdité économico-sociale » du gouvernement, deux jours après la forte mobilisation interprofessionnelle. « Deux à trois millions de personnes dans la rue, et aucune conséquence tirée par le pouvoir: cela montre une surdité économico-sociale. La crise est profonde, la réponse ne peut pas être "'je ne change rien'. A moins que l'exécutif n'ait choisi le pourrissement », déclare-t-il.
« Aujourd'hui, il suffirait d'une allumette pour tout embraser. Notamment chez les jeunes, qui, ne voyant aucun débouché, sont très inquiets. Je mets en garde contre ce risque », poursuit Laurent Fabius... Il est vrai que si l'on se réfère aux moments difficiles précédents,  il n'a pas tort. Le 23 et le 30 juin 1968 resteront en effet les références en la matière. Les stratèges élyséens savent bien que l'angoisse collective qui étreint le peuple peut le conduire à radicaliser ses positions, puis à effectuer machine arrière aussi vite. L'UDR, énième prémice de l'UMP, avait réalisé un hold-up historique, avec 293 députés contre 57 socialistes et 34 communistes. Et si l'opération se renouvelait? Quand on constate que, par exemple, les Socialistes ne sont pas arrivé, hier, à mobiliser sur Paris la foule pour la défense des libertés, on a un signe concret de cette indifférence générale pour les véritables problèmes rongeant la République, et plus encore un avertissement sans frais pour celles et ceux qui penseraient que le concept de l'homme à poigne s'est estompé  dans les esprits. Il sommeille dans les urnes hexagonales, et les opportunistes de tous ordres se tiennent dans les starting-blocks !
« S'embarquer dans un contre-sens qui est de penser que pour défendre la sécurité il faut rogner sur les libertés c'est une erreur, et encore plus une erreur quand on est de gauche », a affirmé Marie-Pierre de la Gontrie.  « La droite en France a souvent l'habitude, lorsqu'il y a une crise sociale, de mettre en place une législation de répression sociale, ce qui a été le cas au moment du deuxième choc pétrolier, dans les années 1980 » avec « la loi sécurité et liberté », affirmait-elle hier dans un Bercy à moitié vide. Partout la Droite renforce ses positions en Europe et se consolide sur la base des nécessités du combat à mener contre la crise. Hier en Italie, on a par exemple franchi un pas supplémentaire. Les héritiers du fascisme italien ont en effet dissous leur mouvement pour fusionner avec le parti conservateur de Silvio Berlusconi et unifier le centre droit, en dépit de rivalités persistantes entre ses dirigeants. L'Alliance nationale (AN), deuxième parti de la coalition gouvernementale, a tenu son dernier congrès à Rome, et approuvé sa fusion avec le Peuple de la liberté (PDL), bloc de centre droit de Silvio Berlusconi. Selon des commentateurs, Gianfranco Fini, dirigeant de l'AN, âgé de 57 ans, et actuel président de la Chambre des députés, attendrait en coulisse de succéder au président du Conseil, âgé de 72 ans, au cas où Silvio Berlusconi déciderait de se retirer.

LA FUSION INIMAGINABLE
S'adressant à 1.800 délégués de l'AN, Gianfranco Fini a déclaré que Silvio Berlusconi était certes le dirigeant du centre droit mais que ses alliés auraient toujours leur mot à dire au sein du nouveau parti, qui tiendra son congrès inaugural le week-end prochain.
« Berlusconi sait que son leadership solide et reconnu ne peut en aucun cas devenir un culte de la personnalité, a-t-il dit. Nous devons veiller à ce que le Peuple de la liberté ne soit pas le parti d'une personne, mais d'un pays. » L'AN, alliée au parti Forza Italia de Berlusconi depuis le milieu des années 1990, a fait campagne avec lui et sous les mêmes couleurs aux élections de l'an dernier, qui ont débouché sur une victoire écrasante du magnat de l'audiovisuel et lui ont valu un troisième mandat.

Bien que Gianfranco Fini ait d'abord paru hésiter à dissoudre l'AN, cette fusion couronne quinze années d'efforts de sa part pour se débarrasser de l'étiquette postfasciste et transformer sa formation en force conservatrice, acceptée sur un plan national. L'Alliance nationale, née en 1994, succédait au Mouvement social italien, fondé par des partisans de Benito Mussolini après sa mort en 1945, le mouvement fasciste du Duce ayant été interdit à l'issue de la guerre. Vêtu avec soin et s'exprimant avec aisance, Gianfranco Fini a évoqué un jour Mussolini comme le plus grand homme d'Etat du XXe siècle. Mais il a depuis lors pris ses distances avec les partisans douteux de l'AN et rompu avec ses éléments les plus durs.
Il s'est aussi appliqué à effacer certains des chapitres les plus noirs du régime mussolinien, en qualifiant les lois raciales antisémites de « sombre page de notre histoire ». Ces efforts ont été récompensés l'an dernier quand il a été nommé président de la chambre basse après le retour de Berlusconi au pouvoir, et lorsque l'AN a obtenu quatre postes ministériels dans son cabinet. Le parti a enregistré un gain supplémentaire avec l'élection d'un de ses représentants, Gianni Alemanno, au poste de maire de Rome - responsabilité incombant pour la première fois à un dirigeant de droite depuis l'époque de Mussolini. Jamais Berlusconi n'a eu une telle embellie, car il a laminé la gauche sous toutes ses formes.

HARO SUR LA JUSTICE
Berlusconi a tracé la voie. Il s'est confronté avec les juges, il domine personnellement ou familialement les médias, il gouverne par décrets plutôt que par la loi, il surfe sur l'insécurité, il exploite l'immigration, il exhorte au profit, il conjugue réforme et modernité... et il tape sur la justice qui l'agace. Restreindre le pouvoir exorbitant des juges d'instruction, séparer les carrières dans la magistrature, limiter l'usage immodéré des écoutes téléphoniques, assouplir les procédures judiciaires, repenser le Code civil et le Code pénal, construire de nouvelles prisons : c'est une fusée à plusieurs étages que le Conseil des ministres italien a décidé début janvier de mettre en chantier pour réformer une justice lente et inefficace. Lanterne rouge de l'Europe, l'Italie a maintes fois été condamnée à Strasbourg pour la durée excessive de ses procès et la disparité de ses jugements, d'une cour à l'autre. Silvio Berlusconi tient beaucoup à cette réforme : « C'est l'un des thèmes qui comptera dans le jugement sur son expérience politique », souligne le jeune garde des Sceaux, Angelino Alfano. Jamais l'Italie n'a connu une réforme de cette envergure. Elle veut restituer une plus large autonomie à la police judiciaire, face aux juges d'instruction, et se propose d'abolir l'obligation de poursuites pénales inscrite dans la Constitution italienne et appliquée, selon la Droite italienne, aujourd'hui de manière abusive et discriminatoire. Nicolas Sarkozy s'est donc largement inspiré de « l'expérience » de son ami italien.
« Le projet de supprimer le juge d'instruction pour confier toutes les enquêtes à un parquet hiérarchisé et dépendant de l'exécutif », prévu dans un pré-rapport du comité Léger pour une réforme pénale, "modifierait en profondeur notre régime procédural alors que les nombreuses réformes législatives que le parlement a adoptées ces derniers mois ne sont pour la plupart pas évaluées et pour certaines pas même en application", a constaté le collectif réuni à l'assemblée nationale samedi, qui compte dans ses rangs l'ancienne juge d'instruction Eva Joly, le juge d'instruction espagnol Baltazar Garzon ou encore l'ancien garde des sceaux Robert Badinter.
Badinter, qui signait samedi un point de vue sur ce thème dans Le Monde, est intervenu lors de cette rencontre. « Si nous devons avoir toute la procédure d'enquête entre les mains du parquet, assisté de la police judiciaire, tel qu'est aujourd'hui le rapport des magistrats du parquet au regard du pouvoir politique, ce n'est pas admissible », a déclaré l'ancien ministre. « Ce ne sera pas un progrès, ce sera une emprise beaucoup plus grande du pouvoir politique sur la marche des affaires individuelles ». Les juges ne disent pas autre chose en Italie.

S'INSPIRER DU CAVALIERE
Sur bien d'autres sujets il existe d'étranges similitudes entre les deux systèmes de gouvernement. En fait, l'Europe repose sur un triangle moins visible que celui « Brown, Merkel, Sarkozy » mais beaucoup plus efficace. Il est composé par la coalition « Barroso-Sarkozy-Berlusconi » dont l'impact sur la conduite des affaires européennes est essentielle. Les racailles, et les banquiers à bonus, sont associés, dans l'ire présidentielle, ou dans sa construction de survie. Les dirigeants de la Société générale, s'attribuant des stock-options indues, et les sauvageons qui ont attaqué, en quelques jours, un lycée à Gagny, des policiers aux Mureaux, et un principal de collège à Garges-lès-Gonesse, aussitôt reçu par le Président, ont bien mérité l'attention de l'Elysée. Selon le site du JDD « C'est le chemin vers 2012 qui est tracé, analyse un proche. Sarkozy va jouer une réélection à la Berlusconi, sur l'ordre et la sécurité. » Ordre économique, que bafoueraient des chefs d'entreprise; sécurité, mise à mal par les bandes... Et l'ordre social et politique, bouleversé par l'extrême gauche d'Olivier Besancenot, le troisième ennemi, la troisième cible, offerte en pâture pour oublier la colère sociale...
Sarkozy ne veut plus conquérir, mais protéger son camp, cette part de l'opinion qui lui reste fidèle, presque stoïquement. C'est pour elle qu'il développe sa stratégie de la tension. C'est la Grande Guerre, on désigne l'ennemi, Besancenot, les voyous, la Société générale... Et on tient, comme à Verdun. Et on fusille les mutins. La patronne des patrons, Laurence Parisot, jadis sarkophile, subit, stupéfaite, un pouvoir qui bouscule les chefs d'entreprise, qui menaçe de légiférer si les patrons ne diminuent pas eux-mêmes leurs rémunérations d'ici à la fin du mois, et qui intervient même dans le domaine sacré: la répartition de la richesse entre salariés et actionnaires ! Là aussi, c'est du berlusconisme. La patronne des patrons italiens (étrange similitude), Emma Marcegaglia, qui a rencontré Silvio Berlusconi la semaine dernière, a demandé à celui-ci de donner de vraies réponses aux demandes des entreprises: en clair, un apport d'argent frais pour soutenir les entreprises à la trésorerie exsangue. Ces propos viennent en réponse aux récentes déclarations du "Cavaliere" qui indiquait que les médias exagéraient les effets de la crise en la qualifiant de "tragique" et que, selon lui, il y avait lieu d'être optimiste, car son gouvernement a fait ce qu'aucun autre gouvernement n'a fait pour soutenir les entreprises. Pour le pouvoir d'achat, c'est encore la solidarité absolue.
Mais je déblogue...
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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 07:17
Depuis de longues années je ne cesse, dans la vie publique, de rappeler que le grand défi de la première moitié du XXI° siècle sera celui des ressources en eau. Et pas seulement en eau potable, mais aussi dans tous les autres secteurs d'utilisation de ce que l'on peut considérer comme le creuset de toute vie. Encore une fois, les palabres trainent et pendant ce temps la crise s'accroît. On recherche des accords sur le minimum, en esquivant la mise en œuvre de mesures drastiques, qui mécontenteraient les pays les plus utilisateurs de la ressource fondamentale pour leur population. Une réunion ministérielle se poursuivait samedi à Istanbul pour tenter de trouver un accord sur une déclaration, à l'issue du cinquième Forum mondial de l'eau, dont nombre d'ONG et d'Etats redoutent qu'elle ne manque d'ambition face la « crise de l'eau ». Ce document, qui doit être publié aujourd'hui et signé par une centaine de pays, marquera l'épilogue d'un Forum qui a rassemblé plus de 25.000 personnes pendant sept jours.
Il énumère un certain nombre d'engagements: mieux gérer la demande en eau, en particulier dans le secteur agricole (70% de la consommation mondiale), favoriser l'accès à l'assainissement, dont 2,5 milliards de personnes sont encore privées, ou encore lutter contre la pollution des cours d'eau comme des nappes phréatiques.
Un article du projet de déclaration, qui stipule que l'accès à l'eau potable est un « besoin » humain fondamental, et non pas un « droit » comme le réclament plusieurs pays, est au cœur de débats animés depuis deux jours. Au-delà du contenu de ce texte, le fonctionnement même du Forum a fait l'objet vendredi de vives critiques de la part de certains mouvements associatifs.
L'ONG canadienne Blue Planet Project, a estimé qu'il ne laissait pas de place aux voix dissidentes, et réclamé qu'il soit placé sous l'égide des Nations unies. « Nous exigeons que l'allocation de l'eau soit décidée dans le cadre d'un forum ouvert, transparent et démocratique, plutôt qu'une foire commerciale pour les grands groupes mondiaux », a-t-elle expliqué au cours d'une conférence de presse. Etonnant ! Alors qu'aujourd'hui, déjà plus de 900 millions de personnes n'ont pas accès à l'eau potable, que 85% des eaux usées sont évacuées sans traitement, et que les prévisions annoncent qu'en 2025, 50% de la population mondiale vivra dans des régions sans accès à l'eau douce, la question de l'eau constitue un des enjeux majeurs du développement dans le siècle qui vient, et mériterait un dialogue aussi large que possible.

64 MILLIARDS DE M 3 SUPPLEMENTAIRES
Les propositions de la délégation française ont été présentées par le ministre et la secrétaire d'Etat chargés de l'écologie, ainsi que par des personnalités représentant notamment le Cercle français de l'eau, le Conseil mondial de l'eau et le Partenariat français pour l'eau (regroupant les acteurs français intervenant au niveau international). Elles concernent notamment, l'assainissement dans les grandes mégalopoles (enjeu sanitaire primordial, quand les 2/3 de la population mondiale vivront dans des villes en 2030), la répartition des coûts pour assurer l'accès à l'eau potable et à l'assainissement, la mise en place d'une gestion des ressources par bassin, pour permettre la coordination et l'arbitrage entre les différents besoins, et la prise en compte du changement climatique.
De 6,5 milliards d'humains aujourd'hui, la population mondiale devrait dépasser 9 milliards en 2050. En suivant ce rythme, la demande en eau devrait augmenter de 64 milliards de m3/an, estime l'ONU... et il ne sera pas possible d'y répondre.
Le texte a longtemps buté sur un mot. La dernière version du projet de déclaration, négocié depuis de longs mois, stipule que l'accès à l'eau potable et à l'assainissement est donc un « besoin humain fondamental », et non pas un « droit ». La différence est absolument essentielle ! Légalement, un « besoin humain » n'a aucune valeur. C'est enfoncer des portes ouvertes. D'ailleurs au moins 30 pays ont aujourd'hui intégré la notion de droit à l'accès à l'eau dans leur constitution. Les Etats-Unis, le Brésil et l'Egypte font partie des pays qui s'y sont, par contre, opposés lors des discussions préparatoires. Lors de la séance plénière, le ministre équatorien de l'eau, Jorge Jurado,  a souligné avec force que son pays reconnaissait « l'eau comme un droit de l'Homme fondamental ». Cette position aurait une véritable valeur symbolique et elle découle d'un simple constat : la planète est en passe de mourir, entraînant dans sa décadence les plus fragiles, les plus déshérités, les plus... assoiffés !

GASPILLAGE HONTEUX
Si la plupart des participants au Forum reconnaissaient qu'il a été un lieu important d'échanges et de foisonnement d'idées, de nombreuses voix ont regretté que les débats soient restés trop souvent à l'écart des sujets les plus sensibles. Dans un rapport publié juste avant le début du Forum, l'ONU avait rappelé sans détours l'urgence du problème : les « crises locales de l'eau » risquent de s'aggraver et de converger vers une « crise globale ». Dénonçant « sous-investissement », « mauvaise gouvernance » et « manque chronique d'intérêt politique », les Nations unies ne font que rappeler des évidences que les pays dits « riches » ne veulent surtout pas voir, car les « usagers » sont, eux, obsédés par le prix d'une prestation à laquelle ils ne prêtent attention qu'au moment d'acquitter la facture. A aucun moment il n'y a une prise de conscience de l'urgence absolue de la situation, en termes, non pas de coût, mais tout simplement en termes d'économie du « produit » lui-même. Tout est toujours trop cher. Tout est pourtant exagérément gaspillé !
90% de l'eau douce est, par exemple, utilisée pour l'agriculture dans les pays pauvres, et 70% dans les autres pays. Il faut jusqu'à 2138 litres d'eau douce pour obtenir un litre d'agro-éthanol. Le développement des agrocarburants, rien qu'au regard de la crise de l'eau douce, est gravement irresponsable. Il existe, ici et maintenant, des solutions écologiques pour alimenter en énergie les transports (électricité éolienne et solaire alimentant des trains et des voitures électriques) mais, comme pour la ressource en eau, on attend d'avoir « rentabilisé » au maximum les filières traditionnelles pour mettre en route des solutions alternatives, qui existent, mais qui détruiraient les profits actuels. La réalité, c'est que le prix de l'eau potable n'est pas encore assez élevé, surtout pour des usages autres que ceux que l'on peut considérer comme fondamentaux pour la vie humaine !

CLIMAT INQUIETANT
Le risque, c'est qu'encore une fois, le forum se sépare pour trois ans, en ayant pavé de bonnes intentions les chemins de l'enfer pour des millions d'êtres humains. Il n'y a pas, pour l'instant, de guerre de l'eau, mais il y a une crise mondiale de l'eau. A cet instant de l'histoire de l'eau, nous nous trouvons confrontés à un défi majeur : utiliser plus de ressources en eau, et en même temps les protéger, les valoriser, les conserver et même les réutiliser. Le spectre du changement climatique alourdit un peu plus un tableau déjà sombre. Il sera ressenti d'abord et avant tout à travers l'eau, que ce soit avec les sécheresses, les inondations, les ouragans, la fonte des glaces ou la montée des océans.
Pourtant, si l'aide dans le secteur de l'eau a enregistré une hausse depuis 2001, après une période de déclin dans les années 90, elle reste à ce jour insuffisante, selon un rapport de l'OCDE, officiellement publié mardi. La crise économique et surtout sociale ne va pas arranger cette situation, car les plans de relance en cours ne vont probablement pas aller jusqu'à leur terme.
Regardez le contenu du plan du président américain Obama, regardez le contenu du plan chinois: lorsqu'ils parlent d'infrastructures, la plupart de ces plans restent vagues et il est difficile de savoir ce qu'ils contiennent vraiment dans ce secteur clé de la société du gaspillage. Celui, extrêmement modeste, mis en place par la France ne fait que des allusions à la marge aux véritables enjeux de demain, car il se contente de redéployer des projets antérieurs essentiellement liés aux déplacements, mais surtout pas à la préservation des ressources fondamentales.
Organisée par l'Unesco, la Journée mondiale de l'eau, est célébrée aujourd'hui, dans l'indifférence générale, sur le thème principal des « eaux transfrontalières ». Les 263 lacs et bassins fluviaux transfrontaliers dans le monde comprennent les territoires de 145 pays, et couvrent près de la moitié des terres immergées de la planète. Chaque pays cherchant à satisfaire ses besoins en eau à partir de ressources limitées, certains prévoient de nombreux conflits à venir, des guerres autour de ces espaces essentiels, des affrontements plus importants que ceux qui ont pu avoir lieu pour le pétrole ou les minerais. L'Unesco reste toutefois confiant et rappelle que durant les 60 dernières années, plus de 200 accords internationaux relatifs à l'eau ont été signés et seulement... 37 cas de violence entre Etats pour l'eau ont été rapportés. On se console comme on peut, et les larmes de crocodiles ne sont pas près de cesser d'alimenter les ruisseaux pouvant faire de grandes rivières de haine.
Mais je déblogue...
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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 19:05
En situation de crise, il existe trois mots clés qui peuvent sauver la démocratie : valeur, équité, responsabilité. Il est actuellement certain que dans la vie politique française ces références n'existent guère, car elles ne rapportent pas ! Tout le monde exploite ces filons sans pour autant demeurer très longtemps sur le sujet. Comme si, de manière générale, le gouvernement pratiquait une sorte de dumping moral consistant à transférer, transférer sans cesse, transférer en permanence les responsabilités vers les autres, en oubliant les valeurs républicaines et en se souciant fort peu de l'équité. L'exemple de ces pratiques vient de la récente manifestation nationale, puisque dans le fond, le Premier Ministre et ses acolytes se sont contentés de refuser toute suite positive aux revendications portées par 3 millions de personnes, niant de fait toute utilité aux manifestations syndicales. Jean-François Copé a estimé, par exemple, que le gouvernement ne peut pas « s'offrir le luxe d'annoncer de nouvelles négociations sociales au rythme des appels à manifester ». Mais, par contre, le patron des députés UMP en a appelé à « la responsabilité » des syndicats, dans un entretien au Monde daté de demain. Comme si, de son côté, le pouvoir actuel n'avait aucune responsabilité particulière dans la situation. Les éditorialistes de la presse écrite, qui ont bien souvent un regard beaucoup plus critique que leurs homologues « je-sais-tout » des télés et surtout des radios - quand ils ne sévissent pas sur les deux - n'ont pas manqué de le souligner !
Alors qu'un nombre record de manifestants est descendu dans la rue jeudi, les éditorialistes de la presse française déplorent majoritairement « l'autisme de François Fillon »  et Nicolas Sarkozy, qui aboutit, selon eux, à un « dialogue de sourds » avec les grévistes. Comment, en effet, admettre que des déclarations intempestives parlent de la valeur du dialogue social alors que, quand il s'impose, il est totalement ignoré !
« Il suffisait ainsi d'entendre hier soir François Fillon, pour mesurer le creusement de ce fossé social entre des syndicats qui attendent plus que les 2,6 milliards d'euros débloqués lors du sommet du 18 février, et un gouvernement qui estime en avoir fait assez », résume l'éditorialiste de Nice-Matin. Personne ne peut honnêtement accuser Nice-Matin d'être le reflet d'une Gauche débridée et irresponsable. Et pourtant, le jugement est sans équivoque ! Même son de cloche avec celui de La Nouvelle République du Centre-Ouest,  qui constate lui aussi que « le Premier ministre (appuyé à l'Assemblée par une majorité UMP très remontée) n'a rien de plus à proposer que la stricte application des mesures de février. Ce n'est pas un dialogue social, c'est un dialogue de sourds. » Le constat se répète d'un quotidien à l'autre, avec finalement la mise en cause dans les événements ultérieurs d'un gouvernement qui continue, vaille que vaille, à défendre l'indéfendable, et à fonder sa politique sur celle de la corbeille de la Bourse !

AUTISME GENERALISE
Une situation dangereuse, selon Sud-Ouest. Car « en refusant un nouveau round social rassemblant syndicats et patronat, le gouvernement a pris la responsabilité d'ignorer la crise morale que traverse la France. » Or, explique-t-on dans ce quotidien, qui vient dans la même semaine de faire deux "une" sur... Alain Juppé et de lui accorder trois pages d'expression libre, on craint le pire. Il est vrai que le Maire de Bordeaux, balayé par une réforme des retraites, sait de quoi il parle, en évoquant l'autisme politique et social. « En politique plus qu'en tout autre domaine, la détermination ne doit jamais virer à l'autisme », avertit Le Courrier de l'Ouest. Jamais on n'a constaté qu'il y avait autant de « handicapés »  politiques à la tête de l'Etat !
L'argument de François Fillon pour expliquer son inflexibilité, analyse La Charente Libre, est qu'il faut « éviter de creuser un déficit public qui a déjà doublé et qui pénaliserait la France lors de la reprise envisagée dès 2010. » Une valeur sur laquelle ironise le Progrès: « C'est son obsession, nous protéger, une vraie mère-poule avec ses poussins, gentils mais pas très malins. Oui, nous avons bien de la chance de l'avoir, François Fillon, ou le pouvoir de dire non, pour notre bien. » Le ton est tout à fait de circonstances, car le Premier Ministre joue au Clémenceau durant la Guerre. Il va dans les tranchées expliquer qu'au nom de l'intérêt supérieur de la Nation, il faut que les salariés se sacrifient et acceptent de mourir socialement comme l'ont fait leurs aïeux à Verdun. Les vagues d'assaut, balayées par la mitrailleuse du profit, comme chez Continental, sont vite ensevelies, afin que les autres qui arrivent derrière n'aient pas peur de l'avenir.
Dans La Montagne, on pense en effet que la posture de Fillon est calculée. « Sur l'échiquier politique, il n'y a pas de place entre Bayrou et Sarkozy », observe-t-il. « Fillon a donc décidé de se faire applaudir sur les bancs de la droite. Il confirme son image de père la rigueur et se sculpte une image pour l'avenir ». Vous voyez qu'avec un brin de lucidité ,des gens bien peuvent finir par être de... gauche sans le savoir !

SOUVENIRS... SOUVENIRS
Un avenir plutôt noir, pour beaucoup d'éditorialistes, comme celui de La République des Pyrénées qui ne mâche pas ses mots : « L'inflexibilité de Nicolas Sarkozy est un jeu dangereux, car la prochaine échéance sera celle du 1er Mai ». Que veut-il rappeler ? Le 1er mai 1968, par exemple, quand Le Monde décrivait ce qui s'était passé : « La manifestation qui s'est déroulée mercredi 1er mai après-midi à Paris, à l'appel de la CGT et du parti communiste, a été, de loin, la plus importante de celles qui, sur l'ensemble du territoire, ont marqué la fête du travail. Pour la première fois depuis quatorze ans, la grande centrale syndicale et le PC ont renoué avec la tradition des défilés du 1er mai, interrompue en 1954 par le gouvernement Laniel, en raison des graves incidents survenus le 14 juillet précédent ».
La population de la capitale avait largement répondu à un appel, auquel avaient refusé de se joindre les unions syndicales parisiennes CFDT et FO en estimant qu'une telle manifestation n'entrait pas dans leurs coutumes. En fait, si l'initiative de la journée revenait officiellement à la CGT, les cédétistes ne voulaient pas se prêter à un mouvement politisé par la présence des communistes. Dès lors, la FGDS (ex-PS) avait également décliné l'invitation. Le PSU, pour sa part, l'avait acceptée, et M. Claude Bourdet, prit place sur l'estrade improvisée avec un camion, au pied de la colonne de Juillet.
De toute façon, si la CGT et les fédérations communistes des départements du district parisien voulaient faire la démonstration de la discipline de leurs troupes, elles ont pleinement réussi. Les organisateurs avaient estimé à cent mille le nombre des personnes (vingt-cinq mille selon la préfecture de police) qui défilèrent, deux heures durant, de la République à la Bastille (à noter que la police n'a guère changé depuis 43 ans pour ses estimations toujours aussi ridicules !). Elles étaient canalisées par un efficace service d'ordre CGT-PC ; il intervint, lorsque des altercations opposèrent des militants à des éléments trotskistes, prochinois et anarchistes, dont certains brandissaient le drapeau noir en réclamant « un gouvernement ouvrier » . Dix-sept personnes avaient été contusionnées. Un groupe d'étudiants parvint cependant à s'intégrer dans le cortège et donc à lancer ce lien social qui allait finir par déborder la CGT !

SURTOUT PAS RESPONSABLE
Face à la situation, Le Républicain lorrain, pense qu'une « initiative politique s'impose. A commencer par un remaniement d'ampleur du gouvernement ». Et L'Humanité de conclure : « Le gouvernement, avant de choisir l'épreuve de force, ferait bien de réfléchir qu'elle n'a de sens que lorsqu'on est le plus fort. L'est-il encore aujourd'hui? » Fermez le ban car les décorations sont distribuées ! A l'Elysée, dans la distribution des rôles, on commence à serrer les fesses ! Nicolas Sarkozy a donc vite réagi aux propos de son principal collaborateur, et il a annoncé vendredi son intention d'évaluer « avant l'été » (tiens donc... En mai par exemple ?), avec les partenaires sociaux, les mesures sociales décidées pour faire face à la crise, se montrant prêt à les compléter « s'il le faut ». Une manière de prétendre que la manifestation n'a pas été suffisante pour justifier un Grenelle social.
« Je proposerai aux syndicats d'évaluer l'impact de toutes ces mesures avant l'été, pour voir ce qu'on peut corriger, ce qu'on doit compléter et ce qu'on peut ajouter », a déclaré le président de la République lors d'une conférence de presse à Bruxelles. « Avant l'été, on évaluera, on complétera, on modifiera, on rajoutera s'il le faut », a-t-il répété. Il a exclu de prendre tout de suite de nouvelles décisions. « Il serait imprudent ou difficile de modifier quelque chose qui n'est pas en vigueur », a-t-il observé.
« Les manifestations » de jeudi en France traduisent « l'inquiétude » des Français « face à la crise mondiale » (mais  surtout pas face à l'absurdité des mesures gouvernementales françaises pour la combattre ?), a déclaré le chef de l'Etat. Il a remarqué que cette inquiétude n'avait « pas régressé depuis un mois et demi » et les manifestations du 29 janvier. « Mais qui aurait pu considérer que l'inquiétude aurait pu régresser entre les manifestations de janvier et celles de mars? », s'est-il demandé. Réponse : tous les couillons qui auraient pu croire dans le bien-fondé de ses réformes !
Faisant valoir que le nombre de grévistes avait été moindre jeudi que le 29 janvier (ndlr: 21,1% dans les trois fonctions publiques contre 25%), Nicolas Sarkozy a également remarqué que « le pays n'a pas été paralysé. Et ça n'a pas nui à la revendication », a-t-il ajouté, fier de ce résultat qui met en évidence la fin effective de la valeur du droit de grève ! Il est donc non responsable, non coupable, et surtout non garant de l'équité républicaine. C'est ça son véritable programme. Le reste n'est qu'illusion !
Mais je déblogue...
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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 07:17
La démagogie, c'est uniquement affirmer des grands principes dont on sait fort bien qu'ils seront inappliqués car inapplicables. Ce comportement fait des ravages dans toutes les démocraties car il condamne tôt ou tard à des reculs sur toutes  les volontés politiques. Comment croire encore en un gouvernement qui brandit des réformes mais qui, sans cesse, recule sur l'ensemble des sujets concrets et s'arqueboute sur des principes idéologiques qui lui permettent simplement de démontrer qu'il est attaché à des symboles. Hier, on a encore assisté à la Bérézina d'un Ministre de rien du tout ou presque. Il se contente de tailler en pièces, selon les principes idéologiques du Club de l'Horloge, le milieu enseignant, en supprimant directement ou indirectement des milliers de postes, en tentant d'humilier le corps enseignant, en trompant l'opinion publique sur le niveau réel de l'éducation, en falsifiant les principes républicains de l'égalité d'accès au savoir... et il recule avec une lâcheté absolue sur des sujets qu'il prétendait pourtant essentiels !
En février, il n'avait par exemple « aucune raison objective » de repousser la réforme de la formation des enseignants. C'est pourtant ce que vient de faire Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale. Il a finalement cédé au souhait de la Conférence des présidents d'université (CPU) en décidant, hier, de reporter d'un an certains aspects de la réforme du dossier de la « mastérisation », qui concerne la formation des enseignants. Seuls quelques points entreront en vigueur dès la rentrée 2009-2010. Dans une lettre adressée aux syndicats, le ministre se dit prêt à « une série de rencontres » et écrit que « les concours seront maintenus dans leur état actuel pour la session 2010 ». Le 12 mars, le gouvernement avait donné cette assurance pour l'agrégation, mais pas pour le capes ni pour le concours de professeur des écoles. C'est encore et toujours un recul, une capitulation en rase campagne qu'il va falloir enregistrer au discrédit d'un gouvernement qui est bunkérisé.
Les syndicats de l'éducation se sont félicités du maintien en l'état des concours. Le SE-UNSA et le SGEN-CFDT disent y avoir vu des « points positifs » et des « annonces importantes ». Pour le secrétaire du SNES-FSU, principal syndicat de l'enseignement supérieur, les syndicats vont pouvoir discuter à nouveau du contenu des épreuves de l'agrégation, du capes et de celles pour devenir professeur des écoles. Ils vont aussi pouvoir renégocier le contenu des enseignements des masters, notamment avec la création d'un comité de suivi de la réforme. Ce qui était impossible, fondamental, indiscutable devient tout à coup inutile, absurde et donc relégué aux oubliettes.
Dans sa lettre, Xavier Darcos annonce en outre des aménagements et donne des assurances qui étaient demandées par les détracteurs de la réforme : les fonctionnaires stagiaires auront un tiers de temps en formation continue, les stages en master 2 « ne seront pas utilisés pour couvrir des besoins en remplacement de personnels en congé ou des besoins permanents d'enseignement », et le recrutement par concours nationaux est qualifié de « principe intangible ». Enfin, les étudiants préparant les concours bénéficieront « dès la rentrée 2009 » de l'offre de stages de 108 heures en masters.

MARCHE ARRIERE TOUTE
Xavier Darcos, confronté, avec Valérie Pécresse, la ministre de l'enseignement supérieur, à une fronde des enseignants et des étudiants sur de nombreux fronts, espère sans doute faire retomber le mouvement. Mais, au contraire, la FSU estime que ce recul du ministre pourrait donner des ailes aux contestataires. La mobilisation du 24 mars est donc maintenue... et on va une nouvelle fois assister à un abandon pur et simple des grands principes, destinés uniquement à masquer des milliers de suppressions de postes ! Rien d'autre n'était fiable et sérieux, car le seul objectif reposait sur des questions comptables de gestion, masquées par des théories absurdes car dénuées de toute crédibilité. Pour autant, toute la réforme n'est pas repoussée, a-t-on insisté au ministère: certains volets entreront bien en vigueur en septembre 2009 (stages de 108 heures en masters, bourses) et, surtout, « les étudiants qui obtiendront le concours 2010 deviendront professeurs stagiaires en septembre 2010 sans passer par l'IUFM ». Il faut bel et bien envisager que tout n'est pas terminé, mais que pour entendre ou voir la réalité, le Ministère reste sourd à l'absurdité du Service Minimum d'Accueil, replié sur des idées réactionnaires, et avide de trouver des coupes sombres pour protéger les bénéficiaires du bouclier fiscal.
Cet aspect porte en effet en germe la suppression, dès cette date, de plusieurs milliers d'emplois d'enseignants-stagiaires, au titre de la politique de non-renouvellement des postes de fonctionnaires partant à la retraite. Cette année réformée de fonctionnaire stagiaire devrait constituer le codeur des « discussions » ouvertes par Xavier Darcos, et saluées par des syndicats qui avaient dénoncé jusqu'alors son « absence de dialogue ». Ceux-ci réclament en effet une formation continue à mi-temps, s'inquiétant de l'absence de référence au rôle des IUFM, intégrés aux universités, dans la lettre de M. Darcos. Ils dénoncent aussi le "flou" persistant en ce qui concerne le volet professionnel de la formation. On va donc refermer un dossier, et vite en ouvrir un autre sur la maternelle ou sur l'école élémentaire, afin de mobiliser d'autres femmes et d'autres hommes contre des réformes obscurantistes. Il faut bien convenir que la recette va commencer à s'épuiser ! Les réformes ne servent à rien, si ce n'est à affaiblir en permanence la crédibilité globale du politique !

JUSTIFICTION DERISOIRE
Autre exemple, celui, extrêmement symbolique, du bouclier fiscal. A la suite de la consternante sortie du ministre du Budget, ce bon ultralibéral d'Eric Woerth, qui le qualifiait de "mesure de justice fiscale, tout simplement"  personne n'imaginait une justification aussi dérisoire d'une mesure purement idéologique. Il fallait en effet oser justifier ainsi qu'on reverse, par exemple, l'équivalent de 30 années de Smic à des contribuables possédant un patrimoine de plus de 15,5 millions d'euros, en invoquant la justice, fût-elle fiscale. C'est sa manie en matière de langue de bois, Woerth ajoute un mot pour noyer le poisson. On se souvient par exemple, lorsque le gouvernement refusait encore d'admettre que la France était entrée dans la crise, malgré le diagnostic de la récession économique posé sans contestation par les chiffres de croissance négative, qu'il se contentait d'avouer une « récession technique »... Même procédé pour le bouclier de la discorde : s'il est, à  l'évidence , immoral et injuste, il est pour Woerth « fiscalement » juste. « Il est logique que, dans l'impôt, il y ait un plafonnement », ajoute-t-il. Voilà autre chose : après la justice, voici la logique appelée en renfort. Logique d'après quoi ? Peut-on aussi affirmer : « Il est logique que, dans les revenus, il y ait un plafonnement » ? Ah non, pas là ? Mais pour les impôts oui ? Mais quelle est cette logique ? Bref, Woeth amuse la galerie avec ses  explications foireuses inexactes.
La droite au pouvoir possède-t-elle d'autres arguments plus convaincants pour interdire qu'on touche à son saint-bouclier ? il n'y en a aucun ! D'abord l'impôt serait confiscatoire dès lors qu'il dépasse 50% des revenus. L'idée semble de bon sens dans l'absolu et appuie sur un vieux fond de poujadisme : « regardez, au secours, on me vole plus de la moitié de ce que je gagne ! » Sauf que le problème est déplacé en l'abordant sous l'angle d'un pourcentage. Si l'on considère plutôt le montant, de combien a besoin quelqu'un qui gagne par exemple 200 millions d'euros par an - ne cherchez pas ailleurs, ce sont les vrais plus grands bénéficiaires du bouclier ! Sur quel poste de son budget devrait-il consentir de douloureux sacrifices, si on ne lui laissait que 20 millions ? Devrait-il renoncer à se nourrir correctement, à cause de la hausse des denrées alimentaires, légumes, fruits, viandes, poissons, pâtes et pain compris ? Non, il aura toujours beaucoup plus que largement assez pour s'offrir le meilleur du bio et du raffinement gastronomique. Quoi alors ? Avec ses maigres 20 millions, risquerait-il de ne plus pouvoir payer son loyer ou les charges de son domicile et de basculer parmi les mal-logés, voire les SDF ? Pas davantage. Il pourra toujours, à ce prix-là, financer en plus de la propriété, le court de tennis privé et la piscine à bulles qui va bien. Sera-t-il alors privé de vacances, comme ces millions de Français qui ne partent plus, faute de boucler les fins de mois ? Plaisanterie : les cinq étoiles du bout du monde lui seront toujours promis pour assouvir ses désirs de farniente. La question qui se pose donc est : que confisque-t-on au juste à notre victime fiscale ?
La rémunération méritée de son labeur ou l'obscène augmentation de l'écart à l'intérieur de l'échelle des revenus - de 1 à 300 ? Elle a créé une caste de princes, régnant sur la multitude de leurs concitoyens (plus cons que citoyens d'ailleurs, de se laisser faire !), une infime minorité pour une légion de serviteurs - voire d'esclaves - économiques. Parce qu'il y en a un paquet, il y a aussi des gens qui ne peuvent plus acheter tous les jours de la nourriture saine à leur famille, qui sont dans la rue, ou mal logés, ou se saignent aux quatre veines pour payer leur logement, pour qui l'idée de vacances relève de l'utopie. Huit millions de pauvres en France, comptabilise l'Insee. Mais pour aider ceux-là, l'Etat n'a pas d'argent ! Alors comment justifier que le demi-milliard d'euros remboursé avec zèle aux protégés du bouclier fiscal ne soit pas, à la place, affecté à ceux qui en ont  vraiment besoin ?

INEGALITES CREUSEES
Quelle philosophie adopter pour parvenir à trouver normal que les inégalités se creusent toujours davantage entre ceux qui n'ont rien - le peuple - et ses élites économiques qui vivent comme des rois ? Au nom de quel humanisme est-il légitime que certains gagnent en quelques mois des sommes qu'un Smicard ne parviendrait pas à approcher durant sa vie entière, usée à travailler plus pour gagner plus ? A l'argument qui dénonce le caractère confiscatoire de l'impôt, la réponse est donc simple : au lieu de regarder combien on prend, voyons combien il reste et on en reparle ensuite !
Deuxième argument, que la droite imagine massue, le bouclier fiscal profiterait (aussi) à des foyers modestes. Sur la base de certains chiffres de 2007 portant sur l'exercice 2006 (avec un bouclier égal alors à 60%), soigneusement sélectionnés, on claironne en Une du Figaro : Le bouclier fiscal profite à des foyers très modestes. Et l'inénarrable Frédéric Lefebvre, toujours présent en tant que porte-parole de l'UMP pour dire une sarkonnerie, de surenchérir en attaquant la gauche, qui « a prétendu que ce dispositif était pour les riches », et « doit reconnaître publiquement son erreur ». Sauf que, pas du tout, évidemment. La manipulation des chiffres était démontée : « les trois quarts des bénéficiaires (74%) ont un revenu fiscal annuel inférieur à 3 750 euros », annonce le quotidien, oubliant de préciser que 234 millions sur les 241 qui ont été reversés sont revenus aux 38% des bénéficiaires les plus fortunés, ceux dont Le Figaro et Lefebvre parlent se partageant les miettes. Confirmation officielle : le bilan intégré au rapport d'information sur l'application des lois fiscales concernant le premier trimestre 2008, que l'on doit au rapporteur général de la commission des finances à l'Assemblée, l'UMPiste Gilles Carrez, établit que 91% des montants sont reversés aux patrimoines supérieurs à 3,7 millions d'euros. Voilà pour l'imposture d'un bouclier fiscal qui ne serait qu'un cadeau aux riches, ce que le pouvoir s'agace d'entendre répéter, mais qui n'en reste pas moins la stricte vérité. « Le bouclier, c'est juste un moyen d'augmenter sans effort et sans mérite la fortune de ceux qui sont déjà les plus riches », résume avec justesse Vincent Drezet, Secrétaire national du Syndicat national unifié des impôts.
Dernière tentative de justifier le bouclier antisocial, l'épouvantail des expatriations fiscales. « On peut désormais rester en France avec des prélèvements supportables", se réjouit la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, annonçant que les expatriations fiscales ont diminué de 15% en 2007, alors que le nombre de retours d'expatriés fiscaux s'est accru de 9%, chiffres de Bercy aussitôt repris par - on vous le donne en mille - Frédéric Lefebvre. L'ennui, explique Le Monde, c'est que ces statistiques s'appuient sur un très faible nombre de personnes : « 719 contribuables redevables de l'impôt sur la fortune (ISF) étaient partis à l'étranger en 2007, contre 843 en 2006 ; 246 expatriés fiscaux sont revenus en France en 2007 quand 226 étaient rentrés en 2006. Difficile, donc, de quantifier l'impact du dispositif. Et si les chiffres se sont améliorés par rapport à 2006, ils restent moins bons qu'en 2005, avant même la création d'un quelconque dispositif. Cette année là, 649 contribuables assujettis à l'ISF s'étaient installés à l'étranger." Même le député Ump Philippe Marini l'admet, contredisant Lagarde : "Il est possible que le dispositif ait eu un impact sur les expatriations fiscales, mais ce n'est pas certain : les échantillons sont trop petits et l'angle de vue des services fiscaux est très mince". On voit bien que ce problème des expatriations fiscales est largement surévalué par la droite et que sa solution pour y remédier est illusoire : même avec le bouclier. Le bouclier fiscal n'est donc finalement qu'une mesure idéologique, emblématique de la droite ultralibérale qui nous gouverne. Dans le fond, c'est consternant, et l'effondrement du gouvernement, qui effectue une retraite sur tous les sujets, a de quoi rendre plus inquiet que satisfait.
Mais je déblogue...
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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 22:58
Mais pourquoi les Françaises et les Français ont-ils la mémoire si courte ? Probablement parfois par simple honte de s'être laissé berner par les propos tonitruants d'une personnalité qui leur a promis qu'il allait régler tout ce qui les tracassait. Les grandes échéances antérieures (législatives et présidentielles), se sont jouées sur des débats montés de toutes pièces avec la complicité d'un système médiatique complaisant, ou se nourrissant de polémiques factices. Par exemple, quel citoyen a encore en mémoire la fameuse « Karchérisation » des banlieues prônée par un Ministre de l'Intérieur extrêmement agressif et sûr de lui ? C'est entré dans le florilège des bons mots avec  « casse-toi, pauvre con... » ou avec « je serai le président du pouvoir d'achat » ou « je vous assure le retour du plein emploi à la fin du mandat »... Dans le fond, comme une bonne vague d'effets d'annonces efface en permanence, sur le sable du quotidien, les réalités éphémères des affirmations péremptoires, on en arrive à croire que rien de tout cela n'a été dit.
L'insécurité a servi de fond de commerce contre des socialistes réputés laxistes, incompétents et surtout oublieux du bien-être de la veuve et de l'orphelin. Les émeutes dans les banlieues : de leur faute ! L'augmentation des agressions violentes : à inscrire au passif de leur faiblesse. Les réseaux économiques parallèles florissants : une marque congénitale du socialisme... Impossible qu'avec les efforts effectués par Nicolas Sarkozy depuis des années et des années, ces tristes constats soient à porter encore à son discrédit ! Et pourtant, depuis quelques semaines la situation globale n'a jamais été aussi catastrophique, et on redécouvre que seule la conscience de l'opinion publique a été karchérisée, car pour l'insécurité, rien n'a changé ! Alors, on rouvre l'épicerie aux idées toutes faites pour se rabibocher avec la frange « terrorisée » de cette France qui tremble devant son téléviseur branché sur TF1.
Les bandes violentes auraient mangé leur pain blanc, si l'on en croit les déclarations présidentielles. En déplacement hier à Gagny, Nicolas Sarkozy leur a lancé un avertissement aussi solennel que celui de la karchérisation proclamée : « Ce ne sont pas les bandes qui vont triompher, c'est la République. »
Accompagné des ministres de l'intérieur et de l'éducation, le chef de l'Etat a annoncé seize mesures policières et judiciaires destinées à combattre ce phénomène, une semaine après l'intrusion dans un lycée de la ville d' un groupe d'une vingtaine de personnes.
Devant les policiers du commissariat de la ville, Nicolas Sarkozy s'est voulu très clair : « Le fait même d'être membre d'une bande doit être un délit ». Comme pour mieux joindre le geste à la parole,  il a annoncé que l'appartenance « en connaissance de cause », à une bande ayant des visées agressives sur des biens ou des personnes, sera punie d'une peine de 3 ans d'emprisonnement. Bien malin celui qui va arriver à prouver l'appartenance de quelqu'un à une bande, dont on connaît la mobilité, la malléabilité et parfois aussi la discrétion. A cela s'ajoutent notamment la création d'un fichier des violences urbaines (encore un !), et la détection - sous dix jours - des 100 à 200 établissements scolaires les plus touchés... Des mesures d'une inefficacité absolue, qui ont fait trembler dans les banlieues en déshérance !

MANQUE DE FONCTIONNAIRES
« L'école sans enseignants et la sécurité sans policiers, ça ne marche pas », a estimé hier le député PS et Président du Conseil général de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone, en réaction à la visite de Nicolas Sarkozy dans son département où, affirme-t-il, « il manque toujours 400 policiers ». Elémentaire comme constat sauf que ce mécréant,  qui ose critiquer les décisions présidentielles, a oublié que le Président de la République se complait à annoncer des mesures inapplicables, puisqu'il supprime dans le même temps tous les postes de fonctionnaires pouvant mettre en œuvre sa politique ! mais peu importe, l'essentiel c'est d'assurer que tout peut s'améliorer sans moyens nouveaux et en supprimant le maximum d'emplois !
« Je me permets de rappeler au président de la République qu'en Seine-Saint-Denis, de sources syndicales, il manque toujours 400 policiers dans nos commissariats suite aux réductions d'effectifs opérées ces dernières années, notamment lorsque M. Sarkozy occupait les fonctions de ministre de l'Intérieur », écrit M. Bartolone dans un communiqué.
Nicolas Sarkozy a en effet annoncé hier, depuis Gagny, où un bande avait mené le 10 mars une expédition punitive dans un lycée, seize mesures policières et judiciaires pour combattre le phénomène des bandes violentes, notamment dans le cadre des établissements scolaires qu'il souhaite voir « sanctuarisés ». Dans le domaine de l'Education, « 366 enseignants manquent à l'appel dans le secondaire » en Seine-Saint-Denis, en espérant que M. Sarkozy « annoncera le rétablissement des effectifs supprimés ». Et il ne parle pas des surveillants, des assistantes sociales, des infirmières, des médecins scolaires dépecés par un Darcos avide de revanche ! Les déclarations présidentielles ont eu un effet foudroyant. Le principal du collège Pablo-Picasso à Garges-lès-Gonesses a été agressé hier par plusieurs jeunes et hospitalisé. Deux mineurs ont été interpellés vers 13 h 15, peu après la bagarre, et placés en garde à vue au commissariat de la ville. Selon les premiers éléments de l'enquête, la bagarre a eu lieu en fin de matinée entre deux collégiens. A cette occasion, un mineur âgé de 15 ans a été placé en garde à vue dans le cadre d'une procédure pour « participation à un attroupement armé » et port d'arme de 6e catégorie ». Preuve que l'annonce d'un autre texte sera inutile et inefficace !

INEFFICACITE ET PROVOCATION
Peu après, une rixe a opposé une vingtaine de jeunes aux abords du collège. Vers 12h30, des collégiens et des personnes extérieures à l'établissement se sont regroupés et ont pris à partie le collégien qui avait été impliqué dans la rixe du matin. Le principal, qui tentait de s'interposer, a alors été roué de coups de pied, de poing et de marteau. Il a été hospitalisé pour des blessures à la main et aux épaules. Pour le vice-président du conseil général de Seine Saint Denis, chargé de la politique de la ville et de la sécurité, Nicolas Sarkozy « vient de signer le constat d'échec de sa politique en matière de sécurité depuis 2002 », en se déplaçant en banlieue sur le thème des bandes. Voici des violents qui n'ont pas entendu les menaces présidentielles.
Les incidents récents à Gagny et aux Mureaux « viennent rappeler que l'insécurité n'a pas reculé dans les quartiers populaires », estime M. Troussel, qui y voit le résultat d'une pénurie de moyens. Il réclame « un plan de rattrapage pour la police en Seine-Saint-Denis » alors que c'est un problème fondamental de société. Pour Nicolas Sarkozy, il faut absolument revenir à ses fondamentaux. il mise sur une police mieux implantée dans les quartiers sensibles. Il annonce la création de 100 unités supplémentaires de police des quartiers, les Uteq, dès 2010 et non en 2012, comme prévu, et de 23 compagnies de sécurisation, spécialement formées pour intervenir dans les cités. « Ces forces sont aux antipodes de feu la police de proximité », a insisté le président. « Il s'agit de connaître le terrain, et non de jouer au foot avec des délinquants ». Cet exercice devient chaque jour plus complexe dans les cités, où les policiers sont souvent pris pour cible. Quelque 25 000 violences à dépositaires de l'autorité sont constatées chaque année et elles ont encore augmenté de 3,5 % ces douze derniers mois. Et personne n'imagine comment cela peut s'arrêter ! Comment imaginer que l'on puisse admettre que demain on trouve mieux que la karchérisation promise en une époque où le feu couvait déjà sous la cendre !

INDENTIFIEES MAIS INCONTROLABLES

Sur ce phénomène angoissant, François Bayrou a tout simplement reproché hier à Nicolas Sarkozy d'avoir « détruit » la police de proximité, dénonçant « une lourde contradiction » entre les faits et les annonces du chef de l'Etat pour lutter contre les bandes. « Il y a une manière de lutter contre les bandes, c'est la police de proximité, et c'est lui qui l'a détruite », a déclaré le Président du Modem. « L'enracinement de policiers qui connaissent le quartier, qui connaissent les jeunes, qui sont capables d'entendre un bruit, de repérer ce qui ne va pas, c'est lui qui l'a supprimé, donc il me semble qu'il y a une lourde contradiction entre les faits et les déclarations », a-t-il ajouté. La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a indiqué qu'il y avait aujourd'hui 222 bandes organisées en France, constituées de 2.500 membres permanents et 2.500 membres occasionnels. Extraordinaire précision, à mettre en exergue, quand on sait que la police, si bien informée, n'a pas les moyens de les détruire ! Parmi eux, « Vous avez 47% de mineurs, donc 53% de majeurs et la grande majorité d'entre eux sont des gens désocialisés", a souligné Michèle Alliot-Marie. Cette désocialisation se marque par des attaques contre tout ce qui représente l'autorité, l'Etat et notamment les policiers .
En fait, elle découvre le monde, mais sans Karchériser outre mesure ! C'est impressionnant comme méthode : on créée un angoisse forte dans l'opinion, on dresse des bilans désastreux et on laisse au Président le soin d'annoncer des mesures formelles, sans intérêt car ne réglant surtout pas le fond du problème ! La violence des actes commis depuis plusieurs semaines dans les établissements scolaires dénote la montée d'une crise, qui va tôt ou tard déboucher sur des faits beaucoup plus graves ! On sortira alors les Karchers, et on expédiera la Légion étrangère pour régler leur compte à ces loufiats incontrôlables car incontrôlés maintenant depuis 7 ans !
Mais je déblogue...
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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 23:08
Dans le fond, tous les laïques convaincus devraient envoyer un message de remerciement au Pape. Ce que fait Benoît XVI, depuis son avènement sur le trône de Saint Pierre,  constitue du pain béni pour celles et ceux qui ne croient pas au rôle social potentiel des religions. De jour en jour, de déclaration en déclaration, de voyage en voyage, de décision en décision, il offre une caricature intégriste de ce catholicisme qu'il est censé défendre et développer. C'est à se demander s'il ne le fait pas exprès, en partant du principe  : « pour devenir célèbre, arrangez-vous pour que l'on parle de vous. En bien ou en mal. Mais faites que l'on parle de vous ! ». Alors, il y va de bon cœur, se régalant des scandales que provoquent ses déclarations extrémistes. Il a réussi à faire l'unanimité : contre lui ! Même le Président de la république française ou George Bush n'ont pas réussi pareil exploit !
Qu'est-ce qu'il prend, le Pape ! Tout le monde lui tape dessus à bras raccourcis. Tout le monde le dézingue chaque jour un peu plus. Personne pour le défendre. Il faut d'urgence saluer cette abnégation très catholique, et qui vire au syndrome du martyr. Car, bien entendu, Benoît XVI ne dit pas ce qu'il dit, ni ne fait ce qu'il fait par inadvertance ou distraction. Il n'ignore pas que les décisions qu'il vient de prendre, mettant fin à l'excommunication d'un évêque intégriste, mais aussi révisionniste, ou les propos qu'il vient de tenir sur le fléau qu'est le sida en Afrique,  qu'aggraverait fâcheusement l'usage du préservatif, sont parmi les plus provocateurs, choquants, transgressifs, inacceptables et incompréhensibles qui se puissent imaginer. Il assume, et mieux, personne ne doute qu'il le fasse avec l'intention d'aller marcher sur les plates-bandes des autres extrémismes. Excommunication : un mot que l'on croyait banni du vocabulaire, tellement il rappelle l'obscurantisme forcené. Le terme Excommunication apparaît en effet au Moyen-Âge, lors d'une phase des plus tristes de l'histoire chrétienne: l'Inquisition ! C'est en fait, à l'initiative du pape, qu'est créé le tribunal de l'Inquisition, chargé de juger les personnes accusées de ne pas respecter, et de déformer, la « vraie » Foi.

UNE VIEILLE PRATIQUE
Les accusés refusant d'abandonner leur idées, jugées fausses, sont rejetés de l'Eglise et de ses Sacrements, c'est... l'Excommunication. En quelque temps, le tribunal use très vite de méthodes brutales, excommuniant ceux qui montraient un peu trop leurs points de vues , mais allant même jusqu'à condamner à mort ceux qui étaient accusés de sorcellerie. On retient qu'en Espagne, l'Inquisition fut très longue mais aussi très cruelle. L'Excommunication est donc née d'un événement assez sombre de l'Eglise. La voir réapparaître après un viol, ou pour, à contrario, la lever afin de réhabiliter des évêques, ne relève pas d'un caprice, mais d'une attitude minutieusement calculée. On est donc bien obligé d'examiner une hypothèse un peu irréaliste, inouïe, qui suppose le sacrifice personnel se sa sainteté !
Le Pape se sacrifierait, faisant douter de sa raison, de son bon sens, de sa charité chrétienne, discréditant même la fonction papale, et son autorité morale. Il accepterait une critique planétaire pour un but suprême, supérieur à tout, susciter un universel œcuménisme ! Quel talent que celui de se faire condamner par la terre entière et, donc, de faire « communier » tout le monde, pour une fois, une seule fois, dans une même clameur  ! Cet exploit, il le réussit même dans le pays où réunir dans une même démarche droite et gauche est autrement impensable que de réconcilier chrétiens, juifs et musulmans dans le monde : la France ! Quel régal que de voir s'unir dans une même incompréhension, sinon indignation, Daniel Cohn-Bendit et Alain Juppé, les médecins comme les évêques, le Quai d'Orsay comme les ONG. À peine Christine Boutin vient-elle troubler la fête en certifiant qu'il « n'est pas drôle de mettre le préservatif quand on fait l'amour », ce sur quoi le Pape ne s'est d'ailleurs pas prononcé... car on imagine qu'il n'a jamais eu à tester un préservatif. C'est la seule voix en France, et qu'elle voix, que celle de cette grenouille de bénitier, confondant solidarité et charité.
Dans l'avion qui le conduisait mardi au Cameroun pour sa première visite pontificale en Afrique, Benoît XVI avait déclaré que les préservatifs n'étaient pas la solution pour lutter contre la pandémie de SIDA qui ravage le continent, et qu'ils ne pouvaient, au contraire , qu'aggraver le problème. « Vous ne pouvez pas » combattre cette maladie « avec la distribution de préservatifs », avait-il déclaré à des journalistes dans l'avion. « Au contraire, cela aggrave le problème »...

IRRESPONSABLES ET PARTISANS
De tels propos du pape Benoît XVI sont gravissimes, et témoignent d'une méconnaissance totale des impératifs de santé publique. Des centaines de milliers d'hommes et de femmes risquent d'être contaminés à cause de ces propos irresponsables et consternants, qui ne peuvent être considérés comme un simple et nouveau dérapage de la part d'un pape, qui représente de plus en plus mal les catholiques attachés aux valeurs de tolérance et d'humanisme. Il n'empêche que tous ses propos ont été repris et amplifiés par ce système médiatique planétaire, et ont propulsé le pape à la une de l'actualité !
Le directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida, Michel Kazatchkine, a exprimé sa « profonde indignation » et a demandé au pape de « retirer ses propos, et clairement » car il les juge « inacceptables ».
« Ce pape commence à poser un vrai problème », a déclaré l'ancien Premier ministre, Alain Juppé, (UMP) tout en se déclarant catholique et « attaché aux valeurs chrétiennes ». Pour lui, ces propos - une « contre-vérité », donnent l'impression que le pape vit « dans une situation d'autisme total ».
Le président de l'association Elus locaux contre le sida, Jean-Luc Romero, « totalement scandalisé et sidéré » a évoqué « un message de mort adressé aux Africains. Faudrait-il rappeler au pape » que le seul vaccin disponible reste aujourd'hui le préservatif ? ». Il n'a pas encore digéré de tels propos. « C'est ignoble », estime Christophe Dechavanne, animateur historique du Sidaction, dont la 15e édition débute... demain. « Alors qu'une personne meurt toutes les 5 secondes du sida dans le monde, le pape tient ce discours sur le continent le plus touché, auprès de populations très sensibles à sa parole. Il risque de provoquer des centaines, voire des milliers de morts », affirme-t-il. Dechavanne juge les propos du pape « d'autant plus scandaleux que l'on assiste à un relâchement très fort du port de la capote chez les jeunes et les homosexuels. » L'animateur s'inquiète d'ailleurs du recul du port du préservatif en France. Il indique qu'il va « demander à rencontrer au plus vite le président de la République. Il faut qu'il nous aide à inonder le pays de préservatifs », dit-il.

LA RELIGION EST PARTOUT
De partout (sauf de l'Elysée) remonte un profond rejet de telles prises de positions. Il est vrai que sous les ors de la république, c'était hier le bal des faux-culs, et que le Pape ne risquait pas d'être critiqué par la vedette de la journée. Bernadette Chirac a en effet reçu la Légion d'honneur des mains de Nicolas Sarkozy, sous l'œil rieur de son espiègle de mari. On sait combien l'épouse de l'ex-président de la république s'avoue admirative à l'égard des bulles papales ! Il a remis cette décoration à « son amie très chère », Bernadette, en présence de Jacques et du tout-Paris de la politique, des affaires et des médias. Sur un ton plus personnel, le président a également remercié en Bernadette Chirac son « amie très chère, très courageuse (...) qui m'a apporté un soutien affectueux et très précieux » à l'heure où, ministre de l'Intérieur, il entretenait des relations tendues avec Jacques Chirac et ses amis. En fait, elle ne doit pas désapprouver de tels propos, quand on se souvient que Le Canard Enchaîné relatait, dans son édition du 11 janvier 2006, un bien curieux événement qui s'était produit le 18 décembre 2005, lors d'un déjeuner à l'Elysée. Jacques Chirac, Président de la République, Jean-Louis Debré, alors Président de l'Assemblée Nationale, Simone Veil, alors membre du Conseil Constitutionnel, comptaient parmi la cinquantaine d'invités à ce repas organisé par « Sainte Bernadette », en l'honneur de son amie Mme Pinault, fraîchement décorée des insignes de Chevalier de la Légion d'Honneur.
Figurait à la droite de la première dame de France Monseigneur Di Falco. Ce dernier, en ce repas dominical, avait sans doute confondu l'Elysée avec son diocèse de Gap. A la fin du déjeuner, à la demande de son hôtesse, il invita les convives à se lever pour écouter « une prière d'action de grâces ». Il remercia le « seigneur », ainsi que « tous ceux qui partagent sa foi », pour cet excellent repas : les contribuables apprécieront. Il eut « une petite pensée pour les gens qui souffrent » : les familles les plus pauvres apprécieront. La charité, ça ne mange pas de pain, surtout lorsque que le gouvernement abandonne toute politique de solidarité nationale. Il conclut sa prière en invoquant « le père, le fils et le Saint-Esprit ». Ce n'est pas avec l'occupante actuelle des lieux que pareille aventure se serait produite !
Rappelons que madame Carla Bruni-Sarkozy, divorcée et remariée avec un divorcé, chanoine de Latran, a accepté d'être ambassadrice du Fonds mondial de lutte contre... le sida ! Dès demain, elle va diffuser un communiqué condamnant les propos du pape ! Soyez-en certains.
Mais je déblogue...
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